KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD – K.G.

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L’imprévisibilité est la grande caractéristique de King Gizzard & The Lizard Wizard, qui nous sort toujours des choses radicalement différentes d’un disque à l’autre. Depuis 2010, année de sa création, des milliards d’hectolitres d’imaginaire sont passés sous les ponts de la créativité du groupe australien. King Gizzard & The Lizard Wizard nous a gratifiés de pas moins de seize albums en dix ans (plus un des deux premiers EP à neuf titres, ce qui fait quasiment dix-sept), un rendement ahurissant qui ramène Frank Zappa au niveau de Suicide pour ce qui est de la fréquence des sorties d’albums. Notamment, l’année 2017 a été particulièrement chargée en termes productifs puisque le Roi Gésier a émis dans l’atmosphère cinq albums (ʺFlying microtonal bananaʺ, ʺMurder of the universeʺ, ʺSketches of Brunswick Eastʺ, ʺPolygondwanalandʺ, ʺGumboot soupʺ), le dernier étant sorti le 31 décembre 2017, tout juste pour faire du chiffre. C’était un nouveau pari tenu par King Gizzard & The Lizard Wizard, habitué à certains défis, comme cet album ʺQuartersʺ (2015) qui se divisait en quatre morceaux de 10 minutes et 10 secondes chacun. Le défi est également présent dans les styles visités par le groupe qui est capable de tout : garage punk, psychédélisme cosmique, krautrock râpeux, folk gentil ou, comme c’est le cas sur ʺInfest the rat’s nestʺ (2019), du thrash metal ultra-brutal à la Metallica ou Slayer. Il faut quand même oser. Mais c’est ça, King Gizzard, un jour fleuri, le lendemain sépulcral. Avec eux, on ne sait jamais sur quel pied danser.

Il y a quand même une chose qui change peu chez ce groupe, c’est la composition de son équipe. Stu Mackenzie (chant, guitare et flûte) est toujours le lider maximo, entouré de Joey Walker (guitare et chant), Ambrose Kenny Smith (harmonica, chant et synthétiseurs), Lucas Skinner (basse), Cook Craig (guitare) et Michael Cavanagh (batterie). En dix ans, ce line-up pléthorique n’a pas bougé, ce qui est un autre des exploits dont est capable King Lizzard & The Lizard Wizard. Il y a quand même eu un évènement l’année dernière chez le groupe, c’est le départ du second batteur Eric Moore, qui assurait aussi le management. On peut quand même noter cette révolution dans la formation du groupe, car le système à deux batteurs était la grande attraction de King Gizzard, surtout en concert.

Le départ d’Eric Moore ne semble pas avoir plongé King Gizzard dans le désarroi puisque le groupe revient ici avec un nouvel album paru à la fin de l’année dernière. Cela faisait quand même près de seize mois que l’on n’avait pas eu une nouvelle trace vinylique studio de la part de Stu McKenzie et ses sbires, une durée d’inactivité exceptionnellement longue pour le groupe. Mais sans doute, le départ d’Eric Moore et un certain petit virus mondial ont dû retarder un peu les opérations d’enregistrement.

Quoiqu’il en soit, King Gizzard & The Lizard Wizard est là, et bien là, avec ce nouvel album ʺK.G.ʺ, qui fait bien sûr partie d’un nouveau concept surprise, puisqu’est déjà annoncé pour 2021 un certain ʺL.W.ʺ, suite logique complétant les initiales du groupe sur deux albums. J’aurais été Stu McKenzie, j’aurais fait un album par lettre, ce qui aurait donné l’occasion pour le groupe d’enregistrer deux disques de plus, on n’en est plus à ça près. Sur ʺK.G.ʺ, King Gizzard revient à son savoir-faire naturel, un rock psychédélique dansant aux tempos obsessionnels et répétitifs, aux sonorités d’une magnifique clarté, emporté sur des durées moyennes de quatre minute par morceau. Stu McKenzie a quasiment tout fait, de la composition exclusive de cinq des dix morceaux, plus trois autres co-écrites avec Ambrose Kenny Smith et Cook Craig (Joey Walker en composant deux autres) jusqu’à la production, ainsi que l’enregistrement et le mixage des morceaux qu’il a composés. Les autres titres sont enregistrés et mixés par Michael Cavanagh, Cook Craig et Joey Walker.

On se retrouve à nouveau sous le charme d’un disque qui fraie principalement dans la limpidité d’un psychédélisme assez classique. Les compositions délaissent un certain côté aventureux ou spectaculaire pour se concentrer sur de beaux développements électriques enveloppés par des voix harmoniques (ʺAutomationʺ), des motifs orientalisants tenus par une rythmique tendue (ʺMinimum brain sizeʺ, ʺStraws in the windʺ) ou dansante (ʺOntologyʺ, ʺIntrasportʺ). On se croirait souvent dans un bal tzigane logé au fond d’une soucoupe volante en partance pour Jupiter. Si le milieu d’album reste cantonné à cette atmosphère, King Gizzard termine son disque avec deux petits joyaux : un mélange folk psychédélique délicieux (ʺHoneyʺ) et une percée plus marquée vers un heavy rock dégoulinant de fuzz (ʺThe hungry wolf of fateʺ).

Même si le groupe a signé par le passé des œuvres plus spectaculaires, ʺK.G.ʺ est encore une réussite signée King Gizzard & The Lizard Wizard. Pour la suite, on n’aura pas à s’impatienter longtemps puisque ʺL.W.ʺ est prévu pour le 26 février 2021. Décidément, ces King Gizzard seront toujours un motif d’étonnement.

Le groupe :

Stu Mackenzie (chant, guitare et flûte)
Joey Walker (guitare et chant)
Ambrose Kenny Smith (harmonica, chant et synthétiseurs)
Lucas Skinner (basse)
Cook Craig (guitare)
Michael Cavanagh (batterie)

L’album :

ʺK.G.L.W.ʺ (1:36)
ʺAutomationʺ (3:29)
ʺMinimum Brain Sizeʺ (4:18)
ʺStraws in the Windʺ (5:41)
ʺSome of Usʺ (3:52)
ʺOntologyʺ (3:58)
ʺIntrasportʺ (4:12)
ʺOddlifeʺ (4:57)
ʺHoneyʺ (4:33)
ʺThe Hungry Wolf of Fateʺ (5:07)

https://kinggizzard.bandcamp.com/album/k-g
https://www.facebook.com/kinggizzardandthelizardwizard

Pays: AU
Flightless Records
Sortie: 2020/11/20

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