LORNA SHORE – Immortal

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Emergeant de la scène deathcore américaine, Lorna Shore pourrait bien être la grande sensation… pour les moins de 17 ans. Ce combo se veut violent, agressif, provocateur, mais ne fait qu’enfiler des perles qui constituent tous les clichés et les poncifs du genre metalcore passé en mode death metal. Les choses tournent autour du guitariste virtuose Adam DeMicco qui a mis au point son groupe en 2010 dans le New Jersey. Avant que le premier album ʺPsalmsʺ ne sorte en 2015, Jeff Moskovciak (guitare rythmique), Scott Cooper (batterie) et Aaron Brown (guitare lead) ont déjà été mis à la porte pour être remplacés par Austin Archey (batterie) et Connor Deffley (guitare rythmique).

Après trois EPs sortis entre 2010 et 2013, le groupe sort son premier album ʺPsalmsʺ en 2015 et parvient à séduire un public qui porte le disque à la 23e place du Heatseekers américain (une sous-branche du Billboard). A l’époque, c’est Tom Barber qui tient le micro et Gary Herrera est à la basse. Lorna Shore pratique déjà un deathcore assez déroutant parcouru de nombreux breaks rythmiques et un chant qui joue à la fois sur de lourds grognements et des hurlements aigus. Dans le genre, ʺPsalmsʺ n’est pas foncièrement original mais il se défend. Gary Herrera quitte le groupe en 2017, juste avant la sortie du deuxième album ʺFlesh coffinʺ et c’est Adam DeMicco qui assure désormais les parties de basse tout en conservant un rôle à la guitare, en partage avec Connor Deffley. L’album ʺFlesh coffinʺ introduit davantage d’ampleur dans les guitares, qui développent des sonorités plus symphoniques en arrière-plan d’un deathcore toujours agressif et tourmenté, le chant de Tom Barber restant versatile et finalement intéressant par les variations brutales qu’il exploite. Ce deuxième opus continue sa grimpée dans les charts du Heatseekers puisqu’il arrive à la troisième place.

C’est donc avec sur les épaules l’enjeu d’une percée vers la réussite que Lorna Shore arrive cette année avec son troisième album. Seulement, il y a eu du changement entretemps, avec le départ de Tom Barber, remplacé par un certain CJ McCreery (ex-Signs Of The Swarm). Connor Deffley est également parti, remplacé par Adrian O’Connor, qui tient aussi la guitare rythmique et la basse. ʺImmortalʺ se détache davantage de ses deux prédécesseurs et prend une direction plus ambitieuse, aux dires de ses créateurs. Personnellement, je pense plutôt que Lorna Shore a trop chargé la barque avec des aspects symphoniques très pompeux et des tours de force qui cherchent à en mettre plein la vue, au détriment d’une certaine émotion qui transparaissait encore dans les albums précédents. Ici, tout est exagéré et exploité à l’envi, que ce soit l’arrière-plan symphonique et ces chœurs impériaux qui deviennent vite envahissants, les prouesses de guitares qui s’avèrent finalement assez creuses, les breaks rythmiques utilisés systématiquement et surtout ce chant parfaitement insupportable du nouveau chanteur qui se livre à de vains borborygmes dépourvus de toute menace intrinsèque. Le bonhomme s’agite dans tous les sens, cherche à faire peur mais il n’impressionne nullement.

Evidemment, avec Internet, quand on analyse les réactions à cet album, on va trouver des tas de commentaires élogieux qui viennent tous du même genre de public. Désormais, les loups hurlent tous d’une seule voix, puisque ceux qui pensent autrement n’osent pas se manifester sur des forums où ils vont se faire massacrer. C’est bien pour cela que nous insistons sur le fait que Lorna Shore plaira évidemment aux petits jeunes de la génération Millenium et qu’il laissera parfaitement indifférents, voire consternés, la génération un peu plus ancienne. Les fractures sont ici générationnelles quoique de mon côté, avec mes 36 années de heavy metal derrière moi, j’ai quand même plus apprécié le parcours effectué sur les deux premiers albums de Lorna Shore, toutes proportions gardées. Mais ici, les boursouflures et la vulgarité d’un style exploité jusqu’à la corde ne suffisent plus à convaincre.

Un mois avant la sortie de l’album, le chanteur CJ McCreery a d’ailleurs été viré du groupe, le fait qu’ʺImmortalʺ ne s’étant pas classé dans les charts spécialisés américains y étant peut-être pour quelque chose. Quoiqu’il en soit, cet album plaira bien évidemment aux amateurs de deathcore nouvelle manière (qui est peut-être en train d’être contaminé par les singeries récurrents du metalcore) et sera détesté par ceux qui ne goûtent pas ce genre. Si seulement Mitch Lucker, défunt chanteur de Suicide Silence, pouvait ressusciter, il remettrait un peu d’ordre dans le genre qu’il a contribué à créer et qui est en train de partir à la dérive.

Le groupe :

CJ McCreery (chant)
Adam De Micco (guitare et basse)
Austin Archey (batterie)
Andrew O’Connor (guitare et basse)

L’album :

ʺImmortalʺ (6:53)
ʺDeath Portraitʺ (5:09)
ʺThis Is Hellʺ (5:22)
ʺHollow Sentenceʺ (3:51)
ʺWarpath of Diseaseʺ (4:02)
ʺMisery Systemʺ (3:54)
ʺObsessionʺ (3:42)
ʺKing of Deceptionʺ (3:54)
ʺDarkest Spawnʺ (4:34)
ʺRelentless Tormentʺ (4:24)

https://www.facebook.com/LornaShore/

Pays: Us
Century Media
Sortie: 2020/01/31

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