MYHR, Kim – Pressing clouds, passing crowds

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Lors de la chronique de son dernier album ʺYou/meʺ, sorti il y a à peine un an, nous observions le caractère très productif du guitariste norvégien Kim Myhr, qui venait de sortir son album ʺBloomʺ après avoir participé à de nombreux projets jazz expérimental au cours des années précédentes.

Cette observation était pertinente puisque nous retrouvons déjà Kim Myhr sur un nouvel album de son cru, et toujours dédié aux franges les plus aventureuses de la musique contemporaine. Et il va falloir s’accrocher un petit peu au pinceau pour entrer pleinement dans l’écoute de ce ʺPressing clouds, passing crowdsʺ qui révèle de nouveaux aspects de la Weltanschauung musicale de ce musicien pour le moins surprenant.

L’idée de ʺPressing clouds, passing crowdsʺ vient d’une commande pour le FIMAV, le Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville au Québec, une région qui possède avec la Norvège natale de Kim Myhr le point commun d’avoir un hiver interminable, et par conséquent de susciter quelques idées neurasthéniques en parfaite adéquation avec une musique qui ne l’est pas moins. Ici, Kim Myhr tient la guitare acoustique douze cordes et opère avec le Quatuor Bozzini (pour les violons entêtants) ainsi qu’avec le percussionniste Ingar Zach. Et n’oublions surtout pas la voix de la poétesse Caroline Bergvall qui va hanter tout le disque avec la récitation de ses propres textes.

Kim Myhr s’est souvenu de sa rencontre en 2015 avec cette écrivaine, ainsi que l’époque où il écoutait en boucle les œuvres Robert Ashley (1930-2014) et de Morton Feldman (1926-1987). Quand on connaît ces auteurs, véritables piliers de la musique indéterminée, du spoken word et autres expérimentations néo-modernistes, on comprend mieux le chemin dans lequel Kim Myhr nous emmène dans ce nouvel album. Son concept est de créer une atmosphère lente et méditative autour de la voix de Caroline Bergvall, dans le genre de l’album ʺPrivate partsʺ de Robert Ashley, paru en 1978.

Le résultat est une composition en six parties enchaînées les unes aux autres de façon à ne former qu’un long tout de 45 minutes. Caroline Bergvall parle lentement, soutenue par les textures régulières et obsédantes de la guitare de Kim Myhr, sur lesquelles se greffent des nappes de violoncelles qui vont être particulièrement efficaces dans le harcèlement sonore et la répétition perpétuelle. Le premier titre ʺPassing throughʺ et ses 12 minutes met tout de suite dans l’ambiance et on sait qu’on va déjà pouvoir réserver une chambre pour le lendemain chez l’hôpital psychiatrique le plus proche.

Car cet album rend fou, mais c’est pour la bonne cause. Et de la folie à ce prix-là, qui ferait passer le Velvet Underground pour un groupe de reprises des Rubettes, vaut la peine de s’y laisser chuter.

Pays: NO
Hubro Records
Sortie: 2019/02/01

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