QUIET RIOT – One night in Milan

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Si on mentionne de nos jours le nom de Quiet Riot et que l’on dit que le groupe vient de sortir un album live, j’entends déjà des centaines de voix demander “Tiens, ils existent encore?” Eh oui, Mesdames et Messieurs, Quiet Riot existe encore et il n’a jamais cessé d’exister, même si une grande partie de la population hardeuse et métalleuse a toujours cru qu’il ne s’était plus rien passé chez Quiet Riot après les glorieux albums ʺMetal healthʺ (1983) et ʺCondition criticalʺ (1984). Et quand on considère ce qui s’est passé après ces albums, il aurait effectivement mieux valu que Quiet Riot ait cessé d’exister en 1985.

Car la survie de ce groupe par-delà les décennies tient en quelque sorte du miracle. Déjà, à la naissance, Quiet Riot semblait déjà condamné. Formé dès 1975 à Los Angeles, Quiet Riot commet dans l’indifférence la plus complète deux premiers albums glam rock en 1977 et 1978 et gaspille, en laissant partir, sa carte la plus précieuse : le guitariste génial Randy Rhoads, qui se couvrira de gloire chez Ozzy Osbourne (jusqu’à son décès en 1982 dans un stupide accident d’avion). Il faut attendre cinq ans de plus pour que le groupe fondé par Kevin DuBrow (chant), désormais accompagné de Frankie Banali (batterie), Carlos Cavazo (guitare) et Rudy Sarzo (basse) connaisse un succès retentissant avec son album ʺMetal Healthʺ, qui va se vendre par trains de marchandises entiers dans le monde en 1983. Souvenir personnel : à l’époque de mes 17 ans, quand je n’avais pas de pognon pour m’acheter des disques, je constituais ma culture métallique en enregistrant sur cassette tous les morceaux de hard rock et heavy metal que je pouvais capter sur les glorieuses radios libres de l’époque, et c’est la reprise du ʺCum on feel the noizeʺ de Slade, parue sur cet album, qui fut ma première capture. Autant dire qu’en ce qui me concerne, Quiet Riot revêt une importance capitale mais il a fallu rapidement déchanter. Après l’encore bon ʺCondition criticalʺ de 1984 (simple platine contre les 6 fois platine de son prédécesseur), l’étoile de Quiet Riot se ternit peu à peu, le groupe évacue en ordre les charts américains avec ses albums ʺQR IIIʺ (1986, 31e place) et ʺQRʺ (1988, 119e place) et à partir des années 1990, plus aucun disque de Quiet Riot ne s’aventurera dans les hit-parades.

Durant toutes ces années, Kevin DuBrow est resté le seul membre permanent aux commandes mais depuis son décès en 2007, Quiet Riot a intégré l’étrange club des groupes n’ayant plus aucun membre original dans leur line-up. Il y a encore le batteur Frankie Banali qui sert de relais historique, bien qu’arrivé dans le groupe en 1982 et l’ayant quitté à plusieurs reprises. Mais il était, au moment de la sortie de l’album ʺRehabʺ (2006), le seul membre présent lors de l’âge d’or des années 80. Il y avait aussi en 2006 Chuck Wright (basse) et Alex Grossi (guitare). Aujourd’hui, ce sont ces trois membres survivants qui ont continué l’existence de Quiet Riot, en recrutant le jeune chanteur James Durbin, qui vient de fêter ses trente ans et qui n’était donc pas né au moment de la sortie de ʺMetal healthʺ.

Les réalisations concrètes de ce nouveau line-up consistent pour le moment en un nouvel album ʺRoad rageʺ, sorti en 2017 sur le label italien Frontiers. Et lorsqu’on cite le nom de cette solide maison, on pense immanquablement au désormais proverbial album live à Milan, où le label fait passer quasiment tous les survivants de l’époque hair metal US qu’il récupère dans ses radeaux de sauvetage. Souvenons-nous à ce sujet du ʺMade in Milanʺ des L.A. guns et du ʺLive from Milanʺ de Mr Big.

Retournons donc à Milan pour évaluer ce qu’est devenu Quiet Riot en 2019. Comme il fallait s’y attendre, le groupe vit sur ses lauriers en mettant en lice une set list comprenant dix titres de ʺMetal healthʺ et ʺCondition criticalʺ réunis, soit les deux tiers du show. Et entendre sur ces morceaux le chant d’un type qui n’était même pas né au moment de leur parution, ça fait quand même tout drôle. D’autant que James Durbin, tout charmant et enthousiaste qu’il est, a du mal à rentrer dans les grandes bottes du défunt Kevin DuBrow, qui envoyait quand même du chant bien plus puissant. Les défauts de la cuirasse de Durbin apparaissent particulièrement sur ʺLove’s a bitchʺ, que tous les anciens hardos des Eighties ne peuvent concevoir qu’avec la voix de Kevin DuBrow. Pour le reste, trois petits morceaux des désormais oubliés ʺQR IIIʺ, ʺTerrifiedʺ (1993) et ʺDown to the boneʺ (1995) tentent de démontrer que Quiet Riot n’était pas le groupe d’uniquement un seul album, tandis que ʺFreak flagʺ et ʺCan’t get enoughʺ sont les deux nouveautés extraites du nouvel album ʺRoad rageʺ, disque sympathique à condition d’oublier qu’il y a le nom de Quiet Riot derrière, sinon on serait en droit d’attendre mieux.

On retrouve néanmoins avec plaisir les grands moments de ʺMetal healthʺ, les ʺSlick black Cadillacʺ, ʺLove’s a bitchʺ, ʺLet’s get crazyʺ et bien sûr en rappel les incontournables ʺCum on feel the noizeʺ et ʺ(Bang your head) Metal healthʺ qui ravivent les souvenirs de jeunesse. Notons que la bande son du concert est doublée d’un DVD mais comme on ne le reçoit jamais, on ne peut pas en parler. Il y a peut-être une chance qu’on entende mieux le public sur le DVD que sur le CD, vu les sonorités assez confuses et étouffées de la foule qui émanent de la fosse.

Pays: US
Frontiers Music
Sortie: 2019/01/25

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