RACINE DE 4 – Sugar bonbon

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√4 ou Racine de 4 (c’est comme cela qu’il faut prononcer) est le résultat de la rencontre de deux musiciens qui se sont longtemps cherchés. Il faut aller jusqu’en Côte d’Ivoire et passer par la Haute-Savoie pour découvrir les origines de ce duo composé de Edouard Guêt (chant et guitare rythmique) et Bruno Arts (guitare).

Edouard Guêt est l’Ivoirien, Bruno Arts le Savoyard. Le premier naît et vit à Abidjan jusqu’à ce que le démon de la musique le pousse à partir tenter sa chance aux États-Unis, où il vit de 1988 à 1999. Il transite alors par la France où il tente de nouer des contacts musicaux afin de faire un disque. Mais toujours rien, ce qui le pousse à revenir quelques années en Côte d’Ivoire. Il faut cependant toujours persévérer et en 2010, le second séjour de Edouard Guêt en France est payant, avec la rencontre de Bruno Arts. Une jam entre les deux hommes dans la cuisine de Bruno Arts scelle le destin de √4, qui est créé fin 2010.

Bruno Arts est le petit-fils d’un ancien champion de ski, mais ses racines savoyardes ne le portent pas spécialement sur les sports d’hiver. Son truc, ce sont les arts, et notamment la guitare qu’il a apprise avec son prof d’anglais qui était fan de Bob Dylan et Cat Stevens. Ayant lui aussi longtemps cherché des partenaires musicaux pour des projets sérieux, Bruno Arts accueille son association avec Edouard Guêt avec soulagement et motivation.

Alors, quand un fan de folk rencontre un Africain, qu’est-ce que ça donne? Du folk africain, du zouk électrifié, le croisement de deux cultures qui trouve sa concrétisation sur ce premier album “Sugar bonbon”. Edouard Guêt et Bruno Arts ont beau évoluer en duo, d’où leur nom de Racine de 4, ils opèrent sur scène et en studio avec l’aide d’un batteur (Lionel Boyron) et d’un bassiste (Eric Baillès), ce qui explique encore davantage le nom du groupe. Et enfin, le signe mathématique de la racine carrée souligne justement l’importance des racines dans la musique du groupe.

L’album “Sugar bonbon” associe donc deux cultures, mais laisse souvent la part belle à l’aspect africain des choses. “Ossobala”, “Wari kô”, “Dongo”, “Yako”, “Okafô” sont des titres qui fleurent bon la chaleur et la bonne humeur de l’Afrique. Bien sûr, il vaut mieux être un habitué de la musique de Touré Kunda ou Fela Kuti pour apprécier ce style, qui a tendance à occuper le terrain en faisant de l’ombre à l’aspect “occidental” des choses. Le rock sort un peu de sa réserve sur “Juste un baiser” et offre de belles parties de guitare. Côté paroles, on reste dans le basique. Quand le chant n’est pas en langage africain (Sénoufo ? Baoulé ? Bété ? Yacouba ? Agni ? Impossible à savoir, il y a 60 dialectes parlés en Côte d’Ivoire), le français exprime des textes pleins de bons sentiments, mais un peu simplistes (“L’amour ça te rend heureux, l’amour, ça te rend malheureux” : content de l’apprendre, je n’étais pas au courant…).

Bon, on charrie un peu, mais l’ensemble est quand même agréable et frais. Le reggae de “Yako” est plus engagé, avec son soutien à tous les gens qui souffrent sur terre. “Dromina” est une chanson dénonçant les méfaits de l’alcoolisme et “Les gens d’autrefois” évoque le bon vieux temps où les sentiments étaient vrais et où la vie était moins futile. Pas vraiment rock, mais à la frange du genre, “Sugar bonbon” est un joli voyage dans l’univers musical sub-saharien et la philosophie africaine. De quoi lever un peu le pied et relativiser au milieu de notre monde stressé et dévoré par la technique.

Pays: FR
Grace Music
Sortie: 2012

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