HELIUM HORSE FLY – Helium Horse Fly

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Voici le premier album d’un jeune groupe liégeois qui, j’espère, attirera plus qu’une attention polie ou des félicitations hypocrites mais dénuées de sincérité. Helium Horse Fly réalise peut-être ici son premier album, mais alors pardon, quelle maturité ! Quelle gravité, quelle profondeur !

Autant le dire tout de suite, le quatuor ne rigole pas. Le postcore (pour résumer grossièrement) d’Helium Horse Fly puise ses forces dans un hardcore progressif baroque (comme le site du groupe le dit lui-même), un noise rock écorché vif et un post punk dont les premiers germes seraient la musique de Siouxie & The Banshees, Joy Division ou même une version un peu plus digne des loufoqueries opératiques de Nina Hagen.

Depuis 2009, Marie Billy (chant et claviers), Stéphane Dupont (guitare et claviers), Dimitri Ianniello (basse ) et Bastien Dupont (batterie) explorent les arcanes hantés d’un style sans concession, concassant la joie de vivre en cubes morbides, lardant l’espoir de coups de couteau maniaques et déchirant les rideaux de la gentillesse pour ne laisser apparaître qu’un mur gris et froid. Le groupe a écumé sans relâche les petits clubs et bars de la Cité Ardente, puis a étendu sa zone d’action vers Bruxelles et même la France où ses apparitions lilloises, parisiennes et bisontines sont désormais régulières.

Helium Horse Fly n’avait jamais eu l’occasion de graver sa fascinante musique sur disque mais maintenant, c’est chose faite et le monde ne va jamais plus être comme avant. Tout au long des huit plages de l’album éponyme, Marie et ses garçons lâchent de sombres nuages sonores qui viennent entraver l’âme dans une cage oppressante. Rythmiques lentes, hachées, morceaux longs (le dépassement des huit minutes n’est pas rare), chant suprême au timbre à la fois cristallin et chaud, voici quelques-uns des éléments qui font de ce “Helium Horse fly” un moment d’extase neurasthénique, de chute voluptueuse dans un abysse de tristesse rageuse dont la beauté scintille au fond des ténèbres.

Des grands moments ? Il y en a plein. Les débuts colériques de “Surgery plains”, la lente montée vers le paroxysme désespéré de “Firelink Shrine”, les sinuosités techniques de “Lamento of a dinosaur”, la froideur steppique de “Adrift”, les rafales rythmiques rapides et brèves de “…” (c’est le nom) ou la lenteur douloureuse et rêveuse de “Breaches”.

Les timides angoissés, les névrosés sublimes, les tourmentés chroniques, les professionnels de la tristesse, les pessimistes militants et les assujettis à la TVA trouveront dans cet impeccable album des raisons de se laisser aller à leurs penchants naturels. Quant aux joyeux, aux rigolards, aux souriants, ils se prendront tout ça dans la face en se demandant ce qu’il leur arrive. Cette bonne blague ! Vous pensiez peut-être que le monde tournait rond ? Ne ratez pas en tous cas le concert de lancement de l’album le 25 octobre prochain à l’An Vert de Liège, ou bien rattrapez-vous le 29 novembre au Centre Polyculturel Résistances de cette même ville.

Pays: BE
Dipole Experiment Records
Sortie: 2013/10/25

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