NAPALM DEATH – Apex predator – Easy meat

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Je ne sais pas comment font les membres de Napalm Death pour être toujours aussi hargneux et dévastateurs après plus de trente ans d’existence au service du métal extrême. Le taux de rage qui circule dans les veines de Barney Greenway (chant), Mitch Harris (guitare), Shane Embury (basse) et Danny Herrera (batterie) est anormalement élevé pour des quadragénaires. Mais on ne va surtout pas le leur reprocher, bien au contraire. C’est en effet plutôt rassurant de voir que les vétérans du grindcore, inventeurs du genre, manifestent toujours une puissance de feu que bien des groupes de petits fluets sortis des jupes de leur mère feraient bien de prendre en exemple.

Et ce n’est pas le dernier album “Apex predator – Easy meat” qui va contredire ce qui vient d’être écrit au paragraphe précédent. Cet album vient confirmer la forme et l’inspiration insolente de Napalm Death, qui surfe depuis plusieurs années sur une vague d’excellents albums, pour ceux qui apprécient le métal ultra-brutal qui broie les tympans, bien entendu. On ne va pas passer en revue ici la prolifique discographie du groupe de Birmingham, mais les derniers “The Code is red… Long live the Code” (2005), “Smear campaign” (2006), “Time waits for no slave” (2009) et le formidable Utilitarian (2012) ont eu toutes les occasions de démontrer que Napalm Death était toujours en pleine possession de ses moyens musicaux.

Ça continue avec le dernier missile thermonucléaire des Britanniques, un album de quatorze titres expédiés en une quarantaine de minutes. “Apex predator – Easy meat” n’est cependant pas simpliste pour autant, loin de là. Les titres courts ont suffisamment de densité pour intégrer une impressionnante variété de rythmes, régulièrement hachés par de brusques changements où se succèdent accélérations féroces et ralentissements pesants et étouffants. Ceux qui n’ont jamais introduit leur tête dans un turboréacteur à plein régime vont pouvoir découvrir des sensations équivalentes avec l’hallucinante succession de morceaux ultra-puissants qui composent cet album.

D’entrée de jeu, le chant de cerbère agité de Barney Greenway s’impose sur l’inquiétant “Apex predator – Easy meat”, morceau qui lance le disque sur un mode morbide et chamanique. Les beuglements de colosse surexcité vont accompagner le disque jusqu’au bout, appuyés par des guitares supersoniques et blindées jusqu’aux clés, soutenus par une rythmique qui colle de près à toutes les variations de tempos. Aucun temps mort ici, tout est balancé en pleine face à la cadence d’un cheval au galop. Les riffs monstrueux transcendent des titres comme “How the years condemn”, “Stubborn staints”, “Timeless flogging”, “Stunt your growth” ou “Hierarchies”, impeccables assauts sonores.

Ça défouraille de partout, en mode violence acérée jusqu’au phénoménal “Adversarial / Copulating snakes”, qui achève l’album sur un rythme ralenti évoquant un défilé de trolls dans le gouffre de Helm, rejoignant les ambiances étranges qui introduisaient le disque, comme une boucle bouclée à l’issue d’une effroyable expédition guerrière entre les oreilles. Après cela, il ne reste plus qu’à ramasser les débris de votre chaîne hi-fi, appeler l’asile d’aliénés pour la voisine qui a craqué et… remettre le disque encore une fois à fond parce que c’est décidemment trop bon.

Pays: GB
Century Media
Sortie: 2015/01/26

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