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ULTRA VOMIT – Panzer Surprise !

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Quand un album s’ouvre sur une reprise Metal de la musique de générique des “Loony Tunes”, on est prévenu : c’est pour du rire (comme on dit dans la cour de récré et dans le “mosh pit”). Voici donc “Panzer Surprise !”, le troisième album d’Ultra Vomit, groupe de Metal parodique français.

La deuxième plage installe le décor : une parodie de Rammstein chante les louanges d’un gros camion qui fait vroum vroum. La suite est à l’avenant, avec des pastiches de Tagada Jones, Gojira, AC/DC, etc. La 22ème et dernière plage, “Evier métal”, se gausse d’Iron Maiden. Personne n’a été oublié.

Il faut reconnaitre des vertus à cet album. En premier lieu, les compositions sont très convaincantes, montrant la culture métallique du groupe. Les tics de chaque victime sont mimés, les ambiances reconstituées, chapeau ! La réussite dépasse le Metal puisqu’on trouve dans l’album des références à Marc Lavoine, Calogero, Eddy Mitchell ou encore Patrick Sébastien. On l’oublie souvent : une parodie de qualité demande une grande culture, bien plus que l’inscription dans un mouvement bien défini.
En deuxième lieu, il faut saluer la prestation musicale. Rien n’est plus pathétique qu’un moqueur qui se dégonfle comme une baudruche et rit de gens qu’il est à mille lieues de pouvoir imiter de manière convaincante. Ici, tout le monde est à la hauteur, du chanteur au batteur en passant par les cordes. De la belle ouvrage. C’est d’autant plus un tour de force que le spectre musical couvert est large.

Enfin, saluons ce groupe qui a évité un des plus dangereux pièges de la satire : l’approximation. “Mais non, je n’imitais pas Giscard, c’était Louis Michel !”… l’imitation ratée tue une réputation en fin de banquet de mariage, imaginez l’effet d’un album largement distribué ! L’exercice aurait été pathétique si l’on n’avait pu clairement distinguer Maiden d’ACDC et Gojira de Cannibal Corpse. Mission accomplie !

Faut-il pour autant crier au génie ? Chacun fait ce qu’il veut, mais je ne le ferai pas. En effet, l’album a les défauts de ses qualités.
Tout d’abord, il faut s’appuyer 22 plages parodiques. Dans un set métal, inclure un ou deux morceaux de ce tonneau peut faire son petit effet… mais s’enfiler l’ensemble de l’album est quelque peu indigeste. Faut-il en faire le reproche au groupe ? Certes non, c’est inhérent à l’idée d’un album parodique. J’avoue cependant avoir été un peu léger au niveau méthodologique en écoutant l’album sans avoir préalablement vidé une dizaine de Cara Pils.
Par ailleurs, pour être totalement enthousiaste, il faut un gout prononcé pour l’humour potache. Calembours vaseux, caca, pipi (“Le pipi, c’est du caca en liquide et en jaune avec une odeur différente “), tout y passe. Personnellement, cela me fait rire un moment. La faute au manque de… ?
Dans un autre registre, il faut noter l’étrangeté de ces imitations en français de groupes anglophones. C’est bien entendu une simple convention et ça n’est pas plus dérangeant que cela – on en profiterait moins bien en anglais, bien entendu – mais c’est parfois désarçonnant.

Enfin, et c’est à nouveau un défaut inhérent au genre, l’amusement ou l’intérêt pour cet objet sonore sera proportionnel à taux de second degré que comprend votre rapport au métal. Si vous êtes prêt à vous priver de nourriture trois jours pour un meet and greet, si vous cognez votre voisin pour lui arracher le plectre lancé par le guitariste d’un groupe de cover, un soir dans un bar minable, si vous enregistrez sur une cassette CrO2 (en Dolby B) chaque nouveau vinyle que vous achetez, pour ne plus jamais sortir la plaque de sa pochette, cet album n’est pas pour vous. Et vous devriez sans doute consulter. Si, par contre, il vous est arrivé d’éclater de rire en voyant un groupe (que vous aimez) se déchainer, si vous pouvez rire avec les gens qui vous soutiennent que “le métal, c’est de la merde, tout le monde sait hurler dans un micro”, si vous parlez de “votre déguisement” à propos de la tenue gothique que vous enfilez pour vous rendre aux concerts, alors vous pourrez trouver ça drôle. En même temps, vous n’avez pas attendu Ultra Vomit pour en rire.

Vous aurez compris que je ne suis pas tombé amoureux de l’album. C’est drôle et bien fait, mais c’est d’un intérêt tout relatif.

Le groupe :

  • Le roi Fetus : Chant, guitares, imitations
  • L’elfe Manard : Batterie, voix de merde, geek
  • Le nain Flockos : Guitare lead, beauté
  • Le farfadet Bausson : Sons laids

Pays: FR
Verycords
Sortie: 2017/04/28

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