BARREN EARTH – A complex of cages

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Déjà porté par une réputation flatteuse acquise avec l’excellent On lonely towers paru en 2015, le groupe doom folk mélodique progressif finlandais Barren Earth continue sur sa lancée avec un successeur qui s’avère tout aussi captivant que son prédécesseur. Il faut dire, comme le disait notre éminent collègue Michel Serry dans sa chronique de “On lonely towers”, que Barren Earth a trouvé son cheval de bataille avec l’inclusion dans la formation du chanteur Jón Aldará, un phénomène qui trottine à l’aise sur cinq octaves et qui nous sert avec la même facilité des grognements caverneux ou des arias de ténor.

Entre les deux albums, une autre modification du line-up est intervenue avec le remplacement du claviériste Kasper Mårtenson par Antti Mylynen. Pour le reste, ce sont toujours Olli-Pekka Laine (bassiste, ex-Amorphis et également pensionnaire chez Mannhei), Marko Tarvonen (batterie, aussi membre de Moonsorrow et d’October Falls), Janne Perttilä (guitare) et Sami Yli-Sirniö (guitare, parallèlement dans Kreator et Waltari) qui officient et qui trouvent de nouvelles idées pour construire le son et l’imaginaire de Barren Earth, très certainement appelé à devenir grand.

Car si “On lonely towers” avait impressionné et avait attiré le respect, “A complex of cages” maintient un niveau de qualité et d’imagination qui continue de subjuguer. Mélanger les genres est un exercice désormais commun. On fait du black metal progressif ou du funk metal à tour de bras depuis bien des années. Mais la combinaison entre death mélodique, doom et ce petit surplus hérité du rock progressif et d’une certaine tradition folk scandinave trouve chez Barren Earth une concrétisation quasi transcendantale. On imagine très bien d’autres groupes tenter ce genre de combinaison et se planter allègrement. Ça s’appelle le talent, une valeur qui reste quand même encore inévitable, même si notre monde nouveau a tendance à prôner l’égalité entre tous, laissant même accroire que n’importe qui peut être un génie s’il est égal à son voisin. Mais ce n’est pas comme ça que ça marche et la nature s’octroie encore et toujours le droit de distinguer un Hendrix de n’importe quel gratteux médiocre, même si tous les deux sont capables de tenir une guitare, ou un Flaubert de n’importe quel scribouillard miteux, même si tous les deux ont appris à écrire.

Barren Earth se détache donc du lot avec son style personnel et riche, déclinant des paysages musicaux variés et épatants sur de longs morceaux (“The living fortress”, “Zeal”, “Solitude pith”, “Dysphoria”, “Spire”). Les chansons convoquent de lourdes charges émotionnelles, croisées entre un progressif à la King Crimson, des entrelacements métalliques et folk qui rappellent un peu Orphaned Land, les caprices fabuleux d’un chant qui oscille entre brutalité pure et mélodie baroque et des structures instrumentales impeccables, que ce soit au niveau des guitares ou du soutien rythmique. C’est une question de goût personnel mais là où un Sonata Arctica ne fait que m’irriter, je vois en Barren Earth une source de grâce et de délice musicaux. C’est peut-être ça, être surdoué.

Pays: FI
Century Media
Sortie: 2018/03/30

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