COILGUNS – Millennials

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Voilà des Suisses qui, au lieu de devenir banquiers ou marchands de chocolat, ont préféré se lancer dans une vie souterraine au service d’un rock lourd, torturé et cérébral, qu’on appellera pour simplifier du noise hardcore. Voilà un choix tout à fait respectable, d’autant plus respectable que Coilguns nous propose ici une petite pépite du genre. Le casier des membres de Coilguns n’est pas vierge. On trouve derrière ce groupe Louis Jucker, que nous avions déjà découvert à l’occasion d’un EP solo sorti en 2015 et appelé The black lake. Ce garçon est assez actif puisqu’il est aussi à l’origine de Kunz, duo noise rock et mathcore monté avec le batteur Luc Hess, également présent dans Coilguns. Kunz a commis jusqu’à présent deux albums en 2013 et 2015.

Mais Louis Jucker a également passé quelques temps au sein de The Ocean, une formation allemande assez bien établie puisqu’elle affiche une huitaine d’albums commis depuis une quinzaine d’années d’existence. Il y tenait la basse et a quitté le groupe en 2013 pour se consacrer à Kunz et Coilguns, dont le troisième album “Millenials” nous fait comprendre que ce projet a un potentiel certain.

Accompagné également de Jona Nido (guitare) et Donatien Thiévent (synthétiseurs et chœurs), Louis Jucker et Luc Hess ont forgé trente-huit minutes d’intensité dramatique, résumées en dix titres puissants aux durées variables (de une à six minutes). Nous sommes ici dans un noisecore irritable et chatouilleux, qui part en mode explosif à la moindre occasion. C’est bien simple, l’album est sous tension à chaque instant, au mieux dans une configuration nerveuse (“Anchorite”, “Self-employment scheme”), au plus fort dans des accès de rage suprême (“Music circus clown care”, l’inhumain “Ménière’s”, “Wind machines for company”) où la guitare balance des torpilles chargées au plutonium de synthèse.

Du point de vue du message, Coilguns jette à notre face des textes courts, colériques et désabusés, sur l’absurdité d’une société gangrénée par le fric ou flirtant avec une poésie surréaliste suffocant au milieu des poubelles (“The screening”). Afin d’établir une comparaison, on pense ici à Dillinger Espace Plan, 30000 Monkeys, Part Chimp, Unsane ou Converge. Bref, on n’est pas là pour rigoler ou composer des cantates mais pour se prendre la tête entre les mains, la secouer sauvagement en pensant à l’inéluctable déclin de la condition humaine. Si vous connaissez des gens dépressifs, faites-leur écouter cet album en leur fournissant en cadeau la lame de rasoir indispensable pour se tailler les veines, ça leur fera plaisir.

Pays: CH
Hummus Records
Sortie: 2018/03/23

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