SADISTIK FOREST – Morbid majesties

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Voici un petit groupe de death metal qui pourrait susciter l’intérêt des amateurs avec un troisième album qui marque un décollage de ce combo finlandais vers des sphères intéressantes. Depuis sa création en 2007, Sadistik Forest se complaisait dans un death de facture assez timide, laissant sur le plancher de nombreux titres de remplissage (“Sadistik Forest”, 2010; “Death, doom, radiation”, 2012). Et puis, à force d’exercice et de travail, Antti Heikkinen (guitare), Markus Makkonen (chant et basse), Vesa Mutka (batterie) et Matti Salo (guitare) ont pris de la bouteille, sont allés questionner jusqu’au bout leurs influences Bolt Thrower pour les assimiler et les personnaliser.

Tout ceci donne “Morbid majesties”, un troisième opus qui sort sur le label Transcending Obscurity. Et là, la question se pose : est-ce parce qu’un groupe est bon que Transcending Obscurity le signe ou est-ce parce qu’il a signé chez Transcending Obscurity que le groupe devient bon? En effet, il semble que ce label ait trouvé le bon filon en mettant la main actuellement sur quelques combos prometteurs qui s’étaient conduits de manière assez discrète jusqu’à présent, et Sadistik Forest en fait partie.

La pénétration dans ce nouvel album se fait en puissance avec un “Morbidly majestic” qui déboule à fond de train, façon charge de tartares enivrés à l’alcool de miel sur un village bourguignon. Le chanteur va chercher ses grognements au fin fond de l’œsophage pendant que ses camarades guitaristes, bassiste et batteur tente de franchir le mur du son à la seule force du poignet. On poursuit dans la charcuterie fine avec le toujours aussi véloce “Decades of torment then death”, où le chanteur ne fait pas que grogner, il hurle aussi. Et c’est après cette petite mise en jambes qu’on commence à voir poindre les choses intéressantes avec un ralentissement du rythme et un épaississement des guitares. La recette est efficace sur “The hour of dread” et plus encore sur l’infernal “Destructive art” qui vient se frotter au souvenir des éminents Bolt Thrower, plus une petite pointe d’Entombed, référence inévitable quand on évoque le death metal old school. Ici, le break qui ralentit soudainement la rythmique donne des frissons dans le dos. Sadistik Forest poursuit sa route vers un front de l’horizon duquel on voit flamboyer les incendies d’une guerre impitoyable. Les hordes se lancent à nouveau à l’assaut sur un énorme “Zero progress” avant d’être vitrifiées par l’épaisseur souveraine d’un “Monsters of death” qui doit pas mal à Sepultura. C’est alors qu’une nouvelle tempête de feu se lève et vient raboter les oreilles avec “The maelstrom opens”, rappel des premiers morceaux. Au moment où on se dit qu’il pourrait y avoir un risque de répétition et donc de monotonie, Sadistik Forest a la bonne idée de terminer son album avec un dernier “Bones of a giant” qui fait le pari de la longueur (neuf minutes) mais porte finalement la durée totale de l’album à moins de 35 minutes. Et ce dernier titre vaut quand même son pesant de masses d’armes, avec son introduction tétanisante, ses riffs d’hippopotames sous Prozac et ses changements d’atmosphères, toujours servis par des guitares acérées et une rythmique carnassière.

Avec cet album, Sadistik Forest semble avoir trouvé une saine vitesse de croisière. On n’est pas forcément dans l’innovation la plus totale mais l’entretien de l’esprit death metal authentique par ces bûcherons finlandais est de très bon aloi.

Pays: FI
Transcending Obscurity
Sortie: 2018/05/25

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