PSEUDOCODE – Next one’s called

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Pour appréhender cet album de Pseudocode, il faut faire un bond de quarante ans en arrière, à l’époque de la vague punk finissante en Belgique. En 1978-79, un petit groupe du nom de Thrills connaît une brève carrière au service du punk. Ce combo composé de Xavier Stenmans (chant, dit Xavier S), Stephan Barbery (guitare), Alain Lefebvre (batterie) et Luc de Meersman (basse) a à peine le temps d’enregistrer quelques titres inédits qu’il est déjà mort et enterré. On ne retrouvera sa trace que sur la mythologique cassette compilatrice “How to catch a passing comet?”, attribuée à Stephan Barbery en 1982.

Entretemps, Xavier S a fondé le combo Pseudocode avec Alain Neffe et Guy-Marc Hinant. Ce groupe se situe dans le post-punk, avec une botte lourdement engluée dans l’électro-indus, appelé à l’époque cold wave. On est en 1980 et la Belgique connaît, comme bien d’autres pays européens, une floraison post-punk électro dont les fleurons principaux sont TC Matic, Allez Allez, Bernthøler, Polyphonic Size, sans oublier les référentiels The Neon Judgement. Pseudocode occupe les couches basses du mouvement et se démarque par son approche résolument expérimentale de la question post-punk. Le groupe commet trois albums, ou plutôt deux cassettes (“Potlatch music, vol.1”, 1980; “Potlatch music, vol.2”, 1981) et un album (“Europa”, 1982) avant de disparaître.

Après l’expérience Pseudocode, la plupart des anciens du combo se lancent dans la création de labels. Ce sera Insane pour Alain Neffe et Sub Rosa pour Guy-Marc Hinant. Ces deux labels vont s’empresser de commercialiser des chansons inédites de Pseudocode au travers des albums “Remains to be heard”, volumes 1 et 2, parus chez Insane en 1984 et 1986, puis de “Slaughter in a tiny place”, publié chez Sub Rosa en 2010. Sub Rosa joue à nouveau les spéléologues du rock en extrayant des couloirs du temps ce “Next one’s called”, composé d’autres titres inédits enregistrés entre 1980 et 1981. On y trouve des morceaux bruts de décoffrage, donnant tantôt dans le planant stratosphérique (“A.D.”, “Lament”), tantôt dans le rugueux (un “Next one’s called” à rapprocher des Bérurier Noir ou de Warum Joe). “They told me” reste la pièce de résistance de l’ensemble, avec plus de onze minutes de collages électroniques capable de bien irriter son monde.

Sub Rosa édite ici un disque révélateur. On découvre en effet un des secrets les mieux gardés de la cold wave belge des années 80. Dissonant, décalé, névrotique, aventureux, Pseudocode avait en mains toutes les cartes pour être complètement incompris à l’époque. Il s’est merveilleusement bien acquitté de cette tâche mais ce n’est pas une raison pour continuer à ignorer ce groupe éminemment intéressant.

Pays: BE
Sub Rosa
Sortie: 2018/06/08

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