STRANA OFFICINA – The faith

0 Participations
Notre évaluation
L'évaluation de lecteur
[Total: 0 Moyenne: 0]

Dans les années 1980, le hard rock et le heavy metal étaient dominés sans partage par les groupes anglo-saxons, avec aussi un petit morceau de gâteau laissé aux Allemands. Mais pour les « petits pays » du rock lourd, la défense des groupes locaux était laissée aux fans du pays. La France avait ses Attentat Rock, Blasphème, H-Bomb, Sortilège ou Satan Jokers, la Belgique pouvait compter sur Acid ou Crossfire, l’Espagne relevait la tête grâce au succès hors de ses frontières de Baron Rojo, le Japon nous exportait Loudness. Mais quid de l’Italie? Nos cousins transalpins en étaient-ils restés au bel canto et aux opéras de Verdi ou avaient-ils aussi quelques groupes de métal dans la manche de leur veston? Bien sûr! Il y avait effectivement quelques combattants du métal qui luttaient pour se faire entendre en Italie. Ce pays a réussi à faire connaître Astaroth ou Death SS, par exemple, mais il y avait un autre groupe plus discret qui avait quand même des choses à dire : Strana Officina.

Voir ressortir un groupe comme Strana Officina des couloirs du temps a été une bonne nouvelle pour mon vieux cœur de hardos ayant fait ses classes durant les années 80. Comment ces antiques métallurgistes ritals étaient encore en activité de nos jours? Cela faisait effectivement longtemps que tout le monde avait passé Strana Officina par pertes et profits, inconscient d’une possible survie de ce groupe qui avait connu le drame après ses trois albums « Strana Officina » (1984), « The ritual » (1986) et « Rock ‘n’ roll prisoners » (1988). Effectivement, en 1993, les deux frères fondateurs du groupe Fabio et Roberto Cappanera périssaient dans le même accident de voiture. Cette décapitation au sommet du groupe allait très rapidement entraîner le départ du guitariste Marcellino Masi. Voilà, la messe semblait être dite mais c’était compter sans l’obstination du bassiste Vincenzo Mascolo qui remet Strana Officina sur pied dès 1995 avec l’aide du chanteur Daniele Ancillotti, recrutant au passage le fils de Roberto Cappanera, Rolando, ainsi que son cousin Dario Cappanera. Mais la démo enregistrée en 1995 ne donne pas de résultats concrets et il faut attendre onze années de plus pour voir Strana Officina réapparaître sur la scène du festival italien Gods Of Metal, à la grande joie des fans italiens qui lui font un accueil triomphal. Cela suffit à redonner envie au groupe de remettre les gants et repartir au combat.

C’est donc en 2007 que sort « The faith », qui additionne en fait des morceaux des trois premiers albums de Strana Officina, ainsi que quelques inédits, dans une compilation new look. En 2010, le groupe sort un nouvel album « Rising to the call » qui lui permet de faire une tournée en Italie. En 2014, le label Jolly Roger réédite les trois albums historiques de Strana Officina, en attendant la sortie d’un album tout neuf, prévu en 2019. Mais en attendant ce moment, Strana Officina refond une nouvelle version de son « The faith », avec les titres réenregistrés avec des moyens plus modernes. Ce que nous avons entre les oreilles est donc une nouvelle version d’un disque de 2007 reprenant intégralement des morceaux à l’origine composé dans les années 1980. Bref, tout ceci est du réchauffé mais pour ce qui est question de se réchauffer, on peut effectivement dire qu’on est servi avec ce nouveau « The Faith » qui envoie les classiques du groupe avec un son renforcé et une interprétation toujours aussi martiale.

Quinze titres du meilleur effet métallique classique viennent nous chatouiller les tympans dans la fierté de guitares viriles et de rythmiques carrées. Nos gladiateurs de Strana Officina ont affuté leurs armes et redonnent vie et clinquant à de formidables chansons hard rock dans la tradition des Eighties. « King troll », « Rock ‘n’ roll prisoners », « Gamblin’ man » mettent la cervelle en surchauffe, tandis que « Black Moon » ménage un peu plus les émotions avec un rythme ralenti et des humeurs plus tourmentées. Puis on repart dans de féroces combats sonores avec des billes d’acier comme « War games », « Don’t cry », « The kiss of death », « Burning wings » ou « Profume di puttana ». L’inspiration est ici très Eighties, qui l’eut cru, et on pense bien sûr à des influences Judas Priest, Ozzy Osbourne, Iron Maiden, Dio ou Manowar, par exemple. Nos amis italiens ne ménagent pas leurs efforts et gagnent sur tous les tableaux, que ce soit par l’expressivité du chant, la puissance des guitares ou le déchaînement des compositions.

Ces morceaux ayant été forgés durant les années 80, il n’est pas étonnant de voir les vétérans de Strana Officina être parfaitement à l’aise avec eux. Il sera intéressant de voir ce que le groupe va présenter comme nouveaux morceaux dans son album annoncé pour 2019. Mais en attendant, tous les amateurs de hard rock et de métal classique, ainsi que ceux qui veulent découvrir un groupe italien qui ne le cédait en rien à ses collègues anglais ou américains, peuvent se pencher sans honte sur cet excellent « The Faith », revenu tout propre et tout beau du passé lointain.

Pays: IT
Jolly Roger Records (réédition, original 2007)
Sortie: 2018/09/01

Laisser un commentaire

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!