XENOGLYPH – Spiritfraud

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2023 est déjà bien entamée mais il reste encore à faire le point sur certaines sorties de 2022 qui ont marqué les esprits. Ici, on parle d’un groupe qui a dû impressionner 254 personnes dans le monde entier mais c’est uniquement soit parce que le reste de l’humanité est idiote, soit parce que la promotion de cet album a été mal faite.

Étant un incurable optimiste, je choisi la deuxième option et avance donc l’idée que Xenoglyph n’a pas eu la chance promotionnelle qu’il méritait. Il faut dire que le groupe ne fait pas trop d’efforts pour faire clairement parler de lui. C’est un duo dont on ne connaît pas les noms, qui vient des États-Unis mais on ne connaît pas la ville et qui affirme débarquer d’une planète GJ357d, qui ressemblerait à Neptune et sur laquelle aurait eu lieu une révolution technologique ayant renversé toutes autorité constituée.

C’est pour cela que les types ont débarqué sur la Terre, pour avertir les humains des dangers de la technologie Le message choisi n’est pas non plus très évident, puisque Xenoglyph pratique un black metal technique aux aspirations très pointues, qui ne parlera sans doute pas au commun des mortels qui préfère écouter Ed Sheeran. Et quand on sait que les gens qui se réclament du black metal, écoutent encore Cradle Of Filth, on a en effet toutes les raisons de s’inquiéter…

Donc, Xenoglyph, c’est de l’obscur qui ne cherche pas à se faire reconnaitre malgré toutes ses qualités d’originalité et de profondeur musicale. Il va donc falloir se charger de les vendre à leur place.

Tout d’abord, au niveau du style, on peut rapprocher Xenoglyph de groupes comme Blut Aus Nord ou The Ruins Of Beverast, sans oublier des penchants progressifs qui rappelleront Omega Infinity, Plague Organ ou Void of Nothingness. On reste frappé par les attaques de guitares qui restent concentrées sur ces glissandos agressifs joués à toutes vitesses à longueur de morceaux. On est ainsi dévoré de l’intérieur sur la première moitié de l’album, avant que le duo ne ralentisse ses excitations sur ʺIconocideʺ, qui adopte un rythme un peu plus ralenti.

Progressions explosives, voix lointaines, atmosphère de métal industriel sont également des éléments qui contribuent à faire de cet album ʺSpiritfraudʺ un exercice à la fois impressionnant et effrayant. On note également une progression par rapport au premier album ʺMytharcʺ qui datait de 2020, les hommes de Xenoglyph étant déjà arrivés sur notre planète à ce moment-là. Mais comme ils sont naturellement immunisés contre le Covid, ils ont pu réaliser leur premier album en pleine pandémie.

Le final ʺAcclamation of emptinessʺ casse aussi le moule avec des guitares qui suivent les harmonies les unes des autres d’une manière qui fait penser à Mournful Congregation. Xenoglyph utilise cette technique avec un effet vertigineux, faisant tourner les têtes avec une dissonance tourbillonnante et un son de guitare robotique. La production aggrave les aspects vertigineux en insufflant quarante-trois minutes d’aigus lourds, de batteries surexcitées et de guitares très en avant.

Il y a à la fois un côté hypnotique et des relents de psychédélisme tordu dans cet album captivant, lointain et péremptoire qui ajoute de nouvelles idées au black metal. Dans l’invraisemblable, il faut se référer à un groupe comme Liturgy pour retrouver autant de puissance évocatrice et d’originalité.

L’album :

ʺMainframe Equilibriumʺ (05:23)
ʺSpiritfraudʺ (08:06)
ʺCyphonʺ (06:12)
ʺIconocideʺ (08:24)
ʺNightshade Reverieʺ (05:25)
ʺAcclamations of Emptinessʺ (09:38)

https://xenoglyphtl.bandcamp.com/album/spiritfraud
https://www.facebook.com/xenoglyph/

Pays: US
Translation Loss Records
Sortie: 2022/07/15

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