YOUNG GODS (The) – Data Mirage Tangram

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Lorsque les éditions La Baconnière ont publié “Documents 1985-2015”, une brique de 800 pages retraçant la carrière des Young Gods au travers de photos, articles et archives personnelles, on ne donnait plus cher de l’avenir des rockeurs avant-gardistes helvètes. Le dernier album en date, “Everybody Knows”, était en effet sorti en 2010 et depuis, mis à part une tournée pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire du groupe et la composition de la BO du film d’animation “Kali, le petit vampire”, pas grand-chose à se mettre dans l’oreille. Pire, le claviériste et cheville ouvrière Al Komet avait entre-temps remis sa démission, laissant le leader Franz Treichler et le percussionniste Bernard Trontin dans un certain désarroi.

Pour le remplacer, ils ont fait appel à Cesare Pizzi, une vieille connaissance qui était déjà de la partie lors des premiers balbutiements du projet au milieu des années 80. Une sorte de retour aux sources qui leur a insufflé une nouvelle énergie et abouti à l’enregistrement d’un huitième album studio que l’on n’attendait plus. Un album dont la genèse remonte à une résidence au bord du lac Léman, lors du festival Cully Jazz en 2015. Les titres qui se retrouvent sur “Data Mirage Tangram” ont ainsi vu le jour lors de cette jam session grandeur nature pour ensuite se voir patiemment bonifiés sur scène et peaufinés en studio par le célèbre Alan Moulder (Nine Inch Nails, Foals…).

À l’instar du puzzle chinois dont s’inspire son titre, l’album se compose de sept pièces complémentaires destinées à former un tout. Mais celles-ci, prises indépendamment, présentent toutefois des univers qui leur sont propres. De l’inquiétant (et bien nommé) “Entre En Matière” à l’hypnotisant “Everythem” sur lesquels Franz Treichler susurre plus qu’il ne chante, le groupe étale avec fermeté son expérience et sa dextérité, le regard résolument tourné vers l’avenir.

Construits loin de tout format de durée et de structure, les titres ne pouvaient sortir que de l’imagination des gourous Suisses, à commencer par l’expérimental et torturé “Moon Above” auquel répond l’industriel et glacial “All My Skin Standing” via des guitares cinglantes. Mais leurs influences électroniques ne sont pas en reste comme l’atteste “You Gave Me A Name”, passionnante composition lancinante aux sons futuristes. Des influences que l’on retrouve également en filigrane de l’entêtant “Figure Sans Nom”, groovant à la manière de Depeche Mode au milieu des nineties. Sans oublier cet impeccable “Tear Up The Red Sky”, morceau de bravoure qui devrait faire un malheur sur scène. Et s’ils venaient d’écrire le premier chapitre de “Documents Volume II” ?

Pays: CH
Two Gentlemen TWOGTL 073 / Distr.: Rough Trade
Sortie: 2019/02/22

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