run SOFA côté face

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Les Carolos de run SOFA ont officiellement célébré à la Rotonde la sortie de « Face It », leur tout nouvel album. Une étape importante car il marque une évolution notoire dans leur son tout en restant fidèle à leurs convictions.

Mais avant de se pencher sur la première partie, un petit flashback s’impose. Nous sommes le 10 mars 2020 et, si on parle bien d’un virus assez contagieux, distanciation sociale et masque ne font pas encore partie du vocabulaire courant, pas plus que confinement ou vaccination et encore moins Covid Safe Ticket. Ce jour-là, on se pressait devant cette même Rotonde pour le concert de Jessica93 dont la première partie était assurée par Warm Exit. On ne le savait pas encore mais il s’agissait de notre dernière visite au Botanique dans le monde d’avant.

Pourquoi évoque-t-on ce souvenir ici et maintenant ? Simplement parce que ce soir, Warm Exit récidive. Heureusement, il y a peu de chances que l’on se retrouve strictement confinés d’ici une semaine comme cela avait été le cas à l’époque mais la pensée nous a effleurée. Dans l’intervalle, le groupe emmené par Valentino Sacchi (au look très Francis Cabrel fin des seventies actuellement) a publié un 45 tours quatre titres, fait l’objet du huitième épisode de l’émission Dites 33! et assidûment écumé les (arrière-)salles de concert depuis que la culture a repris ses droits.

Aux côtés du leader, un bassiste à l’abondante coiffure blonde et à la voix énervée ainsi qu’un batteur qui cogne à tout va. Pour l’anecdote, celui-ci ne gardera son t-shirt Drink & Drive Records (le label de son boss) que l’espace de trois chansons. L’an dernier, ils avaient joué à quatre avec une claviériste choriste et cet été au Micro Festival, c’est un membre d’Unik Ubik qui officiait à cette position.

Ceci dit, peu importe le personnel ou la configuration, un concert de Warm Exit s’apparente à un sprint crasseux aux confins de la planète garage largement inspirée des sixties. Un tourbillon auquel il est difficile de résister, d’autant qu’ils laissent peu de place à une quelconque respiration. Et lorsque celle-ci survient, on se rend compte qu’un espace mélodieux (infime, certes) se cache derrière les pédales à effets et les voix trafiquées. Le tout dans une bonne humeur communicative.

De bonne humeur, il en sera également question durant le set des cousins de run SOFA. C’est en effet la première fois qu’ils montent sur scène depuis une éternité et s’apprêtent à présenter leur deuxième album, « Face It », sorti début octobre chez Cloudsphaper. Composé durant le confinement, il a été enregistré dans le Limbourg par Jan Viggria, le guitariste de The Guru Guru (que l’on a récemment vus à la Rotonde en support de Slow Crush) et mixé à Bristol par Jim Barr (Portishead).

Avec ses onze titres en moins d’une demi-heure, il va à l’essentiel en explorant des sonorités post-punk minimalistes qui se marient parfaitement au flow inspiré du hip hop dont le chanteur Antoine Romeo et le guitariste Julien Tassin sont coutumiers. Le premier titre avant-coureur au début du printemps, l’excellent « Like That », avait tapé dans le mille et on se demande toujours la raison pour laquelle il ne se trouve pas sur la plaque. D’autant qu’il a constitué ce soir une introduction parfaite à une set-list bourrée de tension.

En référence au clip d’« I Point The Finger », les trois musiciens (le duo plus un batteur au kit simplifié) se produisent le visage grimé. À la longue, le maquillage finira par souffrir de l’excès d’énergie d’un chanteur qui arpente la scène sans relâche. C’est ce qui les différencie notamment de Sleaford Mods à qui ont serait tentés de les comparer. Le fait qu’une guitare plutôt que des beats électro fasse partie de l’équation les éloigne également du duo de Nottingham, tout autant qu’un langage un rien plus châtié. On regrettera peut-être que les lignes de basse si essentielles à leur nouveau son soient préenregistrées et non jouées en live.

Mis à part « Selfish Turd », l’intégralité de « Face It » sera jouée ce soir et on mettra en exergue la version énervée d’« I Watch In There », les sonorités industrielles de « Yes Man » et la guitare entêtante de « Hard Feelings ». Mais le final puissant d’« Image Of A Mobster » hurlé à même le sol et ce « Born In A Grave » entamé les mains dans les poches avant une explosion sonore feront également partie des moments choisis.

Glissés ici et là, quelques titres plus anciens accentueront davantage la nouvelle direction du duo avec lequel « Blood », le plus court extrait du nouvel album, pourrait servir de pont. « Silly Silly Dreams » et « The Heaviness Of A Lie » empruntant davantage à la culture hip hop qu’à celle du post-punk. Sans oublier un « Dissin' » bien enlevé en clôture du set principal.

Les trois compères reviendront sur scène pour le seul « Face It » dont l’intensité décuplée ponctuera de rugueuse et convaincante manière une prestation-clé. Le début d’un nouveau chapitre pour un groupe loin d’avoir fait le tour de la question.

SET-LIST
LIKE THAT
I POINT THE FINGER
SILLY SILLY DREAMS
BLOOD
I WATCH IN THERE
YES MAN
MASH UP
HARD FEELINGS
IMAGE OF A MOBSTER
THE HERD
THE HEAVINESS OF A LIE
BORN IN A GRAVE
POP UP
DISSIN’

FACE IT

Photo © La Base Asbl

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