Nouvelle Vague déferle sur le Bota

59 Participations

Botanique, salle de l’Orangerie. Nous sommes le 16 mai 2019 à 20h. Le public est encore assez clairsemé lorsqu’un homme monte seul sur scène pour chanter, accompagné de sa guitare et de quelques arrangements préenregistrés. Son nom est Nick Porsche. Cet artiste suisse originaire de Bienne est batteur du groupe Puts Marie, mais c’est en artiste solo qu’il se produit en ouverture de programme ce soir sur la scène du Bota.

Un set acoustique plutôt calme fait de chansons à tendance indie rock ou pop, avec des accents reggae ou folk. Personnellement, je trouve que la magie n’opère pas. Si l’artiste est certes un musicien accompli, il peine à nouer un véritable contact avec le public. De plus, je ne suis absolument pas fan de son timbre de voix. Et je trouve que l’homme manque quelque peu de présence et de charisme, ce qui rend sa prestation terne (malgré une reprise du «Sunny» de Boney M), mais cette appréciation est peut-être faussée la barrière de la langue (son français est très approximatif).

Une fois la scène libérée, le public commence à se faire plus dense et la salle est carrément pleine pour accueillir le groupe Nouvelle Vague qui commence son concert avec un peu de retard.

Partant de la similitude de sens entre le terme anglais «New wave», le terme portugais du Brésil «Bossa nova» et le terme français «Nouvelle vague», Marc Collin et Olivier Libaux ont créé un projet de reprises originales de titres essentiellement new wave en les transposant dans un style musical entièrement différent. Contrairement à beaucoup de groupes de reprises qui se contentent d’imiter le plus fidèlement possible l’artiste original, Nouvelle Vague a réinventé l’idée du cover band sur la base de l’équation décrite ci-dessus. Le succès est au rendez-vous puisque le groupe a déjà vendu plus d’un million de disques et se produit sur les scènes du monde entier, ce qui est plutôt rare pour un groupe français.

Pour cette tournée marquant le 15e anniversaire de Nouvelle Vague, Marc Collin et Olivier Libaux ont voulu un retour au source présentant le show originel de 2004, avec la guitare acoustique d’Olivier Libaux, les claviers de Marc Collin, des ambiances sonores pour accompagner les deux chanteuses actuelles (Mélanie Pain, Élodie Frégé). C’est donc une configuration quelque peu différente de celle que nous avions pu applaudir à Leuven en 2017 (lire notre chronique de l’époque).

Le concert commence par une version très originale, quoiqu’un peu longuette, du tube «Fade To Grey», suivi d’un «Bizarre Love Triangle» comme New Order ne l’aurait jamais imaginé. Il est clair que le duo Pain/Frégé fait merveille et que le public va se régaler toute la soirée. Certes, Élodie a plus d’aura que Mélanie, mais le groupe forme un ensemble globalement cohérent et parfaitement rôdé.

On arrive ainsi déjà à un des temps forts de la soirée avec «I Wanna Be Sedated», titre qui permet à Élodie Frégé de dévoiler une partie de ses capacités vocales impressionnantes. Celles et ceux qui la cantonnaient à la chanson commerciale peuvent revoir leur copie car la belle a l’occasion a plus d’une reprise de montrer qu’elle est vraiment une très grande voix de la chanson française. Avec l’élégance et le charme en plus.

Mélanie n’est pas en reste avec sa voix “à la Vanessa Paradis” qui fait mouche sur le (trop) court mais ô combien délicieux «Ever Fallen In Love». Le morceau suivant joue la carte de la sensualité, Élodie se faisant mutine sur le titre «Too Drunk To Fuck» qui lui va comme un gant et dont elle donne une interprétation magistrale.

Le concert se poursuit avec des classiques comme «Sweet And Tender Hooligan», une version immense de «Human Fly» (un de mes morceaux préférés du concert) et de «Dance With Me». Viennent encore s’ajouter à la setlist «Blister In The Sun» et «Enola Gay» (pour ma part un peu moins convaincant). Une nouvelle prouesse vocale avec cette version assez extraordinaire de «I Can’t Escape Myself», suivie de «Guns Of Brixton» que se réapproprie superbement Mélanie. «Friday Night Saturday Morning» nous emmène vers le dernier titre du set, «Love Will Tear Us Apart», un morceau phare que le public se fera un plaisir de reprendre en chœur avec les artistes.

Les rappels sont l’occasion voir arriver sur scène un gâteau d’anniversaire marquant les 15 ans d’existence du groupe. Pour terminer la soirée en beauté, le groupe a choisi d’interpréter «The Killing Moon», «La Pluie Et Le Beau Temps» (une des rares compositions originales de la formation française) et «In A Manner Of Speaking».

Force est de constater que Nouvelle Vague a réussi à trouver son public, un public très international et cosmopolite car j’ai entendu parler au moins 4 langues différentes dans le public. Cet univers musical particulier nous a permis une nouvelle fois de redécouvrir des classiques sous un jour nouveau, dans une ambiance cosy et conviviale. Une immersion musicale dans des rythmes apaisants, avec des artistes parfaitement maîtres de leur art. Tant Mélanie qu’Élodie ont des voix incroyables qui parviennent à véhiculer les émotions et à fasciner l’auditeur.

Les chanteuses n’ont pas caché leur attachement à la scène du Bota et le public présent le leur a bien rendu. Reste à espérer que cette Nouvelle Vague reviendra nous submerger très vite…

Accréditations: Stéphanie Hollevoet (Pbox Prod)

Toutes nos photos de Nick Porsche et Nouvelle Vague
Texte: Anne-Françoise Hustin et Hugues Timmermans
Photos © 2019 Hugues Timmermans

 

 

 

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