PESTIFER – Expanding oblivion

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Le death metal complexe et technique de Pestifer est à nouveau à l’ordre du jour avec ce troisième album ʺExpanding oblivionʺ et ce ne sont pas les amateurs du genre qui vont s’en plaindre. Encore une fois, en effet, après les impressionnants ʺAge of disgraceʺ (2010) et ʺReaching the voidʺ (2014), le combo des frères Gustin revient à la charge avec une nouvelle démonstration de force. Comme ses prédécesseurs, ʺExpanding oblivionʺ explore les arcanes d’un death metal à la fois rustique dans ses sonorités et habile dans son écriture.

Depuis le dernier album, Adrien Gustin (basse), Philippe Gustin (batterie) et Jérôme Bernard (chant) ont accueilli dans leurs rangs le guitariste Valéry Bottin (Exuviated, ex-Emeth, ex-Adeslave, ex-In-Quest, ex-Mystica), un garçon ayant acquis son expérience musicale de part et d’autre de la frontière linguistique dans des combos death prog ou technique.

On repère d’entrée de jeu cette expérience avec les puissants titres qui ouvrent le feu sur ce début d’album. ʺThe remedyʺ, ʺOminous wandersʺ, ʺSilence spheresʺ prennent rapidement les choses en main en coffrant l’auditeur dans une chaudière de rythmiques capricieuses courant sur la polyrythmie et de guitares taurines passant de riffs brutaux à des solos à tiroirs avec la même aisance. Histoire de reposer les tympans et le système nerveux, Pestifer sème régulièrement sur son disque des petits passages instrumentaux à la guitare acoustique ou au piano, à peu près tous les trois titres (ʺDisembodiedʺ, ʺLone entityʺ, ʺUltimate confusionsʺ). Et on est reparti pour un nouveau trio de morceaux dramatiques et carnassiers, à la production assez rupestre. Et loin de desservir l’atmosphère de l’album, cette production qui semble confinée au fond d’une cave met au contraire en valeur la philosophie pessimiste et colérique du disque. Elle permet même de faire ressortir de temps à autre les magnifiques passages nerveux et techniques que le bassiste exécute sur son manche.

Car ici, on n’a pas affaire à des manchots ni à des types qui ont appris le solfège dans un supermarché de bricolage. Les choses sont posées, précises, rapides et enveloppées d’un faux air chaotique. Si on semble entendre un maelstrom de sons anarchiques de prime abord, c’est une impression qui est estompée par les écoutes successives de l’album. Le groupe est toujours prompt à construire des atmosphères oppressantes qui trouvent des débouchés rassurants à l’occasion de phases un peu plus progressives parcourant les morceaux (ʺFractal sentinelsʺ, ʺOmniscientʺ). Pestifer assemble ainsi tout son savoir-faire sur l’excellent ʺGrey hostsʺ, qui pourrait être la synthèse de ce disque avec sa brutalité à ras de terre et son habileté instrumentale. Et n’oublions pas le final de plus de sept minutes qui donne son nom à l’album, c’est à nouveau un petit chef-d’œuvre de death labyrinthique compliqué, à épisodes multiples.

Voici donc encore un coup de maître pour ces Liégeois qui restent décidément l’une des valeurs sûres du métal extrême belge. De plus, en pleine épidémie de coronavirus, porter le nom de Pestifer devrait pouvoir générer un effet de mode, on peut toujours espérer.

Le groupe :

Adrien Gustin (basse)
Philippe Gustin (batterie)
Jérôme Bernard (chant)
Valéry Bottin (guitare)

L’album :

ʺThe Remedyʺ (06:11)
ʺOminous Wanderersʺ (05:02)
ʺSilent Spheresʺ (04:24)
ʺDisembodiedʺ (01:33)
ʺSwallower of Worldsʺ (03:52)
ʺFractal Sentinelsʺ (05:41)
ʺGrey Hostsʺ (04:53)
ʺLone Entityʺ (00:54)
ʺOmniscientʺ (04:43)
ʺUltimate Confusionsʺ (00:36)
ʺExpanding Oblivionʺ (07:15)

https://pestifer-band.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/Pestifer.band/

Pays: Be
Xenokorp Records
Sortie: 2020/03/13

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