Wildfest 2022: le grand retour (jour 2)

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Samedi 28, 14h15. Back in Grammont. Autant dire que la nuit a dû être festive car le public est encore très clairsemé pour attaquer la journée principale et un programme costaud de 8 groupes à l’affiche. Beaucoup (dont votre serviteurs) se sentent un peu fourbus, les courbatures nous rappelant que nous avions – hélas ! – perdu l’habitude de rester des heures durant à acclamer des artistes qui donnent tout pour nous divertir. Qu’à cela ne tienne, nous voilà repartis pour la seconde et dernière journée de l’édition 2022 du Wildfest.

Comme le veut la tradition, c’est un régional de l’étape qui va lancer la machine. Ils proviennent d’Anvers et se sont fait connaître depuis 2016 comme une formation de sleazy rock mâtiné de punk et de metal. Il s’agit bien sûr du groupe Rebel’s End composé de Jeff (chant et guitare), Dol (batterie et choeurs), Stijn (basse et choeurs) et Rutger (guitare et choeurs). Après «Seeing Red, Seeing Dead», leur premier opus paru début 2017, les Anversois se sont spécialisés dans un sleaze rock assez brut de décoffrage. Après ce premier essai concluant, les rockeurs anversois ont signé chez Pure Steel Records pour leur troisième opus, “Sing To The Devil“, sorti en 2021. Côté programmation musicale, les Wildfestiens ont eu droit à “Evil Eye“, “Blood on My Hands”, “Rawhead”, “Death & Destruction”, “Wayward“, “Outlaw“, “Blood From a Stone“, “From the Ashes“, “Inferno” et “If You Ain’t Shooting“. Sympa, bien qu’un peu trop bruyant pour nous en ouverture de programme après une nuit trop courte…

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Les amateurs d’AOR made in Scandinavia se souviendront très certainement du groupe Reach, originaire de Stockholm, fondé par Marcus Johansson (batterie) et Ludvig Turner (guitare) en 2012. Pour compléter leur line-up, ils font appel à David Jones (basse) et à Alex Waghorn (chant). Le groupe fait ses premiers pas avec une jolie reprise du tube «Wake me up» d’Avicii en 2013 dont la vidéo sera visionnée plus de 1.500.000 fois en un an. Après avoir sorti un premier single de leur propre cru («Black Lady») en 2014, ce groupe à haut potentiel se devait d’enregistrer un album pour montrer qu’il n’est pas un simple cover band. L’album «Reach Out To Rock» sorti le 4 mars 2015 a confirmé tout le bien que l’on pensait du quatuor et lui a permis de sillonner l’Europe avec Eclipse et Gus G. Depuis lors, le quatuor est devenu un trio composé de Ludvig Turner à la guitare et au chant, de Soufian Ma’Aoui à la basse et de Marcus Johansson à la batterie. Le 3e opus du groupe (“The Promise Of A Life“) marque aussi un tournant musical en s’orientant vers un univers évoquant Muse, mais avec aussi des compositions plus jazzy, voire électro-swing et pop-rock. Un superbe album mais dans lequel les fans de la première heure risquent de ne pas se reconnaître. Sur scène, le show est assuré parfaitement et l’étonnement fait place à l’enthousiasme à l’écoute de titres comme “New Frontier“, “Satellite“, “Shame“, “Young Again“, “Cover My Traces“, “Motherland“, “Time“, “Running on Empty” et “The Law“. Bref, la nouvelle orientation musicale séduit.

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Speed Stroke est une formation transalpine composée de cinq gars qui partagent une passion commune pour l’âge d’or du rock and roll, lorsque ce style musical était piloté par de véritables rockstars. Après s’être fait remarquer en 2011 grâce à leur participation à “Reborn In Sleaze”, l’album hommage officiel sorti à la mémoire de Dave Lepard (Crashdïet), le groupe sort son premier album éponyme en mars 2013, suivi de “Fury” en 2016. Le groupe se fait les dents en partageant la scène avec des artistes comme Reckless Love, Hardcore Superstar, Gotthard, Phil Campbell, Crazy Lixx, The 69 Eyes, Steel Panther, The Cruel Intentions, Kissin’ Dynamite et bien d’autres. Leurs concerts explosifs, débordant d’énergie, de passion et d’excitation, leur ont permis de fidéliser une base de fans solide, en particulier en Italie. Le dernier-né du groupe, “Scene Of The Crime” (2020), en dit long sur ce à quoi on peut s’attendre à un concert de Speed Stroke. Au programme, un florilège de titres revisitant la discographie du groupe: “Heartbeat“, “Nothing’s True“, “The End of This Flight“, “Scene of the Crime“, “From Scars to Stars“, “Demon Alcohol“, “Out of Money“, “After Dark“, “Soul Punx“, “No Love“, “Believe in Me” et “Age of Rock ‘n’ Roll“. C’est dynamique et punchy. Vraiment sympas ces Italiens!

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L’ambiance monte encore d’un cran pour accueillie l’incontournable groupe Wildheart, les régionaux de l’étape que sont Farty (chant), Foxx et Juice (guitare), Stevie Dee (basse) et Thunderberck (batterie). Le groupe n’a pas l’air d’avoir été très actif depuis la sortie de «No Love», l’excellent second opus du groupe. Cela ne l’empêche pas d’être toujours présent au rendez-vous pour passer un excellent moment avec ses fans. Au programme,  “A Stranger’s Eyes, “Tonight We Rock”, “Rumours”, “On My Way”, “No Love“, “One Way Ticket To Paradise“,Dutch Courage”,Stone Cold Fox”, Never Let Go” et “Lovehunter. Avec ses chœurs et ses guitares qui font mouche, ses compositions fluides et une aisance scénique, le groupe assure toujours autant et vous replonge dans la scène rock des années 80 avec un réalisme stupéfiant. Cela tombe plutôt bien puisque le public est justement venu pour cela! Seul petit bémol, nous aurions adoré découvrir l’une ou l’autre nouvelle composition, mais ce sera sans doute pour l’année prochaine.

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Et voici enfin le moment de découvrir sur scène un autre grand nom du hard rock made in Scandinavie: le groupe Finlandais Temple Balls, réputé pour son hard rock énergique. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu de pouvoir se produire sur scène en première partie de géants comme Queen, Deep Purple et Uriah Heep. Le premier single officiel du groupe, “Hell And Feelin’ Fine”, sorti en septembre 2016, a été largement diffusé sur les radios rock de Finlande. Le groupe sort son premier album en 2017 et part sur les routes pour une tournée à guichets fermés à travers la Finlande avec Battle Beast. Après s’être fait beaucoup remarquer à l’international, le groupe sort son deuxième album, “Untamed” en mars 2019. Encore une fois, la critique est élogieuse et le groupe fait une tournée européenne en première partie de Sonata Arctica. Vu le gisement de talent à exploiter au sein de Temple Balls, le groupe signe chez Frontiers Music et sort son 3e opus (“Pyromide“) le 16 avril 2021. Pour la petite histoire, Pyromide a été produit par nul autre que Jona Tee (H.E.A.T). Sur la scène du Wildfest, le chanteur Arde Teronen et son équipe font un démarrage en trombe. Tous sont déchaînés: Jiri Paavonaho et Niko Vuorela aux guitares, Antti Hissa à la Batterie et Jimi Välikangas à la basse. Au programme, une série de morceaux d’une efficacité redoutable: “Thunder From the North“, “Strike Like a Cobra“, “Fallen Youth“, “What Is Dead Never Dies” et “T.O.T.C.“. Petit intermède de solistes et ça repart avec “Let’s Get It On“. C’est d’ailleurs pendant ce morceau que le bassiste Jimi fait une mauvaise chute et reste étendu au sol. Les autres musiciens s’arrêtent de jouer. Il faut appeler les secours car sa blessure est sérieuse: il s’est déboîté le genou et doit être emmené aux urgences. Les nouvelles dans la soirée seront finalement rassurantes puisque Jimi est rentré une paire d’heures plus tard. Il jouera d’ailleurs le lendemain assis sur une chaise et le genou soutenu par une atèle. Gageons que Temple Balls reviendra finir le travail lors d’une prochaine édition du Wildfest.

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Le festival continue donc avec ceux qui avaient marqué tous les esprits avec leur incroyable prestation acoustique lors de l’édition précédente, le groupe finlandais Shiraz Lane, dont la fougue et la fraîcheur sur scène le disputent au talent. Hannes Kett (chant), Jani Laine et Miki Kalske (guitares), Joel Alex (basse) et le très expressif Ana Willman (batterie) ont bien l’intention d’en découdre et nous sortent un show dont ils ont le secret. Des mélodies à l’accroche hyper efficace qui séduisent d’emblée le public qui suit comme un seul homme. Parmi les titres du jour, extraits de leurs 2 EP et de leurs 2 albums, citons “Wake Up“, “Tidal Wave“, “Disconnect From the Matrix“, “Keep It Alive” (et sa géniale intro à la batterie), “Scream“, “Reincarnation“, le très dansant “Do You“, le cultissime “Broken Into Pieces“, l’énergique “Harder to Breathe” et, enfin, le dernier titre en date “To the Moon & Back“. Encore une prestation qui restera dans les mémoires. Et si cela ne dépend que du public, je pense que l’on reverra très vite Shiraz Lane sur la scène du WildFest.

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Alors que l’heure avance et que l’on se dirige tout doucement vers l’apogée de ce deuxième jour, les festivaliers ont encore droit au set du groupe Maverick. Il s’agit ici du quatuor britannique composé aujourd’hui du chanteur Dave Balfour, des guitaristes Ryan Sebastian Balfour et Ric Cardwell ainsi que du batteur Richie Diver. Le groupe a profité de la période Covid pour se réinventer, ce qui a donné naissance à l’album “Ethereality” sorti en 2020. Le Wildfest était donc l’écrin parfait pour présenter quelques pépites de ce véritable petit joyau. Au programme: “Falling” qui donne le ton, “Thirst“, “The Last One“, “Dying Star“, “Whiskey Lover“, “Switchblade Sister“, “Forever“, “Asylum“, “Devil’s Night“, “Dusk“, “Light Behind Your Eyes” et “In Our Blood“. L’univers musical de Maverick se situe dans un registre incisif et mélodique à la fois. C’est musclé et entraînant. Le groupe assure parfaitement sur scène. Le public est chaud et fin prêt à accueillir la tête d’affiche de la soirée.

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Et là, on se dit que les organisateurs ont fait vraiment très fort en signant les Suédois de H.E.A.T. Ce groupe suédois devenu légendaire auprès des très nombreux amateurs de hard rock mélodique a connu une histoire déjà chargée. Petit rappel des péripéties récentes: le guitariste Dave Dalone, le claviériste Jona Tee, le bassiste Jimmy Jay, le batteur Crash et le chanteur Erik Grönwall sortent en février 2020 un nouvel opus intitulé “II” (chroniqué sur MIB) qui marque, pour le groupe, un retour à ses racines musicales après le plus expérimental “Into The Great Unknown” (2017). Dans le courant de l’année 2020, le chanteur Erik Grönwall annonce son départ et il est remplacé par le chanteur originel qui fait son grand retour: Kenny Leckremo. Quelle n’est d’ailleurs pas notre surprise lorsqu’à notre arrivée aux abords de la salle, ce dernier est assis en train de profiter du soleil en discutant avec des fans. Le premier contact est donc très positif. Reste à voir le résultat sur scène.

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Dès les premières secondes, les doutes et craintes s’estompent. Le public est entraîné dans une véritable déferlante. Kenny a un style différent d’Erik, mais vocalement, il assure aussi et comme Erik, c’est une véritable tornade sur scène. Le groupe H.E.A.T est donc toujours bien sur les rails et annonce d’ailleurs un album qui s’appellera “Force Majeure” et paraîtra en août prochain. Au menu, des tubes comme s’il en pleuvait : “One by One“, “Rock Your Body“, “Dangerous Ground“, “Emergency“, “Redefined“, “Straight for Your Heart“, “Late Night Lady“, “Come Clean“, solo de batterie, “Back to the Rhythm“, “Beg Beg Beg“, “Cry“, “1000 Miles“, “Living on the Run“, “Nationwide“, “A Shot at Redemption” et en rappel, le tubissime “Rise“. Au vu de cette prestation mémorable, H.E.A.T justifie amplement sa place dans le cercle très fermé des meilleurs groupes de la planète. Et à en juger par les réactions passionnées du public, nombreux sont ceux et celles qui espèrent déjà revoir le groupe à l’affiche d’une prochaine édition.

Ainsi s’achève la première double édition du WildFest. Les festivaliers ont la banane et des étoiles plein les yeux. Voilà un signe qui ne trompe pas. Encore mille fois merci à toute l’équipe et surtout à Jan De Greve pour leurs efforts, leur gentillesse et leur superbe initiative qui est en train de se transformer en véritable lieu de pèlerinage incontournable de la planète hard-rock, sleaze, glam… Nous décomptons déjà les jours jusqu’à l’édition 2023!

Accréditations: Mike De Coene (Hard Life Promotion) et Wildfest

Texte: Anne-Françoise Hustin et Hugues Timmermans
Photos © 2022 Hugues Timmermans

 

 

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