WITHERFALL – The curse of autumn

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Witherfall revient avec un troisième album et pour la troisième fois consécutive (quatre si on compte son EP ʺVintageʺ sorti en 2019), le groupe américain démontre son incroyable maîtrise de la chose progressive métallique et un talent de plus en plus gigantesque en matière d’inspiration et d’adresse technique. Ceux qui n’ont pas encore entendu parler de Witherfall vont devoir se mettre à la page car ce combo est en train de monter quatre à quatre les marches qui mènent au sommet du mont Olympe des grands groupes de métal contemporains.

On rappelle brièvement les faits. Jake Dreyer (guitare) et Joseph Michael (chant) ont fréquenté brièvement les métalleux de White Wizzard en 2011-2013 et sortent de ce groupe avec des projets en commun. Ils montent donc dans la foulée Witherfall, avec le concours du bassiste Anthony Crawford, un afro-américain qui n’a rien d’un hardeux mais qui a acquis une solide expérience au service d’artistes comme Chon, Shalmor, Allan Holdsworth, Justin Timberlake ou Kirk Whalum. Avec le batteur Adam Sagan (1980-2016), ils sortent ʺNocturnes and requiemsʺ en 2017. Cet excellent premier album suffit à faire repérer Witherfall par le label Century Media, qui sort ainsi ʺA prelude to sorrowʺ en 2018. Là, le talent du groupe éclate au grand jour, notamment avec la paire Dreyer/Michael qui commet des merveilles à la guitare et au chant.

On attendait donc impatiemment un petit frère à cet album et l’EP ʺVintageʺ avait permis d’étancher un peu les soifs. Et voici enfin ce troisième album ʺThe curse of autumnʺ, parfaitement nimbé de la cohérence musicale qui avait fait la beauté des deux premiers disques. On distingue tout de suite cette cohérence rien qu’à la couleur de la pochette. Oui, depuis sa création, Witherfall choisit une couleur précise pour chacun de ses albums : jaune olive pour le premier, bleu pour le deuxième, vert pour l’EP et rouge brun pour le troisième. Le contenant est déjà bien sympathique (avec le magnifique dessin signé Kristian Wåhlin, illustrateur très prolifique de pochettes d’albums métal, connu ne serait-ce que pour celle de ʺIn the nightside eclipseʺ d’Emperor) mais le contenu vaut de l’or.

Les hommes de Witherfall ont cherché à se dépasser dans tous les domaines, avec l’aide de professionnels précieux. Ça commence avec le nouveau batteur Marco Minnemann, aux états de service tout simplement monstrueux : Aeonsgate, Ilusen’s Fallacy, Marco Ferrigno, Painstyle, Waken Eyes, ex-Ephel Duath, ex-Vindictiv, Mike Keneally Band, Steven Wilson, The Aristocrats, Joe Satriani (live), ex-Nathan Frost, ex-Theodore Ziras, ex-Kreator (live), ex-Illogicist, ex-Necrophagist, ex-Silver. On continue avec le producteur, qui n’est ni plus ni moins que le légendaire Jon Schaffer en personne. Le guitariste d’Iced Earth retrouve aussi un de ses pensionnaires en la personne de Jake Dreyer, qui jouait dans son groupe depuis 2016 (et qui a depuis quitté Iced Earth suite à la participation de Jon Shaffer dans les émeutes du Capitole à Washington). Jim Morris (Savatage, Death) s’occupe de l’engineering et du mixage. Bradley Cook (Slash, Foo Fighters, Chris Cornell) travaille particulièrement sur l’enregistrement des parties de batterie et Tom Morris (Trans-Siberian Orchestra) s’occupe de la mastérisation aux studios Morrisound Recording.

Les prouesses sont également accomplies en matière de composition, où Witherfall se révèle tout simplement bluffant. Le groupe fusionne parfaitement la netteté et la complexité du métal progressif, développe des atmosphères sombres et s’impose avec brio à la fois sur les structures mélodiques et harmoniques. On entre pas à pas dans l’album qui agrippe l’auditeur sur la nervosité du premier morceau ʺThe last carʺ et l’emporte ensuite dans des hauteurs insoupçonnées, dont ʺThe other side of fearʺ et surtout les marathoniens ʺTempestʺ (plus de huit minutes) et ʺ… And they blew awayʺ (plus de quinze minutes !) sont les moments d’anthologie. Le son est parfait, Jake Dreyer est un imbattable athlète du manche, Marco Minnemann est sur tous les bons coups rythmiques, toujours couvert par la basse inébranlable et métronomique d’Anthony Crawford, tandis que Joseph Michael est impérial dans tous les registres vocaux, d’une justesse impeccable et capable de manger les octaves à toutes les sauces.

Plus sombre que les groupes métal prog classiques comme Dream Theater, capable de transgresser les codes en débordant avec la même aisance sur le power metal ou des effets quasiment opératiques, Witherfall termine ici d’asseoir sa réputation. Le monde doit savoir : il y a désormais un nouveau génie du métal progressif et il s’appelle Witherfall.

Le groupe :

Jake Dreyer (guitare)
Joseph Michael (chant)
Anthony Crawford (basse)
Marco Minnemann (batterie)
Alex Nasla (claviers et chœurs)

L’album :

ʺDeliver Us into the Arms of Eternal Silenceʺ (0:52)
ʺThe Last Scarʺ (5:07)
ʺAs I Lie Awakeʺ (5:40)
ʺAnother Faceʺ (5:36)
ʺTempestʺ (8:21)
ʺCurse of autumnʺ (1:30)
ʺThe Unyielding Grip of Each Passing Dayʺ (2:55)
ʺThe Other Side of Fearʺ (4:44)
ʺThe Riverʺ (3:14)
ʺ…And They All Blew Awayʺ (15:28)
ʺLong timeʺ (acoustic version) (3:35)

https://www.facebook.com/witherfall

Pays: US
Century Media
Sortie: 2021/03/05

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