GHINZU, l’Enfer à l’Eden

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L’Enfer à l’Eden, drôle de nom pour une salle où les murs auraient pu vivre l’enfer en ce dimanche 29 mars. Ghinzu de passage pour un concert complet, on aurait pu croire que la salle de Charleroi allait devenir un chaudron de lave. Cela n’en a pas été tout à fait le cas et pourtant, il n’en fallait que peu encore pour que cela le soit. La faute à pas de chance ? Pas la faute aux musiciens en tout cas, car sans pour autant être parfait, ni sans pour autant déjà être à puissance maximale, le set a été bien emmené. Voyons par le détail.

A l’identique du concert de l’AB qui avait eu lieu à la sortie de “Blow”, Ghinzu s’est défait de son passé. Le public n’a pas pris un Jedi dans la figure comme en 2005 où les perruques d’“Electronic Jacuzzi” avaient volé dans la foule, mais la rupture est nette malgré tout. Plus de “Marche de l’Empereur” mais une intro très électro comme un spot publicitaire aux paroles simples comme tout slogan publicitaire doit l’être : « Ghinzu on stage ».

Ce premier exercice de style étant entre les mains du nouveau venu, sans pour autant être inconnu, Jean Waterlot, chanteur de Montevideo, groupe « frère cadet » de la formation bruxelloise. Ce dernier a pris la place de Kris Dane parti sur ses plaines personnelles. Jean, comme à son habitude, tout au long du set mettra tout son cœur et son énergie pèse bien dans la balance générale.

Intro terminée, les acteurs apparaissent et s’enchaînent les morceaux tirés 50/50 du dernier exercice studio “Mirror Mirror” et du deuxième cd, le gigantesque “Blow”. On y retrouvera ainsi l’ensemble de l’œuvre puissante du quintette noisy.

Deux nouveaux morceaux tout en force comme un tremplin pour le toujours très beau “High Voltage Queen” qui fera, par ses accords connus de tous, monter d’un cran l’ambiance pour déboucher sur le nouveau single “Cold Love”. Merci la toile de nous avoir déjà rodé les oreilles à cette nouvelle déca-dance.

Choc ! Un morceau calme ! (this light) Et en plus non connu mais comme toujours, le calme ne semble qu’être toléré dans les joutes sonores live. Difficile, même si le public reste calme, de mesurer la portée de la mélodie ou des arrangements. Il faudra attendre demain, 30 mars, pour en mesurer la teneur exacte sur le CD enfin en vente.

“Take it easy” qui l’enchaine confirme un peu l’idée que l’on peut se faire, de ce côté-ci de la frontière, du marché musical français. Ce single de promotion de l’album outre-quiévrain est quand même plus faible. Il aurait été d’emblée formaté « français », que cela ne serait pas étonnant. Sans aspérité, il ne fera pas peur et on pourra se l’écouter dans son bain, en réchauffant sa lasagne ou en cherchant après un yaourt dans le réfrigérateur. D’ailleurs, il finira comme tapis musical d’une publicité Danone. On parie ?

“Dragster Wave” remettra les pendules à l’heure et les 5 morceaux suivants ne seront que furie contrôlée. John Stargasm, de temps en temps masqué derrière des lunettes de soleil plus grandes que son aura, joue le maître d’orchestre posé et même très convivial avec le public des premiers rangs. A ses côtés, Greg et Mika seront toujours bien à leur place sans fioriture inutile. Le nouveau batteur, Antoine Michel, suit ce mouvement sans éclat mais sans faiblesse. Le tout dans un décor tracé à l’horizontal par des lignes de lumières TL transpercées par des verticales de miroirs courbes. Simple mais peu efficace, ce jeu de lumière s’appuiera surtout dans les grandes envolées musicales, sur un effet stroboscopique. Gageons que les grandes salles nous offrirons de meilleures sensations.

Fin du set par le devenu habituel jeu des départs décalés et du larsen en boucle. Le public aime mais reste modéré. C’est lui surtout qui a été le Cerbère des portes de l’enfer et a évité une descente un rien profonde. Dommage. Le retour des musiciens sur scène ne se fait pas attendre d’ailleurs.

Premier rappel avec l’étonnante nouvelle version de “Mine”. Un bidouillage méconnaissable dès le départ, qui s’intensifie. Cette troisième version live (avec la version habituelle et la version Soldout) ne ressemble aux deux autres que par l’énergie qu’elle dégage. Fort.

Deuxième rappel avec une intro que personne n’a oublié. Les hommes finissent par où ils commençaient lors de la tournée précédente “Blow”. Le morceau, toujours fort, achève les valeureux qui s’étaient laissés étourdir. Ni Dragon, ni Jedi, ni Dragsterman, une nouvelle génération d’invincibles est à créer. D’ici quelques concerts et les nouveaux morceaux mieux connus par une écoute de l’album, celle-ci aura sûrement pris corps, forgée dans les flammes des 5 disciples d’Hadès.
Qui survivra verra….

Play list – Eden 29/03/09

  • intro
  • mirror mirror
  • the dream maker
  • high voltage queen
  • cold love
  • this light
  • take it easy
  • the dragster wave
  • 21st
  • this war is silent
  • do you read me
  • kill the surfer
    1er rappel
  • mine
    2e rappel
  • blow

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