GUILLEMOTS au Bota, un air de déjà vu…

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Un nouvel album de Guillemots rime généralement avec un petit détour par le Botanique. Ainsi, un peu plus de trois ans après leur dernière visite à l’Orangerie, le quatuor londonien était de retour au même endroit pour défendre leur récent “Walk The River”, une troisième plaque sortie au printemps. Malheureusement, on ne peut pas dire qu’ils drainent la foule puisque la salle était agencée dans sa configuration limitée (avec un rideau à hauteur de la table de mixage). En plus, le temps exceptionnellement radieux a poussé la majorité des spectateurs à prolonger le plaisir sur la terrasse du Bota en faisant une croix sur le groupe qui ouvrait la soirée, Chloë & The Lonesome Cowboy.

Il s’agit d’un duo bruxellois composé de Chloë Nols, une chanteuse à la douce voix magnifique (quoi qu’un peu criarde malgré tout) qui s’accompagne à la guitare acoustique et de Bram Van der Stocken, multi instrumentiste complet qui n’a rien d’un cowboy solitaire (ou alors sa tignasse aurait régalé un indien adepte du scalp). Il aurait appris à jouer de la batterie et du piano pour Chloë (mais il maîtrise aussi la guitare, la basse et le mélodica) alors que sa voix chaude et suave complémente assez bien celle de sa compagne sur les planches.

Avec leurs compositions généralement acoustiques, il s’agit sans doute du duo guitare-batterie mixte le plus calme qu’il nous ait été donné de voir récemment. Rien à voir en effet avec les White Stripes ou Blood Red Shoes. On est ici dans du minutieusement travaillé, souvent crescendo, avec une structure pas toujours conventionnelle. On n’hésitera d’ailleurs pas à caractériser certains arrangements de bizarres ou maladroits. Ceci dit, c’est sans doute aussi ce qui fait leur charme et on ne va certainement pas se plaindre de pouvoir se mettre sous l’oreille quelque chose de différent.

Après son escapade en solo pendant laquelle il a enregistré un album, Fyfe Dangerfield a réactivé le groupe avec lequel il obtient un succès autant critique que commercial depuis le milieu des années 2000. Guillemots a donc enregistré un troisième disque, “Walk The River”, qui foisonne d’idées parfois un peu trop développées (dans la longueur en tout cas), ce qui nuit à la dynamique de la plaque. Mais au vu de la réputation live du groupe, ce n’était pas une raison suffisante pour le boycotter. Pour preuve, leur excellente prestation en ouverture du dimanche aux Ardentes cet été, qui a permis d’illuminer une journée s’annonçant beaucoup trop commerciale…

Sur scène, on remarque surtout la jolie (contre)bassiste Aristazabal Hawkes (toujours aussi pimpante), suivi de l’imposant batteur Greig Stewart (vêtu d’un t-shirt Batman) et du leader qui, lui, arbore une veste multicolore et une imposante barbe. Le guitariste MC Lord Magrão, quant à lui, passe plus inaperçu. En revanche, la maîtrise de son instrument va orienter en grande partie le déroulement musical de la soirée, au même titre que la voix magnifique de Fyfe Dangerfield qui couvre aisément plusieurs octaves.

Leur set va débuter d’une manière assez sage avec une poignée de morceaux plus anciens. Citons pêle-mêle le délicat “If The World Ends” et le très shoegazing “Go Away” (qui se trouvait sur le EP “From The Hills”, celui grâce auquel ils ont commencé à faire parler d’eux). “Made-Up Love Song #43”, qui date de la même époque, va constituer un premier moment de communion avec le public. Mais ce n’est pas avant “Vermillion”, le premier nouveau titre qu’ils vont interpréter, que la soirée ne va réellement commencer. Il faut dire que cette composition intelligemment construite envoûte patiemment l’auditeur et culmine lors d’un break qui rappelle de loin les meilleurs moments de David Bowie.

Juste après, l’excellent “The Basket” va poursuivre dans la découverte des nouveaux titres, mais curieusement, ceux-ci ne seront pas légion dans la set-list. Au contraire, le groupe va se plonger dans un back catalogue certes riche mais qui ne réserve plus aucune surprise et qui va laisser les spectateurs avides de nouveautés sur leur faim. Attention, n’insinuons pas que “Kriss Kross”, “Trains To Brazil” ou “São Paulo” ne sont pas de bons morceaux, mais le fait d’avoir un album à défendre pourrait impliquer une prise de risque un rien plus hardie. Car mis à part deux magnifiques versions acoustiques exécutées par un Fyfe Dangerfield bien en voix (“Dancing In The Devil’s Shoes” et “I Don’t Feel Amazing Now”) ainsi qu’un “Yesterday Is Dead” un peu moins long qu’aux Ardentes, on n’a pas vraiment eu l’occasion de se laisser surprendre. On les a déjà connus plus téméraires…

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