Une interview avec NARCOTIC DAFFODILS

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Il y a encore quelques semaines, les Narcotic Daffodils étaient à la tête du Dynatop, une performance qui mérite d’être soulignée pour un groupe belge qui vient de réaliser son premier album. Music in Belgium a pris le parti de soutenir cette formation pleine de talents et François Becquart a eu l’occasion de rencontrer le 30 septembre dernier deux des musiciens du groupe : la chanteuse Irène Csordas et le claviériste-sitariste Simon Rigot. Voici donc les principaux moments d’une sympathique rencontre à la terrasse d’un bar, par une belle après-midi d’un automne encore très ensoleillé.

Music in Belgium : Irène et Simon, bonjour et merci de nous offrir l’opportunité de cette rencontre qui va nous permettre de mieux faire connaissance et de découvrir les secrets d’un groupe qui a réussi à séduire à l’issue de débuts encore assez récents. Voudriez-vous tout d’abord présenter les musiciens du groupe ?

IRENE CSORDAS : Nous sommes cinq : je chante, Simon est aux claviers, Flupke de Clerq à la basse, Hakim Rahmouni à la guitare et Merlin Fourmois à la batterie.

SIMON RIGOT : Flupke et moi, on a eu l’occasion de jouer dans de nombreux groupes et ça fait près d’une trentaine d’années que l’on hante la scène musicale bruxelloise. Irène, Hakim et Merlin sont plus jeunes et ont des racines en dehors de la Belgique, pour ce qui est d’Irène et Hakim. Irène est d’origine hongroise, Hakim est marocain et tout cela crée chez nous une excellente harmonie du point de vue des influences musicales.

MiB : Deux générations, ainsi que des origines géographiques et culturelles différentes : comment vous êtes-vous associés et qu’est-ce qui a réussi à créer chez vous pareille osmose ?

IRENE : On s’est rencontré au Jazz Marathon en 2009, pour faire une jam. Ça s’est tellement bien passé qu’on a décidé de monter un groupe. On s’est retrouvé le week-end du 16 août 2009, à l’occasion des 40 ans de Woodstock et c’est là que la majeure partie de nos compositions a été écrite, en deux jours.

SIMON : Les premières compositions marquantes, pour être précis, c’était “Go fuck yourself with your cat on the roof”, “Deedoodah”, “Heels” et “Back from Calcutta with Mister Jacky”. On a travaillé sur des idées d’Irène, elle avait des petits fragments.

IRENE : Ils ont jammé sur mes enregistrements et j’ai vécu ça comme un moment extraordinaire, car les idées se sont enchaînées de manière impressionnante, presque magique. On a alors décidé d’enchaîner sur les concerts, c’était notre idée principale, histoire de se faire la main. À la différence des autres, je n’avais pas une grande expérience des concerts et c’était important que je me plonge dans le bain. Le gros épisode marquant a été notre concert à la Place des Palais en mai 2010 (NDLR : festival qui s’est déroulé le 7 mai 2010 devant le Palais Royal, à l’issue d’une sélection pour le compte de “La nuit des lumières”).

SIMON : À la Place des Palais, on a joué tous les morceaux dans l’ordre exact dans lequel ils se trouvent sur l’album, car on a enregistré l’album trois jours plus tard. On a joué à la Place des Palais le samedi et le jeudi suivant, on a enregistré toutes les parties de batterie.

MiB : Vous étiez donc extrêmement bien préparés pour entrer en studio et aboutir rapidement à un résultat. Et où avez-vous enregistré ?

IRENE : En fait, dans la cave de Simon (rires). On a commencé par les parties de sitar et l’orgue Hammond, ainsi que toutes les voix du dernier morceau “The crazy dwarf”. On avait aussi enregistré tous les instruments sur un multipistes dans notre local de répétition.

SIMON : Pour les voix et les chœurs, nous sommes allés dans un vrai studio, celui d’Olivier L’inconnu qui est spécialisé dans les prises de son de rap. Il sait donc très bien faire porter les voix.

IRENE : Le mastering a été réalisé par Paolo Negri, une connaissance de Simon.

SIMON : C’est un ami italien pour qui j’avais enregistré du sitar pour son groupe Link Quartet. Quand je lui ai parlé de notre album, il m’a dit qu’il voulait bien le mixer dans son studio de Piacenza en Italie.

IRENE : On a donc fait cet enregistrement du mieux qu’on a pu avec essentiellement nos propres contacts.

SIMON : Les choses ont également été faites dans le respect des instruments. On n’a pas ajouté d’overdubs ou des effets supplémentaires pour faire moderne. On entend bien les instruments séparément. D’autre part, je tenais absolument à trouver une maison de disques car ça n’a pas de sens de faire un disque et de ne pas le distribuer. Ça nous a pris quelques mois mais c’est finalement Fakto Records qui nous a proposé de le distribuer sur le Benelux mais aussi en Allemagne. On a d’ailleurs eu de très bonnes critiques allemandes au sujet du disque, qui est sorti parallèlement sous format digital au Japon en septembre dernier. C’est une maison de disques japonaise qui me suivait depuis plusieurs années à l’époque d’un de mes groupes précédents qui a été d’accord pour sortir l’album quand elle a écouté les Narcotic Daffodils.

MiB : Justement, d’où vient le nom du groupe ? Comment avez-vous eu l’idée ?

SIMON : C’était lors d’un barbecue, juste le lendemain de notre première rencontre. C’est un de nos amis, poète américain, qui était avec nous et avec qui on a discuté de possibles noms de groupes. On a d’abord penché pour Narcotic Flowers, puis on a évoqué tous les noms de fleurs qu’on connaissait en anglais. Et c’est quand on a cité le nom Daffodils que ma femme a commencé à réciter le célèbre poème de Wordsworth, “The daffodils”, et comme ça sonnait très bien pour les oreilles d’un anglophone, on a choisi Narcotic Daffodils.

MiB : Ça ne veut pas dire pour autant qu’on peut fumer les jonquilles ?

SIMON : Pourtant, les jonquilles ont un pouvoir narcotique. Elles sont de la famille des narcisses, qui a donné son nom à narcotique (NDLR : du grec narké, la torpeur). À l’époque des Grecs, on lui prêtait des propriétés proches de la drogue.

MiB : Y a-t-il une apologie des drogues dans ce nom ?

SIMON : non, pas du tout. En français, le mot narcotique, euh… Si, en fait, il y a une connotation avec les drogues (rires). On dépend tous de toute façon d’une drogue ou d’une autre, le café, l’alcool, le travail, la vitesse, les femmes… On est tous des drogués ! (rires)

MiB : Comment vous êtes-vous partagé le travail entre la musique et les paroles ?

IRENE : La première compo, c’est Simon qui l’a écrite.

SIMON : Oui, c’était “Riding the drag”, le morceau punk psyché de l’album. J’en ai composé le thème et j’ai appelé Flupke pour qu’il écrive des paroles. On l’a répété et joué une semaine après, pour la fête de la musique le 19 juin 2009. C’est un morceau très dans la mouvance des groupes garages américains des années 60, comme les Seeds, les Sonics, les Thirteenth Floor Elevators, les Electric Prunes ou Paul Revere & The Raiders.

MiB : Des groupes excellents. Souhaitez-vous que l’on rebaptise la rue de la Loi en rue Sky Saxon ?

SIMON : Oui, ce serait une idée (rires).

MiB : Simon, puisqu’on parle de Sixties, je voulais savoir quelles étaient tes influences, car tu as quand même une carrière qui remonte à assez loin, au groupe Bernthøler au début des années 80.

SIMON : Mon influence, à la base, ce sont les Beatles et les Beach Boys. Ce sont les premiers groupes rock que j’ai bien connus quand j’étais tout gamin. Je me souviens bien du 45 tours de “Yesterday” que ma cousine venait d’acheter, quand j’avais quatre ou cinq ans. Et puis ça a été “Help”, “Sergent Pepper”, “Abbey Road”, l’engrenage. Mais dans les années 70, c’était plutôt Deep Purple que j’écoutais.

MiB : On le sent dans ton style aux claviers, tous ces groupes à orgue des Seventies, comme Uriah Heep, Emerson Lake & Palmer.

SIMON : Plus tard, j’ai redécouvert des groupes seventies antérieurs, comme Steppenwolf ou Vanilla Fudge. Puis je suis encore remonté plus loin pour en revenir au garage punk des années 60 dont je parlais : Paul Revere, les Sonics. Et c’est par ce biais que je me suis familiarisé au psychédélique. Pour moi, le psychédélique, c’est d’abord et avant tout du rock n’ roll, ce qui est souvent oublié par de nombreux groupes psychédéliques contemporains. Même chez Pink Floyd, il y a un certain aspect rock ‘n’ roll. Un titre comme “The Nile song” sur l’album “More” de 1972 flirte même carrément avec le hard rock. À l’époque où je jouais dans Bernthøler, au début des années 80, j’avais un synthé mais on restait quand même en marge des courants habituels de cette époque. Nos enregistrements de 1984-85 ne sont sortis sur disque qu’au début des années 2000 mais on sent beaucoup de choses en provenance de King Crimson ou d’Emerson, Lake & Palmer, paradoxalement. Il y a eu une scission entre d’un côté, le batteur, le bassiste et moi et de l’autre la chanteuse et le guitariste, qui n’étaient pas du tout intéressés par cette approche. C’est pour cela qu’on a arrêté le groupe, d’ailleurs. Pour la petite histoire, le bassiste de l’époque est le père de Merlin Fourmois, notre batteur.

MiB : Et tes influences, Irène ?

IRENE : À l’adolescence, j’écoutais plutôt de la soul. J’ai eu ma période rock, j’ai eu ma période jazz aussi. Les artistes, c’était Nina Simone, Radiohead.

SIMON : Il n’y a pas un artiste que tu es honteuse d’avoir aimé ?

IRENE : Si c’est honteux, je ne le dirais pas (rires). Un groupe que j’aime actuellement, c’est Caribou. C’est un mélange d’électro, de planant, de psychédélique, phénoménalement orchestré, un son extraordinaire.

SIMON : On a été sidéré par leur concert aux Nuits Botanique en mai dernier. On pourrait les rapprocher de vieux groupes psyché pop US comme Left Banke. Le leader de Caribou a d’ailleurs reconnu dans des interviews qu’il ne reniait pas du tout cette influence.

MiB : Comment percevez-vous la scène : un défouloir, un moment de bonheur, un affrontement ?

IRENE : Exactement, ce sont les mots. C’est une lutte car il faut parfois s’accrocher pour convaincre le public. Il faut les regarder dans les yeux, balayer la foule du regard, la prendre. Je considère ça à la fois comme un défouloir et une prise de pouvoir, une séduction et ça constitue l’extase pour moi. Je sens que quand il y a une période sans concert, je suis un peu déprimée, je suis en manque.

SIMON : Cette année, on a été servi en concerts puisqu’on a commencé fin février et on n’a pratiquement pas arrêté jusqu’au mois d’août, puis on recommence le 1er octobre jusque fin novembre. On jouera notamment le 28 octobre à l’Os à Moelle à Bruxelles, avec un groupe que l’on trouve excellent, les Abelians. Ils sont plus jazz que rock mais on reconnaît chez eux des influences Pink Floyd, Soft Machine, Gentle Giant. On joue à la Porte Noire le 10 novembre et le 26 novembre au DNA, dans le cadre d’un festival de groupes qui ont au moins une femme dans leurs rangs.

MiB : Comment voyez-vous le rock belge ? Sa force par rapport à ses voisins ?

IRENE : Je pense comme d’autres que la scène rock belge est en train de fleurir et qu’on déniche beaucoup de groupes qui ont une couleur différente dans leurs styles musicaux et leurs morceaux. Il y a un bel avenir pour les groupes belges.

SIMON : Ce que je ressens personnellement au niveau de la comparaison entre les groupes flamands et les groupes francophones, c’est que les groupes flamands ont un niveau supérieur. Il y a aussi souvent en Flandre le public qui fait la différence. Les gens vont voir un concert parce que c’est dans une salle où ils ont l’habitude d’aller, peu importe qui joue. Le public wallon préfère voir des groupes connus. C’est un problème qui m’a été expliqué par le patron du Spirit Of 66 de Verviers, Francis Géron. Les gens viennent parce que c’est tel groupe et pas parce que c’est le Spirit. D’où des soirs où c’est plein à craquer et le lendemain il y a dix personnes.

MiB : Vous avez été numéro un au Dynatop de Music In Belgium. Vous devez être heureux, non ?

SIMON : On est super contents de ce résultat, qui est le fruit d’un certain bouche à oreille. Je t’avouerais qu’on a fait circuler la chronique que tu as écrite via Facebook ou autre. C’est la règle du jeu : on envoie notre disque à des chroniqueurs. Si la chronique est bonne, on en parle ; si elle est mauvaise, on la met au placard (rires). Il y a eu une polémique avec le journal flamand Riff Raff qui a décrit notre disque comme un mélange de funk, de musique ethnique et de britpop ! Ils ont rajouté qu’on ne savait pas très bien où on voulait aller et que nous jouions des morceaux à chaque fois différents. On voit bien que le journaliste ne connaissait pas les Beatles qui, à partir de l’album “Revolver”, n’ont plus jamais fait deux fois le même morceau. C’est bien dans la tendance de la musique actuelle que de considérer comme une qualité le fait de faire douze fois le même morceau. Pour en revenir au bouche à oreille, ce qui a valu pour notre album a aussi été très important lors de notre show à la Place des Palais, puisqu’on a été présélectionné à l’issue d’un vote pour lequel on avait mobilisé tous nos amis et relations. On a ainsi terminé deuxième sur 36 candidats. Les groupes oublient parfois qu’il ne suffit pas de faire de la bonne musique, il faut aussi la faire connaître.

IRENE : C’est vrai que du point de vue de la promotion, il y a un fossé entre la création pure et ce que j’appellerais la corvée de devoir démarcher les organisateurs de concerts, les maisons de disques, les médias. C’est un boulot qui est antinomique par rapport à la nature profonde de l’artiste et ça crée des tensions, même entre les membres du groupe qui sont à l’aise dans la communication et ceux qui le sont moins.

SIMON : J’ajouterais que le sens de la communication d’Irène se manifeste surtout sur scène, où elle est capable de capter les gens. Son sens de la scène s’est affûté avec le temps, surtout à l’occasion de nos déplacements à l’étranger. On a été jouer en Angleterre, en Italie, aux Pays-Bas et on commence à être parfaitement en osmose sur scène, à savoir quand il faut dire telle ou telle chose pour agripper le public, à interagir entre nous. On le voit bien à la sortie des concerts : les gens achètent nos disques avec enthousiasme.

MiB : Quels sont vos projets d’avenir ?

IRENE : Ça s’annonce assez différent.

SIMON : Il y a quand même une certaine continuité mais je crois que sur le premier album, Irène a fait beaucoup de concessions par rapport à ses idées de base, qui ont été influencées par notre son, alors qu’elle est beaucoup plus attentive maintenant à faire respecter l’esprit original des nouvelles compositions qu’elle apporte. C’est ce que l’on peut déjà ressentir sur notre seul nouveau titre pour le moment, disponible sur Internet et qui s’appelle “Weathered”. C’est un morceau proposé par Irène et qui est resté pour ainsi dire intact par rapport à la version de base.

IRENE : Ce morceau est assez soul mais les nouvelles compositions ne reflètent pas toutes cet esprit soul. On retrouve autre chose, même si notre orientation reste toujours planante et bien rock.

SIMON : En fait, la voix d’Irène fait office de fil rouge. C’est notre marque de fabrique. Si on faisait une valse ou une polka avec sa voix, ce serait sa voix, sans aucune altération, avec tout son caractère. Sur le deuxième album qu’on enregistrera sans doute l’année prochaine, on retrouvera toujours sa voix, et probablement moins de cette influence seventies qui était assez prégnante sur le premier album. Ce n’est pas que l’on veuille délibérément s’en écarter mais c’est dû au fait qu’on évolue.

IRENE : On a une énorme envie d’expérimenter d’autres choses et tous les membres du groupe ont envie d’explorer d’autres directions. Mon rêve serait de faire à chaque fois des albums différents avec des chansons différentes.

MiB : Ne craignez-vous pas que cette tactique ne déstabilise votre noyau de fans, qui ne sauraient plus à quel saint se vouer face à des changements multiples et permanents ?

IRENE : Je pense qu’on a fait à la base la musique qu’on aime et qu’on a convaincu parce qu’on est convaincu et tant qu’on restera sur la voie de la conviction, le public suivra.

SIMON : On cherche d’abord à se faire plaisir nous-mêmes et notre plaisir, c’est de se renouveler. Déjà, sur tous les morceaux du premier album, il n’y en a plus que quatre que l’on joue tels quels sur scène.

IRENE : Je pense que ce que les gens recherchent aujourd’hui, c’est quelque chose de particulier, des choses qu’ils n’ont pas forcément déjà entendues. L’oreille des gens devient habituée à des styles plus différents et petit à petit, ce genre de musique décalée entre dans certaines vagues qui sont un peu plus populaires maintenant.

MiB : J’ai une question sur les reprises. Vous ne faîtes pas de reprises mais utilisez-vous des morceaux d’autres artistes pour trouver un terrain d’entente commun lors des répétitions, pour accorder vos instruments ?

SIMON : La reprise est un tabou chez nous.

IRENE : Ça n’existe pas, c’est hors de question.

SIMON : Après le concert de Caribou, j’ai eu le malheur de proposer à Irène que si un jour, on devait faire une reprise, ce serait bien une reprise de Caribou mais elle m’a tout de suite arrêté et m’a dit “Non, interdit”. Je suis tout à fait d’accord mais je dois admettre qu’on en a bouffé, de la reprise, avec nos anciens groupes, ainsi que les groupes d’Irène.

IRENE : Il n’y a que lors de notre toute première jam où on a fait des reprises, et j’étais vraiment soulagée quand on a pris comme parti de ne plus jamais faire de reprises.

SIMON : De mai 2009 à janvier 2010, on n’avait pas assez de morceaux pour faire un set complet et on a fait quelques reprises. La dernière fois qu’on a fait une reprise, c’était “She’s not there” des Zombies ainsi que “Don’t let me be misunderstood” des Animals. Après ce concert de janvier 2010, Irène nous a proposé de ne plus faire de reprises et on a tous dit oui. Pour nos compositions originales, Irène écrit tous les textes et Flupke écrit les textes de ses chansons. Pour le prochain album, même le batteur a composé son morceau, donc tout le monde aura mis la main à la pâte pour le nouveau disque. Pour un titre comme “Happens all the time” par exemple, Flupke me jouait une bribe de morceau depuis au moins trois ans, mais à l’époque, dans le groupe où on était, ce genre de mélodie ne correspondait pas à notre style. Par contre, quand on l’a retravaillé avec Irène, il tombait sous le sens. En général, c’est Flupke qui trouve l’idée d’un couplet et d’un refrain et c’est moi qui mets ça en musique. Notre méthode d’écriture repose sur des petites couches superposées, des idées de base qui évoluent en fonction de l’apport de chacun. Et c’est ensuite Irène qui ajoute sa voix sur le résultat, en fonction de la musique qui a été faite.

MiB : Et au niveau des thèmes, de quoi parlez-vous dans vos chansons ?

IRENE : C’est assez gênant (rires). Ça parle surtout de conflit intérieur, de manipulation, de pouvoir sur des individus, sur des masses, ou sur les relatons humaines en général.

MiB : Et le Mister Jacky de “Back from Calcutta… with Mister Jacky” ?

IRENE : Je sais parfaitement à qui il se rapporte, mais je ne dirai rien (rires).

SIMON : Par contre, Calcutta est la ville d’origine de mon professeur de sitar. J’avais composé une introduction au sitar et j’ai eu l’idée d’intégrer cette intro avec le début du morceau “Mister Jacky”, qui était un titre entièrement composé par Irène, musique et paroles comprises. J’ai d’ailleurs donné le disque à mon prof de sitar. Il était très touché mais a quand même trouvé l’occasion de me dire que j’avais commis quelques fausses notes avec le sitar (rires). C’est un instrument effectivement très difficile à jouer car les Indiens sont capables de sentir des notes d’un neuvième de ton, ce qui est totalement hors de portée de nos oreilles occidentales. Il suffit d’une petite poussée un peu déplacée des doigts sur le manche et tout de suite, l’instrument se désaccorde.

MiB : Merci, et avec tout cela, je pense qu’on a toutes les raisons de mieux vous connaître et de partager les moments futurs de vos prochains travaux.

IRENE ET SIMON : Merci à toi.

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