Ballade danoise, Jacob Bellens à la Rotonde

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Quand les lumières se sont éteintes sur l’entrée de Frederik “Lyenn” Jacques, seules une trentaine de personnes étaient présentes dans la salle de la Rotonde pour l’applaudir. Habillé d’un pull marin, mèches tombantes devant les yeux, c’est sobrement que Lyenn fait son entrée sur scène pour présenter son deuxième album solo dont la sortie est prévue dans les prochains mois. Cet album sera son deuxième, après le très bon “The Jollity Of My Boon Companion” sorti en 2009 pour lequel Lyenn avait fait appel à une myriade de collaborateurs (Marc Ribot, Ches Smith, Sam Amidon, ou encore Jolie Holland) et l’EP “Vowels Fade First” datant de 2011. Le chanteur, multi-instrumentaliste, a la bougeotte et multiplie les projets aux multiples facettes. Connu pour être le bassiste du groupe de jazz garage Dans Dans, il s’est aussi montré aux côtés de Mark Lanegan, voix des Queens Of The Stone Age, pour qui il assurait une double fonction : les premières parties en solo déjà, et l’instru pendant les concerts.

C’est donc bien Lyenn solo que l’on retrouve ce soir, pour un show minimaliste et intimiste. Il faudra attendre le deuxième titre “One More Time” pour que le concert se lance vraiment et que la magie opère, grâce notamment à un superbe jeu de lumière : quelques couleurs et effets de spots bien sentis donnent une chaleur et une profondeur aux notes du chanteur et accompagnent parfaitement le voyage du soir. Alors que les titres s’enchaînent, lui qui est souvent comparé à Jeff Buckley va nous apparaître comme un cousin de Bony King Of Nowhere, captivant l’attention des quelques chanceux présents. L’homme qui déclarait vouloir déclencher des émotions par le chant, a réussi son pari. Il finira par un point d’exclamation avec “Seeds And Semen”, où ses cris finiront d’asseoir la salle confortablement.

Le temps de nous rafraîchir (et à une vingtaine de personnes de se rajouter) et c’est Jacob Bellens et sa bande (Jakob Høyer à la batterie, Jakob Falgren à la basse et Tobias Mynborg à la guitare et au synthé) qui font leur entrée. Le chanteur arbore une casquette de routier, un sweat capuche ouvert sur un t-shirt et une barbe bien fournie ; ambiance casual pour la présentation de “Polyester Skin”, sa dernière création solo sortie chez HFN Music (Reptile Youth, Trentemøller) produite par son ami Kasper Bjørke.

Jacob Bellens se démultiplie lui aussi : que ce soit en tant que membre du groupe Murder, ou comme chanteur pour I Got You On Tape, c’est près d’une dizaine d’albums qu’il a à son actif, sans compter ses nombreuses collaborations. Le gagnant du Music Critics’ Award de 2011 dans la catégorie chanteur de l’année ouvre son set avec “Heart Of Africa”, issu de son premier album “The Daisy Age” de 2012, début en douceur, maîtrisé.

Ce seront les premières notes, plus pop, de “Caught In A Kiss” qui lanceront la soirée et le déhanché tranquille du bassiste. L’enchaînement avec “Ace Of Spades”, résolument 80’s permettront à Tobias de se chauffer les doigts sur le synthé, et d’embarquer le public avec eux. Les têtes commencent à bouger, les pieds tapent le parquet en rythme. La route d’été un soir au coucher de soleil est à portée de mains.

“Behind The Barricades” sera le sommet du show de ce soir, où Jacob le bassiste et Jacob le chanteur/pianiste tiendront la salle en haleine jusqu’à un solo de Tobias à la guitare, délicieux ! Le Danois va nous balader entre ses différents albums et EP pendant plus d’une heure, pour un show tout en simplicité et efficacité, pour le bonheur des privilégiés du soir. Heureux les heureux !

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