Joan As Police Woman : death is not the end

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Qui dit Pâques dit mort et résurrection. Si de mort, il en est beaucoup question sur “Damaged Devotion”, l’excellent nouvel album de Joan As Police Woman, la résurrection de son auteure a bien eu lieu ce lundi 2 avril au Botanique. Une soirée entamée sous le signe de la délicatesse via And Then Came Fall, un duo mixte originaire de Leuven qui allait bercer les oreilles d’un public encore assez clairsemé. Piano et guitare(s) accompagneront ainsi la prenante voix soul d’Annelies Tanghe, dont les boucles d’oreilles en forme de cymbales agrémentaient aussi involontairement que subtilement les parties plus calmes.

Acoustiques mais pas trop, leurs compositions dirigées de main de maître par la six cordes du rouquin Sam Pieter Janssens prennent vie sur scène, au même titre que leur cover toute personnelle du “Love Of The Common People” popularisé par Paul Young au début des années 80. Une belle manière de fêter les deux mois de leur premier effort éponyme.

Deux mois, c’est aussi le laps de temps qui s’est écoulé depuis la dernière visite de Joan As Police Woman en Belgique, à l’occasion d’un showcase exclusif et en solitaire Chez [PIAS]. C’était la veille de la sortie de “Damned Devotion”, le sixième album du projet de Joan Wasser, sans doute le plus personnel de sa discographie. Le plus sombre aussi car les textes qui le composent tournent autour de la Grande Faucheuse. Ses deux papas (le biologique et l’adoptif) ont en effet rejoint l’au-delà depuis “The Classic” et cet album leur est dédié, ainsi qu’à la mémoire de Lou Reed.

Quoi qu’il en soit, la voix de la chanteuse sied à merveille à ce type d’atmosphères mélancoliques comme le démontrera d’entrée de jeu “Wonderful”, premier sommet envoûtant de la soirée. Mais “Warning Bell” et “Tell Me”, dans la foulée, vont emmener le public dans des contrées captivantes dont elle seule connaît le chemin. Elle seule ? Pas tout à fait…

Car pour cette tournée, elle s’est entourée de quatre musiciens hors pair (elle le répètera suffisamment) dont Parker Kindred, batteur pince-sans-rince à la succulente répartie, qui a également participé à la confection et la production de l’album. Tout ce petit monde arbore une veste de baseball brune à l’effigie du projet, disponible au stand merchandising pour la modique somme de 90 EUR. Une façon de quasiment devenir un membre du groupe, blaguera une Joanne Wasser prolixe comme à sa bonne habitude et jamais loin de son travel mug de thé.

Ceci dit, lorsqu’ils se concentrent sur leur sujet, on assiste à des moments magiques, notamment grâce à une réorchestration des compositions qui vont se voir transcendées (le somptueux “What Was It Like” qui nous arrachera des larmes, “Talk About It Later” aux généreux chœurs, “Silly Me”). Mais “Valid Jagger” (et son clin d’œil de circonstance au lapin de Pâques) ou un “Rely On” nerveux malgré l’absence de guitares mériteront également une mention. Finalement, seuls “Honor Wishes” et “Human Condition”, moins percutants, apporteront un léger bémol à une prestation exemplaire majoritairement basée autour de “Damned Devotion”.

À ce propos, une version groovante et hyper prenante de “The Silence” (qui verra enfin l’immense piano à l’arrière de la scène utilisé), dernier extrait non encore joué dudit album mettra un terme au set principal et verra les musiciens quitter un à un la scène. Joan reviendra dans un premier temps seule pour un dépouillé “Forever And A Dream” avant que ses camarades de jeu ne la rejoignent et ne confèrent une vibe à la fois soul et sexy à un “The Magic” particulièrement réussi. Quant à sa cover cabaret jazzy du “Kiss” de Prince, on vous laisse imaginer le traitement qu’elle lui a réservée. Alléluia !

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