Nuits du Bota 2018 : Lucy Dacus tacle Ought

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L’an dernier, lors des Nuits du Bota, Tim Darcy ouvrait le chapiteau pour
Angel Olsen
. Ce mercredi 2 mai, il se produisait avec Ought en tête d’affiche de l’Orangerie en support de “Room Inside The World”, leur nouvel album. Mais c’est Lucy Dacus qui leur a volé la vedette. L’échauffement avait été confié à Hater, des Suédois dont le nom ne colle pas vraiment avec la vision poppy de leurs compositions. Celles-ci se situent quelque part entre Intergalactic Lovers (les arrangements lumineux) et les sous-estimés Dear Reader (la voix sucrée de la chanteuse blonde). Mais malgré un bassiste sosie de Kurt Cobain, l’ensemble reste assez inoffensif et linéaire.

Cette entrée en matière pour le moins mitigée allait pourtant amplifier la claque que l’on était sur le point de recevoir. Malgré un look improbable (davantage Nana Mouskouri que PJ Harvey) et une timidité que l’on imagine maladive, Lucy Dacus va nous bluffer à l’occasion de sa première venue à Bruxelles. L’auteure-compositrice qui fête ses 23 ans ce soir a sorti en début d’année “Historian”, un somptueux deuxième album partiellement inspiré d’une rupture sentimentale foireuse, élu notamment Album of the Week de l’avant-dernière édition papier du NME.

Délicatement entamé avec un dépouillé “Historians” enchaîné au savamment construit “Timefighter”, son set va sans surprise abondamment puiser dans cette nouvelle plaque et progressivement nous envoûter. Il y a sa voix, bien entendu, mais le guitariste barbu à sa droite va lui aussi se révéler essentiel. Sans compter sa faculté à composer des bombes prenantes à souhait (le bien nommé “Addictions” ou le futur tube “Nonbeliever”) et ses textes empreints de mélancolie (“Yours & Mine” “about being heartbroken dead”, précisera-t-elle, le magnifique “Night Shift”). Finalement, c’est elle qui nous a offert son cadeau d’anniversaire.

Après la parenthèse en solitaire de Tim Darcy, les Canadiens de Ought se sont retrouvés pour enregistrer leur troisième album, “Room Inside The World”. Un album moins glacial que d’habitude et nettement plus axé sur les mélodies que par le passé. Une cassure qui se révèlera frappante lorsque le groupe se lancera dans un endiablé “Men For Miles” après une vingtaine de minutes et une poignée de nouveaux titres dont un léger “Into The Sea” et un “Disgraced In America” qui a l’air de faire le lien entres les incarnations les plus récentes des Strokes et d’Editors.

Ceci dit, le leader reste pareil à lui-même. Immense homme élastique maigrichon à la voix grave et saccadée, il porte ce soir une élégante chemise rouge qui matche parfaitement avec le rideau à l’arrière de la scène. On aurait peut-être préféré qu’il se démène devant une structure métallique dans l’espoir que les nouveaux titres en prennent la froideur. Encore que, “Take Everything” sort du lot et vient timidement titiller les classiques “Habit” et “Beautiful Blue Skies” qui ont illuminé le milieu d’un set ponctué par un “Alice” presque psyché…

Les rappels mettront en exergue deux extraits de leur premier album, les nerveux “Today More Than Any Other Day” et “The Weather Song” parfaitement adaptés au phrasé parlé de Tim Darcy. Un final qui nous replongera avec nostalgie à la
Rotonde
un soir d’avril 2016. On les préfère nettement dans leur uniforme post-punk…

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