David Eugene Edwards & Alexander Hacke, les deux font la paire

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Lorsque David Eugene Edwards, tête pensante de 16 Horsepower et de Wovenhand s’associe à Alexander Hacke, guru d’Einstürzende Neubauten, cela donne “Risha”, un projet hors des sentiers battus qu’ils sont venus brillamment défendre à l’Orangerie du Botanique. Les Bruxellois de Shoeshine étaient chargés de lancer la soirée et ils l’ont fait en plongeant tête la première dans un environnement nineties aux multiples influences. Le trio guitare-batterie-machines emmené par un massif chanteur barbu à la coiffure pour le moins originale passe en effet du grunge au metal en empruntant des pistes noise et shoegaze tout en privilégiant un esprit mélodieux. Ce sont d’ailleurs les morceaux les plus travaillés et à la fougue canalisée qui sortent du lot.

Entre la fin de la tournée de Wovenhand (qui a fait escale à l’OLT Rivierenhof en juillet dernier) et le début de celle d’Einstürzende Neubauten, David Eugene Edwards et Alexander Hacke ont bloqué leur agenda pour donner vie à “Risha”, l’album qu’ils ont enregistré ensemble à Berlin. S’ils se connaissent depuis une éternité, les deux artistes n’ont toutefois commencé à collaborer que récemment, notamment sur “American Twilight” de Crime & The City Solution en 2013. Mais ici, ce sont exclusivement leurs univers qui se confrontent, antagonistes et à la fois tellement complémentaires.

Ils se produisent d’ailleurs sans aucune aide extérieure sur scène. Pour autant que l’on ne puisse appeler l’immense console derrière laquelle le Berlinois prend littéralement son pied une aide extérieure. Il en sort en effet des sons électroniques d’une richesse insensée qui complémentent parfaitement la guitare et surtout la voix envoûtante de son camarade de jeu, qui se posera délicatement sur “Triptych”, l’intro de la plaque et du concert via un micro vintage tout droit sorti des fifties.

L’ami David, sorcier chamanique dont les incantations et les cris épars introduiront un angoissant “Kiowa 5”, sera pareil à lui-même. Arborant une tenue hippie dont le bandana et les lunettes à la Poncherello ne seront que la face visible de l’iceberg, il ne dépareille pas à côté d’Alexander dont la stature et la big moustache renvoient au regretté Lemmy. Un peu plus tard, il laissera tomber sa veste en cuir, laissant apparaître une chemise rouge vif et des avant-bras généreusement tatoués.

Si “Risha” laisse à notre grand dam un goût de trop peu malgré des écoutes répétées, sur scène, en revanche, les compositions se dévoilent pleinement et atteignent une stature insoupçonnée qui dépasse allègrement la somme du talent des deux gaillards. Prenez “Parish Chief” et “The Tell”, par exemple, dont les versions survitaminées feront presque oublier les spots aveuglants qui finiront par créer deux tranchées dans l’Orangerie. Un peu plus tard, l’inquiétant “Helios” introduira “All In The Palm” et “Akhal”, glacial final hypnotico-bordélique adouci par des sons synthétiques d’un autre âge.

Après “Huttering Mile” au milieu du set principal, les rappels réserveront une seconde surprise aux fans de 16 Horsepower via un “Straw Foot” au riff entêtant et à la vision dansante (Alexander ne se privera d’ailleurs pas). Dans la foulée et introduits par des sons propices à la méditation, “Breathtaker” emmènera une dernière fois le public dans les délires du chanteur à la gestuelle appuyée pendant que son compère affolait le décibelomètre. Quand ces deux-là s’y mettent…

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