Bob SEGER… le retour !

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Onze ans ! Onze ans qu’on l’attendait. Le rocker du Michigan a décidé d’élever sa marmaille pendant tout ce temps et nous, on glandait désespérément… Ce ne sont pas quelques aménagements du back catalogue (Best of et B.O.) ni un concert par ci par là, qui ont donné le change.
Question inévitable : que reste-t-il de nos amours Bobby ? Après tout ce temps ???
Je vous rassure immédiatement, la surprise est totale, je dirais même colossale ! A soixante et une berges, le gaillard est encore vert et sa musique toujours explosive. Que cela soit dans les balades ou dans les titres heavy, le ton et le style inimitables du bonhomme font mouche. On notera, à la première écoute, le dépouillement et l’efficacité musclée de l’ensemble.

Finis les nappages un peu collants de claviers lourds, exit les fioritures des quinze soli de lead au décibel carré, tout ici est senti, direct et la voix magnifique du motard barbu domine admirablement son sujet. Cet opus qui fera date a été enregistré dans sa quasi-totalité, à Nashville, ceci explique peut-être cela. Je note la classe énorme des choristes du cru : Laura Creamer, Shaun Murphy, Bernie Barlow, Leslie Mils et… Bekka Bramlett, la dream team du background !

Une entame ravageuse, lourde et tonnante « Wreck This Heart », comme au bon vieux temps du rock and roll, intro à la ZZ Top, gros son cadré directement dans les baffles, ça y est, la magie opère, le bonheur revient instantanément, on jouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit !!! Ca donne envie de se taper le flacon de Jack Daniels et d’ameuter les voisins pour une party d’enfer…

Et voici « Wait For Me » la balade, gentille, douce, superbement aérienne. Bien sûr qu’il y a du « Against The Wind » là-dedans, et alors, ça gêne ? Ce gars chante tellement bien qu’on ne peut qu’être d’accord avec ce qu’il dit ! (Ouh ! Les chœurs ! C’est magnifique).

Le titre éponyme « Face The Promise » est une merveille du genre. Gimmick d’intro parfait, récurrent comme une signature du Silver Bullit, voix divine, rythmique démoniaque et chorus déments ! Que voulez-vous que je vous dise, je ne trouve plus les qualificatifs et je ne parle pas des lyrics convaincants pas même bondieusards.

C’est reparti pour la balade à tomber là. Du pur Seger intemporel comme on l’aime, avec ses montées en puissance vocale à donner des frissons. « No Matter Who You Are » ça te file l’envie de prendre immédiatement un billet d’avion pour l’Arizona ou le Colorado et de regarder, au soleil couchant, l’ombre projetée des Harley sur les parois des grands canyons (hum, parfois, j’aime mon style…)

« No Matter Who You Are » et la voix crue, presque rugueuse du beau Bob rappellent inévitablement les grandes heures brillantes des années quatre-vingt, avec ce zeste de conviction (sans avoir l’air d’y toucher) qui emporte immédiatement l’adhésion. « Are You » particulièrement dense évoque avec intelligence le problème de la surconsommation et des nouvelles technologies d’achat. Surprenant de la part d’un homme qui fit l’apologie des gros cubes, en son temps… Mais ne boudons pas notre plaisir.

Comme son nom ne l’indique guère « Simplicity » c’est du béton. Le gros son funky d’antan revient au galop. Rien à jeter là-dedans. Cela doit sonner un max sur scène. Quadrillage parfait des cuivres, drums (Eddie Bayers) et percus (Eric Darken) tuent-la-mort ! Un petit coup de sax bienfaiteur (Jim Hoke) sur une giclée de lead-guitar (Brent Rowan), on se croirait revenu en plein « Live Bullit » ou dans le crépitement des spolights de « Night Moves ».

Le pic de l’album est atteint avec « No More » grandiose, digne de rester dans les annales écologiques comme le cri d’un père avant le désastre. Grand orchestre à cordes, backgrounds « cathédralistiques » et tout le toutim, pas regardant l’ami Bob, c’est beau, fort, grand, immense… On dirait que Phil Spector est passé par là !

Bien, puisqu’il faut en parler, allons-y : «Real mean Bottle » (compo de Vince Gill) c’est la rencontre de deux clones : Kid Rock le Seger d’aujourd’hui, même direction, même profil créatif, même punch et le vieux Bobby qui assure totalement dans ce titre qui rappelle inévitablement la puissance rythmique de « Betty Lou… ». Entre nous, avec « No More », on touche là à deux chansons hors normes.

« Wont Stop » et « Between » ont du coffre dans leur aspect décalé, ce côté incantatoire et déchiré qui émeut et force le respect quant à leur puissance évocatrice. Et toujours la veine écolo qui revient : « Beween what is dead and what is green/We learn what to keep and what to burn ». Je vous passe les soli de guitare fabuleux (Kenny Greenberg). Ce martèlement a du sens et, finalement, on en prend plein la tronche, nous les légers, peu soucieux du coin on jette sa cannette ou où on écrase sa clope. Bien fait pour notre pomme.

Le duo avec Patty Loveless apporte l’indispensable et légitime touche country qu’on perçoit en filigrane à travers toute l’œuvre de Bob Seger. Normal, on est à Nashville quand même ! Superbe chanson, harmonies délicieuses et arrangements sans concession. « The Long Good Bye » clôt avec une sincérité touchante un album parfait. Bob Seger s’est fendu de tous les instruments dans un titre que ne renieraient ni Bruce Springsteen, ni Neil Young, c’est réellement émouvant car cette chanson confine à l’universalité. Le mouvement des départs et des retours, comme le balancier du temps ou le flux des marées, nous construit ou nous étouffe, nous transporte ou nous arrête mais nous fait vivre et vieillir.

Thanks for all, good job, Bob !

DD

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