Kraken Metal Rock Fest 6: belles découvertes au Zik-Zak

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C’est toujours un bonheur de retrouver Sylvie et Thierry et leur sympathique festival rock/métal dont la 6e édition se tenait le 4 mai dernier au Zik-Zak (pour la deuxième année consécutive). Parmi les spectateurs présents, un tas de têtes connues, ce qui prouve encore une fois que ce festival organisé avec des faibles moyens et beaucoup de bénévolat a su fidéliser son public qui forme désormais une grande famille. Les festivaliers étaient venus des deux côtés de la frontière linguistique, mais aussi de France et même de Suède. Tout cela pour faire la fête en musique.

Ayant malheureusement raté le groupe belge Cellar Twins qui ouvrait les festivités, tout ce que je peux vous en dire, c’est que les collègues présents m’ont rapporté que les Namurois avaient fait mouche avec un set mi-rock, mi-métal. Une affaire à suivre donc.

Pour moi, la journée commence donc avec le groupe français de metalcore/death IanWill et ses envolées puissantes et incisives. Au chant, je reconnais l’impressionnante Audrey Ebrotié que j’avais découverte jadis dans son ancien groupe Diary Of Destruction. Ce furent donc d’heureuses retrouvailles, avec une musique musclée mais malgré tout encore relativement mélodique. Audrey utilise surtout le chant en mode growl et un tout petit peu de chant clair. Les titres présentés figureront sur le premier album du groupe qui sortira d’ici quelques mois. En discutant avec d’autres festivaliers, j’entends que certains regrettent qu’Audrey ne nous fasse pas profiter davantage de son très joli timbre en voix claire et il est vrai que les passages en voix claire étaient ma foi très plaisants.

Le festival a bien trouvé ses marques dans les installations du Zik-Zak et propose, comme l’an passé, de quoi se sustenter sur place. Qui plus est à des prix très démocratiques!

Après m’être désaltéré, je suis prêt à shooter le groupe suivant, les Belges de King’s Rage, originaires de Quaregnon, qui proposent une musique métal de type stoner. Malgré des lumières pour le moins difficiles, le groupe fait tout ce qu’il peut pour assurer après la claque mise par IanWill. Les musiciens ne sont pas manchots et le chanteur Ludo défend avec conviction les compositions du groupe. On sent bien que les membres de la formation sont des artistes avec une certaine expérience, mais je ne peux me défaire de l’impression que le groupe se cherche encore un peu. À suivre donc…

Après la traditionnelle pause technique – rappelons qu’il n’y a qu’une seule scène et qu’il faut démonter et remonter le matériel entre chaque groupe – je me réjouis à l’idée de découvrir l’univers musical de Penumbra. Plus d’une fois j’ai entendu chanter les louanges de ce groupe, mais sans jamais parvenir à trouver une date qui me convienne pour aller les voir. C’est à présent chose faite.

Sur scène, je découvre un groupe injustement méconnu qui nous régale de sa musique que l’on peut qualifier de métal gothique intégrant des éléments classiques comme des chants masculins growlés et féminins tirant vers le lyrique, mais aussi des choses plus inattendues comme des choeurs grégoriens, cornemuses, etc. La prestation de la nouvelle chanteuse Valérie Chantraine est plus que convaincante. Quant au chanteur Jarlaath, il nous fait aussi le surprise de jouer du hautbois. Bref, Penumbra est une très belle découverte de cette 6e édition. Mon petit doigt me dit qu’il ne faudra pas bien longtemps avant que je me procure la discographie complète de ce groupe qui gagne à être connu!

Le programme continue avec un groupe belge qui nous replonge dans l’ambiance très classic rock des années ’70. Emmené par ses deux membres fondateurs, l’énergique et talentueuse chanteuse Caro et le guitariste Luc Van Dessel, le groupe Scarved sévit sur les scènes de Belgique et d’ailleurs depuis 2013, pour la plus grande joie des nostalgiques de la grande époque du rock. Avec deux albums à son actif, le groupe a réussi à entrer dans les charts belges pour la première fois avec la ballade «Heart Of Rock & Roll». En 2019, le groupe change de section rythmique avec l’arrivée de Kjell De Raes à la batterie et Vincent De Laat à la basse. Ces derniers ne sont pas vraiment des inconnus puisqu’ils ont accompagné le groupe belge Circle Unbroken dans ses derniers concerts en date. Pour avoir eu l’occasion de voir Scarved au défunt festival Road to Rock en octobre 2016, je connaissais le potentiel et l’énergie de ce groupe sur scène. Un groupe très à la hauteur, auquel il ne manque qu’un ou deux succès populaires pour asseoir sa notoriété et atteindre le statut qu’il mérite au sein de la communauté des artistes belges.

En tout cas, le public du Kraken n’aura pas été déçu par ce cocktail de morceaux au parfum bien rock, interprétés par des musiciens enthousiastes et une chanteuse à la voix relativement grave, très présente sur scène et très énergique dans sa prestation. Au menu, des extraits bien sûr des deux albums et une musique visiblement très appréciée par les festivaliers. Seule petite ombre au tableau, pendant l’intro instrumentale d’un des derniers titres du set, la chanteuse a fait un malaise en coulisse et les trois autres ont meublé en allongeant le morceau et en le transformant en instrumental pur. Malgré sa méforme passagère, Caro est venue terminer le show avant de quitter la scène sous des applaudissements nourris. Chapeau l’artiste!

Le festival, qui a désormais atteint son rythme de croisière, accueille les Parisiens de Sweet Needles pour un set teinté de métal, de heavy et de stoner. Outre la qualité de leur musique qui dépote bien, je suis frappé par le dynamisme de cette jeune équipe et par le pied énorme qu’ils prennent sur scène. Et leur plaisir est communicatif car le public est aux anges. Tout le mal que nous souhaitons à cette formation déjà bien en place sur scène, c’est de réunir rapidement les compositions nécessaires pour sortir un premier album. J’ai en tout cas l’intime conviction que l’on entendra encore parler prochainement de la bande à Bonnot (du nom du chanteur Oscar Bonnot et du guitariste Arthur Bonnot)…

L’édition 2019 du Kraken nous propose encore un autre groupe belge qui fait beaucoup parler de lui : Thorium. Pour rappel, ce groupe a été fondé par les guitariste Tom Tee et Dario Frodo ainsi que le bassiste Kurk “Stripe” Lawless qui avaient eu l’occasion de bosser ensemble au sein du légendaire groupe belge Ostrogoth. Influencé par des styles aussi divers que le métal mélodique, le power et le speed metal, le métal progressifd, le Bay Area Thrash et le NWOBHM, sans oublier le heavy metal classique, Thorium propose une série de titres faisant volontiers référence à Iron Maiden (avec une reprise de «Powerslave»). Leur répertoire est plaisant à écouter et le groupe assure plutôt bien sur scène. Seule petite ombre au tableau malgré une prestation d’excellent niveau, j’éprouve une espèce d’impression de déjà-vu (ou plus justement “déjà entendu”), ce qui tendrait à indiquer que le groupe n’a pas encore tout à fait trouvé le style qui lui permettra de se démarquer de la concurrence. Mais avec la réserve de talents présents, gageons que cela ne saurait guère tarder. Bref, un set très emballant pour les amateurs de métal/heavy entraînant.

Nous voilà ensuite déjà arrivés à la tête d’affiche du groupe, les Helvètes de Rage Of Light qui viennent de sortir leur premier album «Imploder» chez Napalm. Vous pouvez d’ailleurs retrouver cette chronique sur le site de Music In Belgium en cliquant ici. La figure de proue de cette formation n’est autre que la charmante et talentueuse Mélissa Bonny que l’on a pu voir dans son autre groupe Evenmore ou encore comme chanteuse invitée dans des groupes tels que Serenity ou Warkings. N’allez cependant pas croire que Rage of Light serait un produit dérivé des groupes précités. C’est un style de musique entièrement différent que Mélissa (chant), Jonathan Pellet (voix, synthés, programmation) et Noé Schüpbach (guitare et basse) proposent sur la scène du Kraken. Une forme de métal à forte composante électro (d’aucuns font la comparaison avec Amaranthe) dans une forme hyper mélodieuse et des lignes mélodiques superbes.

Un pari risqué que celui des organisateurs qui ont osé confier la tête d’affiche à un nouveau groupe à la discographie encore limitée. Et pourtant la sauce prend. Les morceaux de l’unique album à ce jour (si on ne tient pas compte du premier EP) sont restitués à la perfection. Malgré un (très) relatif manque expérience sur scène, le groupe se donne à fond et avec enthousiasme, livrant ainsi une prestation d’excellent niveau. La discographie encore limitée (sur le plan quantitatif) et l’absence de “tubes” (hormis une reprise très fun du «Lollipop» du groupe Aqua) auront peut-être créé une légère frustration chez certains, mais le but d’un festival n’est-il pas aussi de faire découvrir des talents émergents ? De plus, le talent et la gentillesse des artistes suisses ainsi que l’incroyable voix de Mélissa ont amplement comblé cette éventuelle lacune!

Il me reste à remercier les organisateurs (en particulier Sylvie) pour avoir permis à Music in Belgium d’être présent pour la 6e année consécutive. En espérant le cru 2019 vous aura plu autant qu’à nous, souhaitons encore longue vie au Kraken Metal Fest et à l’année prochaine!

Accréditations: Kraken Metal Fest

Découvrez toutes les photos des artistes dans notre galerie photos:
IanWill | King’s Rage | Penumbra | Scarved | Sweet Needles | Thorium | Rage Of Light
Texte: Anne-Françoise Hustin et Hugues Timmermans
Photos © 2019 Hugues Timmermans

 

 

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