LARK’S TONGUE – Eleusis

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Le bilan rock de Peoria dans l’Illinois n’est pas bien épais. Cette ville située de manière équidistante à 200 kilomètres de Chicago, Des Moines, St. Louis et Indianapolis a vu naître Dan Fogelberg et a été l’objet de trois chansons de Jason Molina, Sufjan Stevens et King Crimson. Ce n’est pas bien lourd mais ça pourrait bien remonter avec l’existence de Lark’s Tongue, un groupe issu de ce bled.

Lark’s Tongue est formé en 2010 autour de Christopher Bennett (chant et guitare), Jeff Hyde (chant et guitare), Andrew Sledd (batterie et percussions), Mike Willey (basse) et Jonathan Wright (synthés). Le nom de Lark’s tongue pourrait bien provenir de l’album ʺLark’s tongue in aspicʺ (1973) de King Crimson, qui a donc écrit une chanson sur la ville d’origine du groupe (audible sur l’album live ʺEarthboundʺ, paru en 1972). Cette chanson inédite sur album studio a d’ailleurs été enregistrée à Peoria, d’où son nom. Cependant, on ne peut pas dire que Lark’s Tongue suit aveuglément les préceptes musicaux de King Crimson, son influence se situant davantage dans le psychédélisme puisque le groupe revendique une inspiration provenant de Hawkwind, Codeine, Swervedriver, Pink Floyd, Jesu, The Verve ou Hum.

Avec un tel bagage, Lark’s Togue débute ses activités discographiques en 2012, avec un premier single ʺThe rope / Tucson, Arizonaʺ, deux titres aériens également comparables à du shoegaze. Cet aspect assez aérien est confirmé sur l’album partagé entre Lark’s Tongue et Men Of Fortune, intitulé simplement ʺLark’s Tongue / Men Of Fortuneʺ et sorti également en 2012. Les guitares sont épaisses, le chant lointain et le tout se marie bien avec le style de l’autre groupe qui partage un album avec Lark’s Tongue l’année suivante, Across Tundras (un combo stoner du Colorado). En 2014, Lark’s Tongue réalise enfin un album long format à lui tout seul, avec ʺNarrowʺ, un intéressant assemblage heavy psych qui installe la marque de fabrique de Lark’s Tongue, avec des rythmes lents, des guitares à la fois cristallines et lourdes et un chant clair semblant planer au-dessus de la mêlée.

Puis plus de sept années se passent avant qu’on ne reparle de Lark’s Tongue, qui revient ici avec un nouvel album signé chez le label belge Consouling Sounds. C’est une excellente opportunité pour ce groupe, perdu jusqu’à présent dans ses plaines du Midwest, de faire entendre sa voix dans nos contrées, qui sauront saisir le côté européen de Lark’s Tongue. Car ce combo n’est pas une grosse tribu américaine de plus, élevée au maïs et aux films de super-héros dépourvus d’imagination. Son style est adapté pour la côte Est (on pense aussi à Sonic Youth ou Cheer–Accident) et peut bien sûr se faire comprendre dans les derniers bastions rock qui survivent en Europe. ʺEleusisʺ est d’ailleurs une référence aux mystères d’Eleusis, série de rites ésotériques dédiés à la déesse de l’agriculture Demeter, dans la Grèce antique. Oui, on est loin ici de Batman, de Spiderman et de Captain Marvel.

Fidèle à son style, Lark’s Tongue distille ici une demi-douzaine de morceaux longs, complexes et intenses, sans violence ni excitation gratuites, mais avec calme et détermination. On est tout de suite dans le bain avec ʺThe novelty wears thinʺ, prélude à une montée en puissance sur ʺFolly of fantasyʺ qui déploie de grandioses effets de guitare et d’harmonies vocales. ʺA common denialʺ, avec ses dix minutes, est le plus long morceau de l’album et permet l’émergence d’atmosphères arides, cosmiques et épaisses, au psychédélisme feutré et désertique. On aura encore l’occasion de tripper intensivement sur ʺElucidateʺ avant d’être fini sous les lourdeurs stratosphériques d’ʺObsolescenceʺ, puissante respiration terminale montant sans cesse vers les hauteurs.

Voilà, on vient de faire connaissance avec Lark’s Tongue et cette première prise de contact a été mémorable. Encore un groupe intéressant pour les amateurs de rock psychédélique moderne.

Le groupe :

Christopher Bennett (chant et guitare)
Jeff Hyde (chant et guitare)
Andrew Sledd (batterie et percussions)
Mike Willey (basse)
Jonathan Wright (synthés)

L’album :

ʺThe Novelty Wears Thinʺ (06:42)
ʺFolly of Fantasyʺ (07:58)
ʺArboristʺ (07:04)
ʺA Common Denialʺ (10:31)
ʺElucidateʺ (04:05)
ʺObsolescenceʺ (08:30)

https://consouling.be/release/eleusis
https://www.facebook.com/larks.tongue/?ref=page_internal

Pays: US
Consouling Sounds
Sortie: 2022/02/18

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