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DE PROFUNDIS – The blinding light of faith

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Depuis quelques temps, notre rédaction reçoit des albums en provenance du label Transcending Obscurity. La qualité métallique des poulains de cette maison étant prometteuse, nous avons fini par étudier les origines de cette jeune maison qui s’avère être localisée en… Inde. Voilà de la mondialisation bien faite. Si les Indiens se mettent au heavy metal, nous devrions bientôt voir débarquer de là-bas des vagues de harceleurs métal qui ne feront pas qu’acheter nos usines sidérurgiques européennes pour mieux les laisser tomber. Pour l’instant, Transcending Obscurity en est à la signature de groupes occidentaux, et pas des moindres si on en juge par la sortie récente du dernier album de De Profundis, un groupe de death metal anglais qui signe ici son chef-d’œuvre.

Formé à Londres en 2005, De Profundis a d’abord commencé par militer dans les rangs du doom metal, si l’on en juge par son premier album “Beyond redemption” (2007). A l’époque, le chanteur Craig Land et le guitariste Soikot Sengupta cherchent leur style. C’est avec de nombreux changements de personnel au cours des années 2008-2014 que De Produndis consolide son œuvre et arrive finalement à la stabilisation d’une équipe basée sur Arran McSporran (basse, ex-Scarab), Paul Nazarkardeh (guitare, ex-Empyreal Destroyer, dont venait aussi Soikot Sengupta) et Tom Atherton (batterie, ex-Phyrexia, dans lequel jouait aussi Paul Nazarkardeh). On passe alors progressivement du doom metal à un métal plus atmosphérique caractérisé par des morceaux assez longs et souvent mus par une logique progressive (“A bleak reflection”, 2010) et pratiquant déjà quelques incursions sur des territoires plus death metal (“The emptiness within”, 2012).

Les choses changent radicalement avec l’EP “Frequencies” qui, en 2014, annonce un De Profundis passé franchement du côté obscur du death metal, ce qui est démontré avec une reprise de “Crystal Mountain” du légendaire groupe Death. Le tournant death est confirmé sur “Kingdom of the blind” (2015) qui a abandonné les influences Paradise Lost/Opeth des débuts pour se tourner vers un death à l’anglaise, dans la lignée de Benediction, par exemple. Jusqu’ici, rien de particulier à dire si l’on est à l’affût de la nouveauté mais avec ce nouveau “The blinding light of faith”, il faut reconnaître que De Profundis a enclenché le turbo.

Que ce soit au niveau des compositions, de la précision et de la puissance du son ou par la clarté des textes, les hommes de De Profundis ont mis ici les petits plats dans les grands. Nous allons nous ranger du côté de toute la presse spécialisée qui célèbre ici l’avènement d’un grand album de death metal. De Profundis met ici à profit sa longue expérience et ses influences variées pour fondre un disque brut, inspiré (en l’occurrence, ici, on parle de la critique des religions abrahamiques : judaïsme, christianisme, islam) et qui assemble avec intelligence des éléments musicaux qui pourraient surprendre le fan de death canal habituel. Si on démarre sur du death metal balisé lors des deux premiers morceaux, on sent déjà la puissance d’exécution et les envolées solistes des guitares. Les surprises viennent après, d’abord avec les changements de rythmes et la survenue inopinée d’un passage jazzy sur “Opiate for the masses”, puis avec la révélation d’un métal de plus en plus rigoureux au fil des titres (“Martyrs”, “Godforsaken”, “Beyond judgement”, “Bringer of light”). C’est dans ces occasions que l’on remarque le jeu souple et vif du bassiste Arran McSporran, un technicien décidément très intéressant.

Au niveau du message, il s’agit donc ici de tailler des croupières aux religions de Moïse, de Jésus et de Mahomet. Nous n’entrerons pas dans cette polémique un peu facile qui consiste à charger ces religions de tous les maux, même si ça a un peu déconné par le passé (la crucifixion de Notre Seigneur Jésus-Christ, les croisades, l’inquisition) et encore aujourd’hui (Daech, le terrorisme). Si ces religions ont fait quelques millions de morts au cours des derniers millénaires, et tout cela au nom d’une hypothèse, on se permettra aussi de rappeler que l’athéisme marxiste et national-socialiste ont aussi à leur actif un joli bilan morbide. Ce qui nous permettra de conclure sur cette sage pensée : Dieu est une chose bien trop immense pour être gérée par des humains qui, par définition, sont limités par la finitude d’une existence brève. Existence brève sur Terre, s’entend…

Pays: GB
Transcending Obscurity
Sortie: 2018/05/10

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