BALTHAZAR un dimanche de Pâques à l’AB

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Il y a un peu plus d’un an, les cinq membres de Balthazar venaient présenter “Applause”, leur premier album fraîchement sorti à l’époque, dans un AB Club déjà acquis à leur cause. Depuis, ils ont réussi à séduire non seulement le public belge, mais jouissent également d’une très belle réputation à l’étranger. C’est dans une grande salle de l’AB pas loin du sold out qu’ils sont venus fêter tout cela ce dimanche 24 avril.

Ceci dit, vu la température tropicale de ce printemps aux relents d’été, lorsque Beat! Beat! Beat!, le groupe choisi pour assurer la première partie, est monté sur scène, on était loin de se bousculer dans les premiers rangs. Pourtant, ces très jeunes Allemands originaires des environs de Cologne commencent sérieusement à faire parler d’eux et ont des arguments à faire valoir.

Bon, bien entendu, vu leur âge et leur relatif manque d’expérience, leurs influences peuvent paraître assez disparates, mais une analyse succincte de leur set permet de résumer tout cela en un mélange imaginaire qui ferait se confronter la voix d’Alex Turner (Arctic Monkeys) aux parties plus pop des Strokes et aux envolées expérimentales de Foals. Néanmoins, on remarque un talent inné dans le chef du groupe qui s’est même risqué à jouer un morceau qu’ils avaient à peine répété en le concluant sur une improvisation impeccable. Si le chanteur ne nous avait pas prévenus, on n’y aurait vu que du feu. Voici un groupe qui ne devrait plus rester dans l’anonymat très longtemps…

Il ne nous aura pas fallu plus de trois semaines et autant de prestations festivalières (Rock Werchter, Rock Zottegem, Dour) pour tomber sous le charme de Balthazar l’été dernier. Trois prestations chaudes (au propre comme au figuré) à la hauteur de leur excellente première plaque (“Applause”), un des meilleurs albums belges sortis en 2010. De plus, le succès populaire qu’ils récoltent est amplement mérité (ils n’ont pas remporté le prix du public du Humo Rock Rally en 2006 pour rien).

L’intro retravaillée (en longueur et en atmosphère) de “The Boatman” va permettre aux musiciens de s’installer avant de rentrer directement dans le vif du sujet. La principale surprise va résider dans un son hyper puissant qui va quasiment exploser nos tympans et nous décoiffer à chaque coup de grosse caisse. Ajoutez-y une basse qui n’a l’air de rien mais qui claque à chaque pincement de corde (une des marques de fabrique de Balthazar) et vous comprendrez que les bouchons de protection étaient indispensables ce soir.

Les deux têtes pensantes du groupe, Maarten Devoldere (qui porte sa guitare à hauteur de la poitrine) et Jinte Deprez (un rien plus discret) occupent bien évidemment une position centrale, mais une autre particularité du quintette réside dans le fait que, le batteur Christophe Claeys mis à part, chaque musicien se trouve sur la même ligne que les autres alors qu’un micro leur permet de participer activement à certains titres. Un membre de Balthazar se doit donc d’être un artiste complet. On a déjà parlé de l’excellent bassiste (Simon Casier) mais n’oublions pas non plus de mentionner Patricia Vanneste dont le violon divin illumine un titre comme “I’ll Stay Here”.

En une année, ils ont eu la possibilité de travailler sur de nouveaux titres et ils vont d’ailleurs en présenter deux à un public complètement survolté: “Costume” aux arrangements travaillés et “There Goes My Girl” qui fait de loin penser à dEUS. À propos, les voix des deux chanteurs se complètent parfaitement car celle de Maarten, un rien désintéressée à la Cold War Kids des débuts (“Blues For Rosann”) se voit contrecarrée par celle de Jinte, nettement plus colorée et limite pop (“More Ways”).

“Hunger At The Door” et son break instrumental hypnotique mis à part, les tubes d’“Applause” seront conservés pour la fin du set principal. On s’extasiera dès lors une fois encore sur la basse d’une efficacité rare de “Morning” (malgré une interprétation un peu en deçà de nos espérances) et sur le tube qu’est “Fifteen Floors” qui, lui, tiendra toutes ses promesses.

Les rappels vont débuter de manière particulière puisqu’au départ, seule Patricia, son violon et un échantillonneur tiendront la vedette. Le temps de mettre en place un loop que l’on aurait dit basé sur une comptine enfantine, et voilà que le reste du groupe se retrouve en place pour “Any Suggestion”, un titre basé sur des percussions et une voix particulièrement sinistre. En revanche, la version de “Blood Like Wine” va achever de nous convaincre alors que le groupe la terminera en a capella dans un silence respectueux.

Ce soir, Balthazar a atteint une sorte de consécration ou tout au moins de reconnaissance manifeste. Évidemment, on est encore loin de la performance d’Arsenal (cinq concerts sold out à l’AB) mais quelque chose nous dit qu’il ne s’agit que d’une question de temps…

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