Le bilan 2011 made in Wouty

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Comme le veut la tradition, le calme relatif qui caractérise le monde musical entre la fin décembre et le début janvier est propice à un petit coup d’œil dans le rétroviseur afin de faire le point sur ce qui nous a fait vibrer lors des douze derniers mois. Albums de l’année

La catégorie reine consacre un groupe qui avait coiffé haut la main le titre de concert de l’année en 2010. Il s’agit de Kasabian dont le quatrième album, “Velociraptor!”, a obtenu un 9/10 de la part de l’auteur de cet article (ce n’est pas monnaie courante puisque que seuls les White Lies avaient fait aussi bien avec “To Lose My Life…”). Une évidence apparue dès la première écoute sur l’autoroute entre Bruxelles et Namur un mercredi soir de septembre. Des compositions certes très influencées par les sixties mais paradoxalement très actuelles et doublées d’une efficacité redoutable. Un album d’une uniformité qui avait peut-être fait défaut à “West Ryder Pauper Lunatic Asylum”, leur opus précédent. Vu ce qu’ils ont montré au festival de Werchter en plein milieu d’après-midi (malgré le fait que Tom Meighan était complètement explosé) augure du meilleur pour leur concert (sold out, bien entendu) au Cirque Royal le 22 février prochain.

Juste derrière le groupe de Leicestershire, on a choisi Anna Calvi dont l’album éponyme a beau rappeler PJ Harvey ou Jeff Buckley, il n’en demeure pas moins d’une grâce exemplaire. On pourrait peut-être lui reprocher d’adopter une attitude un rien trop statique sur scène mais sur disque, ses compositions envoûtantes et sa voix d’ange ne laissent personne indifférent.

La troisième marche du podium accueille une surprise vu qu’il s’agit d’un groupe que l’on pensait enterré pour de bon. En effet, on n’aurait jamais imaginé les canadiens de The Dears capables de sublimer leur excellent “No Cities Left” de 2004. Et bien c’est pourtant ce qu’ils ont réussi à faire avec “Degeneration Street”, qui est arrivé telle une hirondelle annonçant le printemps, rempli de titres matures, limpides et poppy juste ce qu’il faut. Finie la mélancolie qui plombait les atmosphères alors que la voix de Murray Lightburn a enfin trouvé son équilibre. Leur concert à l’AB Club en avril reste un des bons moments de l’année lui aussi.

Albums belges de l’année

2011 n’aura pas vraiment été une année riche pour le rock belge. Malgré une pléthore d’albums, peu sont vraiment sortis du lot. Ainsi, comme en 2008, c’est dEUS qui tire son épingle du jeu avec “Keep You Close”, sans doute l’album le plus consistant du groupe emmené par Tom Barman depuis “Pocket Revolution” en 2005. De plus, deux prestations d’anthologie (aux Nuits du Bota en mai et à Forest National en décembre) ont assis leur réputation, si cela était encore nécessaire.

La médaille d’argent revient au deuxième album de Customs (“Harlequins Of Love”). Il est vrai qu’il passe relativement inaperçu dans un premier temps mais il a tendance à s’affirmer au fur et à mesure des écoutes pour finalement devenir indispensable. Bien entendu, on zone dans la période sombre inspirée du début des années 80 mais la voix caverneuse du chanteur et les atmosphères glaciales font bien plus que rivaliser avec les derniers Editors et Interpol réunis.

C’est l’incontournable Selah Sue qui ferme la marche avec son album éponyme. Très pro, très bien produit, il manque peut-être quelque peu de spontanéité mais, à l’inverse d’Anna Calvi, c’est sur scène que la musique de la jeune louvaniste prend tout son sens grâce à une interprétation digne des plus grandes divas. Une carrière internationale lui tend les bras, c’est une certitude.

Singles de l’année

Il n’aura fallu que quelques mesures du “Post Break-Up Sex” des Vaccines pour se rendre compte de l’efficacité de la composition signée Justin Young. C’était en janvier et on savait déjà que l’on tenait entre les oreilles notre single de l’année. Un titre court, direct et entêtant dès la première écoute, annonciateur d’un album dans la veine des meilleures heures des Strokes lorsqu’ils avaient remis les guitares à la mode il y a dix ans. L’impact des Vaccines a été certes moindre que celui de leurs glorieux ainés, mais ce titre peut sans problème rivaliser avec “Hard To Explain” par exemple.

La deuxième position revient à un titre sorti en fin d’année dans un style radicalement différent. Presque hors du temps, serait-on même tenté d’ajouter. “Video Games” est d’une beauté à couper le souffle et la troublante manière dont Lana Del Rey l’interprète ne fait qu’ajouter une dose de mystère à une artiste arrivée de nulle part qui fait déjà couler beaucoup d’encre. Son premier album (“Born To Die”) arrive fin janvier et on devrait abondamment entendre parler d’elle en 2012.

La troisième place consacre Miles Kane dont le single “Rearrange” s’est d’emblée imposé comme un des classiques de l’année. Le kid du Merseyside a pris de la distance par rapport au style de son ancien groupe (The Rascals) et s’est davantage rapproché de celui qui a fait la réputation de son projet avec Alex Turner (The Last Shadow Puppets) tout en mettant en avant un petit côté mod qui lui va à merveille. Lui aussi s’est particulièrement distingué sur scène comme on le verra dans les rubriques suivantes.

Concerts de l’année (en salle)

Bizarrement, malgré une quantité astronomique de concerts, on n’est jamais ressorti d’une salle avec la certitude d’avoir assisté à notre concert de l’année. C’est en parcourant la liste des événements que l’on a pointé ceux qui nous avaient laissé les meilleurs souvenirs. Parmi ceux-ci, Caribou aux Nuits du Botanique le 21 mai est celui qui se détache le plus et qui mérite le titre tant convoité. Il faut dire que Daniel Snaith a fait très fort l’an dernier avec son album “Swim”. C’est d’ailleurs autour de cette bombe électro-rock qu’il a axé sa tournée pour un maximum d’efficacité. Il est en effet impossible de rester de marbre au son des pépites dansantes à souhait qui jalonnent une prestation sans aucun temps mort.

A la deuxième place, on classe Miles Kane dont la prestation décoiffante au Botanique le 1er novembre a mis tout le monde d’accord tout en clouant définitivement le bec à ses détracteurs qui le comparaient à un Alex Turner de seconde zone (ce dernier ne serait d’ailleurs pas contraire à l’accueillir comme cinquième membre des Arctic Monkeys). Son album “Colour Of The Trap” a atteint le top 5 en Angleterre et montre un artiste en pleine possession de ses moyens. Il voulait prouver ce dont il était capable et on peut dire qu’il a accompli sa mission avec brio.

Pour clôturer le podium, on a choisi Noah & The Whale avec une de leurs deux prestations de l’année à l’AB. C’est celle de la grande salle le 4 octobre qui a retenu nos faveurs. Non pas que celle de l’AB Club six mois plus tôt ne tenait pas la route mais entre-temps, leur troisième album, “Last Night On Earth”, a eu le temps de se dévoiler au public. Les compositions de Charlie Fink, tantôt sensibles et pleines d’émotion, tantôt guillerettes et pleines d’espoir, n’ont jamais été aussi prenantes sur scène. Surtout que les anciens titres bénéficient d’une relecture digne des grands soirs. Voici un groupe qui récolte méritoirement ce qu’il a semé depuis quelques années.

Concerts de l’année (festivals)

Pour la partie consacrée aux festivals, il est apparu comme une évidence que le concert de Pulp à Dour le 15 juillet a été le moment de l’année, et peut-être même une des meilleures prestations à laquelle la plaine de la machine à feu ait assisté. Jarvis Cocker était en effet en grande forme et cette tournée de reformation est venue rendre justice à un groupe qui a galéré pendant une quinzaine d’années avant de trouver grâce auprès du public au milieu des années 90 avec l’avènement de la Britpop, coincé quelque part entre Blur et Oasis. Pourtant, ils avaient bien d’autres cordes à leur arc, comme ce set best of a pu le démontrer. Il s’agissait d’un moment qu’il ne fallait louper sous aucun prétexte.

Tout comme la visite (controversée pour les amateurs de viande) de Morrissey aux Lokerse Feesten le 4 août. Véritable légende vivante et icône de toute une génération, l’ex-leader des Smiths a fait honneur à sa réputation avec un set qui a ratissé toute sa carrière. L’aura qu’il dégage reste éblouissante et le respect qu’il impose ne souffre d’aucune discussion. Il en a composé des classiques depuis trente ans…

Un autre vieux briscard qui n’en finit pas de nous surprendre à chaque prestation, c’est Nick Cave qui a enflammé la plaine de Werchter au sein de Grinderman le 3 juillet. Ce bonhomme est né pour se produire sur une scène et ses talents de narrateur tiennent en haleine un public captivé par la manière dont il vit ses compositions. Comme avec ses Bad Seeds en 2009, il a éclaboussé le festival de son immense talent…

Premières parties de l’année

Lorsque, curieux, on s’est rendu à l’AB pour découvrir sur scène Liam Gallagher au sein de Beady Eye le 22 mars, on était loin de se douter que le jeune homme qui assurait la première partie allait d’emblée nous prendre à la gorge et nous laisser sans voix durant les trente minutes de sa prestation. Il s’agissait là du premier fait d’arme de Miles Kane en Belgique en 2011, bien avant la sortie de son album. La suite est connue et permet de prouver que le rock british est loin d’être mort. On aurait bien voulu le voir au Pukkelpop également mais les éléments en ont décidé autrement (il devait jouer au Club pile au moment où la tempête s’est levée).

Le nom des deux sœurs Hannah et Colette Thurlow ne vous dit sans doute pas grand-chose. Ou en tout cas pas encore. Car il y a de grandes chances pour que 2:54 explose en 2012, quelque part entre Dum Dum Girls et Warpaint, dans le genre sombre et froid, mais dans le même temps gracieux et féminin. L’aperçu qui nous a été donné le 20 mai à la Rotonde dans le cadre des Nuits Botanique avant Wild Beasts laisse en tout cas présager du meilleur. A suivre de très près…

La troisième place revient à Summer Camp, le duo composé de Jeremy Warmsley et d’Elizabeth Shankey, qui a assuré avec un batteur complice la première partie de Givers à la Rotonde le 23 novembre. Ils ont réussi à nous surprendre en entamant leur concert dans le public avant de rejoindre la scène. Mais alors que l’on s’attendait à une prestation acoustique barbante, on a été conquis par la voix de la chanteuse mais également par la dynamique des compositions, au point d’éclipser complètement le set de la tête d’affiche.

Live covers de l’année

Comme chaque année, pas mal de reprises ont émaillé les prestations live des différents artistes et groupes, avec plus ou moins de bonheur. La palme revient à An Pierlé & White Velvet lors de son concert acoustique au Musée à l’occasion des Nuits Botanique. Sa version au piano pleine de sensibilité du “Breakfast In America” de Supertramp nous a donné la chair de poule.

Celle du “There Is A Light That Never Goes Out” des Smiths toutes guitares en avant signée Dum Dum Girls valait elle aussi le déplacement. Elles ont en effet réussi à conserver l’essence même de la composition tout en y greffant le style sombre et power pop qui est le leur.

Liam Gallagher, contrairement à son frère Noel qui en interprète neuf, ne reprend aucune chanson d’Oasis durant les concerts de Beady Eye. En revanche, il parvient à transcender le “Sons Of The Stage” de World Of Twist, un obscur groupe qui a obtenu un timide succès au début des années 90.

Voilà pour cette sélection forcément subjective. 2011 derrière nous, place à 2012 et son lot de surprises, de découvertes, de confirmations voire de déceptions. Nous serons bien entendu au poste pour vous faire vivre cela de l’intérieur. Première étape, Echo & The Bunnymen à l’AB le 20 janvier. See you there…

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