Nuits du Bota 2016 : Higher than the Suuns

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Bien que quelques événements soient encore programmés dans leur cadre d’ici début juin, les Nuits du Bota 2016 ont vécu leur dernière soirée classique ce dimanche 22 mai. Avec, en ce qui nous concerne, un dilemme entre Spain et Suuns. Notre route nous a finalement menés vers les seconds nommés à l’Orangerie. Tout comme le groupe emmené par Josh Haden, les Canadiens ont un nouvel album sous le bras. Mais avant d’en découvrir la teneur sur scène, le Bota avait invité les Liégeois de Duane Serah en guise d’introduction à la soirée. Ceux qui ont assisté au concert des Scrap Dealers en support de
LUH
dans cette même salle voici pile une semaine ont sans doute reconnu la physionomie du chanteur guitariste Hugues Daro. Et pour cause, il s’agit de son projet parallèle.


Si on peut leur faire la même remarque d’un point de vue image (un peu) et dialogues entres les morceaux (beaucoup), il en sera tout autrement des compositions. Sans surprise, elles sonnent british et shoegaze (on pense beaucoup à Ride) mais elles sont davantage travaillées et les musiciens prennent le temps de les développer en s’attardant sur des intros en crescendo avant de parfois virer vers du prog rock aux guitares tranchées. Un side project particulièrement abouti.


Les Montréalais de Suuns ont donc sorti tout récemment leur troisième plaque, « Hold/Still », sur le dynamique label Secretly Canadian qui, comme son nom ne l’indique pas, est basé dans l’Indiana et distribue notamment The War On Drugs, Damien Jurado et Whitney. Cet album tranche avec la vision plus pop du précédent et se rapproche davantage de la philosophie de « Zeroes QC », leur premier essai de 2010 à la vision futuriste pas toujours digeste. Mais contrairement à celui-ci, des écoutes répétées le révèlent et continueront vraisemblablement à le faire dans les prochains mois.

À l’instar de leur immense logo gonflable qui apparaîtra seulement après une grosse vingtaine de minutes à l’arrière de la scène, il faudra un certain temps au groupe avant de se mettre en place. Une intro interminable à laquelle succèdera un premier titre à la vibe downtempo (« Infinity ») peu opportune nous ramèneront six ans en arrière lors d’un concert au VK peu fréquenté et particulièrement compliqué. Heureusement, les riffs entêtants de « Translate » et de « 2020 » vont instantanément recentrer le sujet.


Comme si la notion de gang prenait une importance capitale, les quatre musiciens jouent sur un espace réduit dans une obscurité quasi permanente (une petite pensée aux photographes qui ont dû composer avec des lumières bleues et rouges tamisées). On aperçoit à peine leurs visages mais le ressenti de leurs compositions n’en a pas besoin. Au contraire, un lancinant « Paralyzer » va mener vers une version tout à fait parfaite et intelligemment développée d’« Arena » (un des deux seuls titres, avec « Edie’s Dream », à bénéficier d’une basse) auquel succèdera un curieux mais efficace « Resistance ».

La voix de Ben Shemie, tantôt atmosphérique (« Brainwash », hors du temps aux beats destructeurs pour nos tympans), tantôt ensorcelante (« Instrument ») quand elle n’est pas trafiquée (le complètement dingue « Pie IX » en guise de final) permet de ratisser un large panel de styles qui, s’ils ne coulent pas directement à l’oreille, posent les bonnes questions auxquelles une réponse ferme n’est pas toujours d’actualité.


Les rappels verront un groupe quasi embrasser le rôle de gourou devant des fidèles entièrement conquis par le sermon d’« Up Past The Nursery » mais ce sera l’incroyable « Powers Of Ten » qui fera le boulot une dernière fois. Une façon magistrale de clôturer un set qui balayera d’un revers de la main les semi-déceptions précédentes.

Photos © 2016 Denoual Coatleven

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