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Live report HELLFEST 2016 Clisson (France) Jour 2 – Samedi 18 juin 2016


Pour sa seconde journée de Hellfest, l’ami Alain Boucly s’est concocté un programme nostalgique. De Loudness à Twisted Sister en passant par Glenn Hughes et Foreigner, notre Grand Reporter revisite pour nous, en live, l’histoire du Rock, du Hard Rock et du Heavy Metal. La nuit fut courte, mais réparatrice. La seconde journée du festival commence très fort, sous la ‘Valley’ avec Hangman’s Chair.

Rien de plus efficace que le Rock Stoner de ce combo français pour se remettre en forme et affronter le programme chargé de la Mainstage 1 qui sera, aujourd’hui, essentiellement consacré au Classic Rock des Eighties. La simplicité est de mise, ce qui n’empêche pas Hangman’s Chair de tout donner devant un public déjà conséquent pour une heure aussi matinale. Un set hautement énergique !

Trente ans après son concert en ouverture de Saxon au Zénith de Paris, Loudness fait son retour en France de la plus belle des manière en investissant la grande scène du Hellfest.
Bien servis par un son excellent, les japonais enchainent les classiques tels que “Crazy Nights”, “Heavy Chains” ou encore “In The Mirror” avec beaucoup de conviction. Akira Takasaki multiplie les poses de guitar-hero tout en déployant une maitrise technique imparable, particulièrement remarquée sur le fulgurant “S.D.I.”. La voix de Minoru Niihara colle bien avec le style, même si elle manque parfois de puissance. Au final, ce retour tant attendu de Loudness est une belle réussite. Espérons que nous ne devrons plus attendre aussi longtemps pour pouvoir les applaudir dans une salle plus intimiste.

Après le passage remarqué de Deep Purple à Clisson en 2014, c’est au tour Glenn Hughes (le bassiste du groupe durant la période Mark III et Mark IV) de régaler le Hellfest avec les titres les plus incontournables de cette époque. Glenn Hughes commence fort avec un “Stormbringer” sur lequel il démontre ses capacités vocales hors du commun. Nous mettrons de côté “Muscle and Blood”, jadis enregistré en compagnie de Pat Thrall, qui passe totalement inaperçu tandis que le fabuleux “Mistreated” est reconnu dès les premiers accords. La voix de Glenn Hugues y prend toute sa dimension, atteignant une amplitude déconcertante dans les notes aigues qu’il est capable de faire durer sans forcer. Le nouveau guitariste Søren Andersen, qui remplace Doug Aldrich parti rejoindre The Dead Daisies, fait très bien le boulot grâce à un jeu sobre et rempli de feeling. C’est un “Burn” tonitruant et son refrain repris en chœur par l’ensemble du public qui vient clôturer les 40 minutes de ce set qui, pour beaucoup, est passé beaucoup trop vite. Ce merveilleux final, digne de la performance d’ensemble du trio, est largement ovationné.

Sixx A.M., le projet de Nikki Sixx en marge de Mötley Crüe, se produit pour la première fois en France aujourd’hui et c’est une foule bien compacte qui prend place devant la scène principale. Autant le dire tout de suite, le dynamisme et la présence scénique dont fait preuve le combo de Los Angeles est tout à fait remarquable. James Michael, impérial derrière le micro, possède un timbre bien calibré Hard Rock dont la justesse n’est jamais prise en défaut. Il ne tient pas en place, tout comme ses compères DJ Ashab et Nikki Sixx, qui font le show en occupant toute la largeur de la scène tout en multipliant les poses. La moitié de la setlist met le dernier album “Prayers for the damned vol1” à l’honneur avec “Rise”, “When We Were Gods”, “Everything Went to Hell” et le très mélodique “Prayers for the Damned”. Le groupe envoie, sans concessions, une sacrée dose de hard US. L’audience répond présent et se fait même entendre sur “Life Is Beautiful”. Grâce à un chanteur et des musiciens de haut niveau, Sixx:A.M. semble donc avoir toutes les cartes en mains pour faire oublier Mötley Crüe. Une prestation très convaincante !

Les temps changent ! Il aurait été inconcevable, il y a encore quelques années, de voir Foreigner à l’affiche du Festival de l’Enfer ! Ce dinosaure du hard FM US fête ses 40 ans de carrière en lançant la machine à tubes. Le fait d’avoir vendu plus de 80 millions d’albums à travers le monde n’est pas un hasard, et nous avons droit à un véritable ‘best of’ qui démarre avec l’énergique “Double Vision”. Le chant de Kelly Hansen bonifie chaque morceau, leur apportant beaucoup de relief grâce à une amplitude vocale sans faille. Le vocaliste, qui ne tient pas en place, n’hésite pas à aller à la rencontre des premiers rangs et à multiplier les acrobaties. Mick Jones, seul rescapé de la formation d’origine, reste statique, parfois en retrait. C’est aussi un peu le cas de ses partenaires, mis à part l’ex bassiste de Dokken Jeff Pilson qui se donne à fond. L’ambiance retombe pendant la ballade “I Want to Know What Love Is”, pas forcément appropriée dans le contexte du Hellfest, surtout qu’elle vient juste après le tube planétaire qu’est “Juke Box Hero”. Tout rentre cependant dans l’ordre avec “Hot Blooded” qui conclut un concert maitrisé de bout en bout bien qu’un peu trop prévisible à mon goût.

Le virtuose de la six cordes Joe Satriani fédère une foule nombreuse et bien compacte lors d’une démonstration 100% instrumentale. Le son, une fois de plus idéal, permet d’apprécier ce toucher de guitare unique, allié à une technique époustouflante. Hormis “Shockwave Supernova” et “Cataclysmic”, extraits de l’album sorti en 2015, se sont surtout les classiques “Flying in a Blue Dream”, “Satch Boogie” et “Surfing With The Alien” qui recueillent tous les suffrages. Bien épaulé par la guitare de Mike Keneally , les futs de Marco Minnemann et la basse de Bryan Beller, Joe Satriani prouve qu’il est à sa place dans cet environnement qui, pourtant, est loin de lui être favorable. Satriani est l’un des meilleurs guitaristes de sa génération, cependant, la froideur de son interprétation et son manque de communication ne permettent pas vraiment d’apprécier ses superbes compositions à leur juste valeur.

Pour sa seconde prestation sur les terres de Loire Atlantique, Within Tempation offre un show superbe. Les hollandais nous gratifient d’un superbe décor sur plusieurs niveaux. Des écrans, des passerelles et un magnifique backdrop aux couleurs du dernier album “Hydra” agrémentent le visuel du concert. A coup sur, Within Temptation obtient l’oscar de la plus belle scène de ce festival ! Sharon Den Adel focalise l’attention par sa gestuelle, mais c’est surtout sa voix qui impressionne. Elle est aussi à l’aise sur des anciens titres tels que “Our Solemn Hour” et “Faster” que sur le récent “And We Run”, extrait de l’album “Hydra” et sur lequel le côté lyrique prend toute sa dimension. Une surprise de taille nous attend, puisque Tarja Turunen (ex-Nightwish) entre en scène pour chanter “Paradise (What About Us?)” en duo avec Sharon. Un moment rempli d’émotion ! Bien place, le groupe assure royalement. Robert Westerholt est incisif à la 6 cordes, la rythmique carrée et le clavier omniprésent. Voilà donc un concert qui tient toutes ses promesses. Le groupe met en œuvre pour donner du plaisir au public et la réponse de celui-ci est enthousiaste. Ne les ratez pas lors de leur le 13 août 2016, lors de leur passage à l’Alcatraz Metal Fest de Courtrai !

La troisième participation de Twisted Sister au Hellfest est annoncée comme étant la dernière. La tête d’affiche du jour a, en effet, décidé de mettre un terme à sa carrière après 30 années d’existence. En guise d’introduction, les écrans diffusent des images relatant les faits les plus marquants de l’histoire du groupe. Dee Snider et ses sbires entament le set avec le percutant “What You Don’t Know” (Sure Can Hurt You), suivi du classique “The Kids Are Back”. Snider est la définition d’un vrai frontman dans toute sa splendeur. Le vocaliste ne ménage pas ses efforts, multipliant les courses, rampant, s’activant derrière un pied de micro rose du plus bel effet. La performance est de taille, surtout lorsque Dee emmène avec lui l’ensemble de l’assistance pour hurler “We’re Not Gonna Take It” ou “I Wanna Rock”. La communion est totale. La seconde surprise de la soirée est l’entrée en scène de Phil Campbell, le guitariste de Motörhead. Celui si, se joint aux Sisters pour interpréter “Shoot ‘Em Down” et “Born to Raise Hell” en hommage à Lemmy. Toute la fougue de Twisted Sister est déployée sur “S.M.F.”, ultime morceau de la soirée sur lequel le logo TS s’enflamme. Nous venons d’assister à la révérence d’un groupe qui a toujours placé la barre très haut et a su rester au top de ses performances durant toutes les années de sa longue carrière. Que celles et ceux qui ont manqué cette prestation se rassurent, Twisted Sister fera également ses adieux à la Belgique, le 14 août 2016, lors de sa prestation à l’Alcatraz.

Un autre hommage à Lemmy illumine le ciel de Clisson lors d’un somptueux feu d’artifice, précédé d’un film retraçant la carrière du légendaire chanteur / bassiste de Motörhead. L’émotion est au rendez-vous lors d’un témoignage de Phil Campbell suivi par la diffusion, sur les écrans géants, de 20 minutes du concert donné au Hellfest l’an dernier. La voix écorchée de Lemmy résonne ainsi une dernière fois sur la plaine de Clisson, dans une ambiance à la fois prenante et magique.

Ainsi se termine cette seconde journée de festival. Une journée qui a prouvé, au vu des parterres noirs de monde devant les mainstages, que le Hard Rock dit “classique” a encore de beaux jours devant lui. Il est temps de s’octroyer un peu de repos pour vivre pleinement la journée de demain. Une dernière journée qui sera placée sous le signe de la diversité.

Photos © 2016 Alain Boucly

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