Les guillerets Guillemots au Bota

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Atypique… C’est le mot qui caractérise le mieux Guillemots, ce quatuor originaire de Birmingham mais fixé à Londres. Tant d’un point de vue composition que comportemental sur scène, ils osent ce que beaucoup se contentent d’à peine penser. Le groupe était ce lundi 9 juin au Botanique pour présenter leur très réussi deuxième album, “Red”.

A ce propos, il se passe toujours quelque chose à un concert de Guillemots… En avril 2006, lorsqu’ils ont assuré la première partie de We Are Scientists à l’AB Club, ils ont traversé le public pour monter sur scène. Quelques mois plus tard, à l’Orangerie du Bota, la bassiste était déguisée en ours blanc tandis que le guitariste utilisait une visseuse électrique pour donner de l’effet à sa guitare… Qu’allaient-ils nous réserver comme surprise ce soir ?

Fyfe Dangerfield, le leader, arrive seul sur scène avec un synthé portable pour entamer “Made-Up Lovesong #43” dans une version intimiste.

Arrivent ensuite la charmante (contre)bassiste Aristazabal Hawkes, le batteur massif Greig Stewart et le guitariste expérimental (cfr plus haut) MC Lord Magrão, qui, une fois en place, lancent le concert pour de bon, après avoir attendu que Fyfe s’installe derrière son piano. Sur le pied de son micro (ainsi que sur l’ampli du guitariste), trônent deux bibelots en forme d’oiseau au bec allongé que l’on appelle communément… guillemot. Ceci explique cela.

Laissons de côté ces observations ornithologiques pour nous concentrer sur la musique, avec “Clarion”, premier extrait du nouvel album. Fyfe a toujours cette voix caractéristique qui lui permet de monter très haut sans aucun souci, quelque part entre Mika et Jake Shears (Scissor Sisters). Cela peut paraître kitsch, mais c’est loin d’être le cas. En plus sa maîtrise relative (et humoristique) du français rajoute encore plus de sympathie au bonhomme.

Lorsque l’on se penche sur la musique, on retrouve ce qui fait le charme du groupe… Des compositions au format parfois peu conventionnel qui, entre les mains d’un groupe plus sérieux, ne donneraient certainement pas aussi bien. A pointer ce soir, une évolution sensible vers des rythmes flirtant ça et là avec l’électro (“Kriss Kross” et surtout “Last Kiss”, chanté admirablement par la bassiste) ou le métal (l’intro de “Get Over It” n’aurait pas dépareillé dans un set de Muse ou de Metallica).

Les morceaux les plus calmes (“Falling Out Of Reach”, “If The World Ends”) majoritairement chantés avec un accompagnement au piano sont de véritables joyaux, sans oublier “We’re Here”, magistralement interprété par Fyfe, seul à la guitare acoustique. On a même eu droit à quelques brèves mesures du “No More Heroes” des Stranglers. Par contre, ils ont loupé “Words”, avec une intro à l’harmonica kilométrique et un certain ennui palpable…

Cela dit, ils ont mis un point d’honneur à enflammer la salle lors des rappels. D’abord avec une démonstration de Fyfe derrière les fûts (il sait tout faire celui-là…) pendant que le batteur s’amusait avec une cloche. Ensuite, c’est avec “Trains To Brazil” que l’ambiance a encore grimpé d’un cran, avant de tout a fait exploser avec un carnavalesque “São Paulo”, pendant lequel même les roadies sont montés sur scène pour taper sur tout ce qu’ils pouvaient. Pendant ce temps-là, Fyfe a empoigné le couvercle d’une poubelle métallique sur lequel il cognait comme un fou avant de plonger dans le public et de se frayer un chemin parmi les spectateurs, engendrant dans la foulée une farandole géante. Un final samba-thique à l’image d’un concert très réussi et très pro malgré les apparences. Une bonne petite soirée pleine de bonne humeur et de notes festives…

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Photos © 2008 Olivier Bourgi

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