Come on, Squid the noise…

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Cela faisait une éternité que l’on n’avait plus assisté à la prestation d’un groupe britannique dans une Orangerie sold out. Et dans sa configuration debout de surcroit. Merci au Botanique, au Covid Safe Ticket mais aussi et surtout à Squid.

Ceci dit, on peut également y associer les Bruxelloises de Pega qui venaient d’entamer leur set lors de notre entrée dans la salle (dont la sortie de secours du côté droit est désormais ouverte en permanence durant les concerts). Loin d’être des inconnues du lieu, elles ont eu droit à leur résidence hivernale et auraient même dû assurer la première partie de Frustration début septembre si la date n’avait pas été reportée.

Quoi qu’il en soit, ces trois spitantes demoiselles prennent de l’envergure à chaque montée sur scène et notamment depuis leur visite au festival La Carrière à Bioul cet été. Crasseuses jusque ce qu’il faut, leurs compositions soutenues par deux voix complémentaires (dont celle de Barbara C. Branco, chanteuse de Tuvalu) sont portées à bout de bras par une batteuse au large sourire permanent. On pense à Big Joanie, autre trio féminin découvert avant Parquet Courts dans cette même salle en 2018, mais avec un esprit indie plus développé et une voix moins omniprésente. D’ailleurs, les breaks instrumentaux apparaissent au moins aussi prenants que les parties chantées.

Squid est donc le premier groupe indie britannique à remplir l’Orangerie depuis The Murder Capital le 11 février 2020. À ce moment, les natifs de Brighton venaient de signer chez Warp et s’apprêtaient à sortir un single isolé. Derrière les manettes, on y retrouvait le génial Dan Carey qui avait déjà produit et publié les premiers EPs du groupe sur son captivant label Speedy Wunderground. Il a sans surprise une patte sur l’excellent « Bright Green Field », un premier album catapulté dans le top 5 anglais à sa sortie en mai dernier.

C’est pourtant avec « Sludge », le single susmentionné que la machine se mettra en route au terme d’une intro expérimentale très Animal Collective au demeurant. Casquette vissée sur le crâne, le batteur Ollie Judge au jeu énergique et à la voix énervée dirigera ses camarades depuis le milieu de la scène. Ceux-ci se partageront les parties de guitares et de basse, à l’exception d’un claviériste aguerri positionné à l’extrême gauche. On pointera également un multi-instrumentiste sur lequel reposent notamment les parties moins conventionnelles, soutenues par un cowbell et une trompette pour ne citer que les plus exotiques.

Mis à part « GSK », le début du set laissera délibérément l’album de côté pour présenter « Fugue », une nouvelle composition peut-être encore un peu trop sage (ou pas assez aboutie) et dépoussiérer « The Cleaner », un extrait pourtant vivifiant de leur EP « Town Centre » de 2019. Un errement tout relatif qui s’éclipsera comme par enchantement lors de l’outro de ce dernier titre.

En effet, dès « 2010 », les choses prendront une dimension supérieure, ne fut-ce que par une seconde voix nettement plus zen que celle du batteur, parsemée ensuite d’un déluge de décibels. Dans la foulée, « Peel St. », derrière ses guitares à la Foals, renverront aux rythmiques déstructurées haletantes et bourrées de tension dont Black Midi et, dans une moindre mesure, Black Country, New Road, se sont récemment fait une spécialité.

L’avantage de Squid par rapport à leurs confrères réside sans doute dans une sensibilité pop lointaine qui se démarquera particulièrement sur les impeccables « Paddling » et « Narrator » aux époustouflantes versions toutes guitares en avant. Entre les deux, une autre nouvelle composition, « Sevenz », explorera des versants légèrement plus électroniques. On se montrera en revanche plus réservé quant au déroutant délire électro-dark flippant qui ponctuera « Boy Racers », contrastant singulièrement avec une première partie euphorique.

Tout comme l’album, la soirée se clôturera au son d’un « Pamphlets » hypnotique et nerveux à souhait, sur un terrain vallonné où deux guitares et une basse rencontrent des nappes synthétiques presque désuètes avant de tomber à l’unisson suite à l’attaque d’un gong final. Une grosse claque dans la figure assénée par un groupe en plein essor qui n’aura même pas eu besoin de s’adresser au public pour le conquérir…

SET-LIST
SLUDGE
GSK
FUGUE
THE CLEANER
2010
PEEL ST.
BOY RACERS
PADDLING
SEVENZ
NARRATOR
PAMPHLETS

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