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Nuits du Bota 2021: Happy Humpty Dumpty Birthday

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Quels sont les points communs entre le label indépendant Parisien Born Bad Records et le Bruxellois Humpty Dumpty Records ? Non seulement ils célèbrent leur quinzième anniversaire mais le Botanique leur a surtout consacré une soirée thématique à chacun lors des Nuits. En plus du retour de Mountain Bike, Unik Unbik et Paradoxant s’apprêtaient donc à souffler les Humpty Dumpty bougies…

Derrière Paradoxant se cache une tête bien connue du monde indie de la capitale. Antoine Meersseman, le bassiste de BRNS, a en effet profité de la mise à l’arrêt forcée du monde culturel pour peaufiner les contours d’un projet qui compte également en ses rangs Romain Bernard, la moitié masculine de Ropoporose (et un cinquième de Namdose). Si Antoine Pasqualini (Monolithe Noir) a participé à l’enregistrement de l’album, c’est la claviériste Lou Wery (Whoman), qui complète désormais le trio.

“Earworm” a vu le jour au printemps et on a eu l’occasion d’assister à sa présentation officielle à l’Atelier 210 fin juin. Assis, masqués et en bulles, les conditions n’étaient franchement pas réunies pour profiter pleinement du moment. Terminé tout cela, le concert de ce soir va nous donner une idée bien plus précise du potentiel de leurs compositions pop alambiquées mais en même temps tellement accessibles. On pense notamment aux sonorités 80’s de “Dead Beat”, à la froideur de “Ha Ha Ha Ha” ou aux sons électro saccadés de “Faster”.

On aura également droit à l’un des deux nouveaux titres officialisés le matin même sur la page Bandcamp du groupe et dont la version physique (ou de ce qui s’en rapproche le plus) prend la forme d’une… bouteille de vin sur laquelle se trouve un code de téléchargement. Une idée originale destinée à contrecarrer les délais astronomiques imposés récemment par les fabricants de vinyles. Si l’on n’a pas (encore) goûté le breuvage issu du Loir-et-Cher sélectionné par le batteur, le prenant “Mighty Sorrow”, chanté par ce dernier et composé avant le confinement, ouvre une nouvelle voie à un projet bien plus sérieux qu’il n’y parait…

Originaires du Tournaisis et actifs depuis un bon bout de temps, les quatre gaillards d’Unik Ubik sont sur le point de publier leur troisième album. Baptisé “I’m Not Feng Shui” et prévu pour le 26 novembre, il en dit long sur l’état d’esprit qui les anime. Ces musiciens aguerris qui roulent leur bosse dans d’autres projets (Adolina, Spagguetta Orghasmmond, Kürsk…) prennent clairement leur pied sur scène et communiquent cette vibe positive à un public qui, une fois dans le même trip, ne peut que succomber.

Et pourtant, ce n’est pas gagné d’avance tant leurs influences disparates peuvent semer les plus aguerris. Prenez “Maximum Delirium”, par exemple, titre d’intro flippant en crescendo bardé d’incantations sur fond de free jazz avant qu’un saxo ne vienne faire exploser le tout dans un joyeux bordel sonore. Ce saxophone apparaît d’ailleurs comme la pièce centrale du projet (pas pour rien qu’il occupe le milieu de la scène…) et fait office de lien entre leurs multiples univers, même si la rigidité du batteur y est également pour beaucoup.

Post punk à la Black Country, New Road, brass band version Meute, afro jazz, balkan funk, psyché ethnique, ska très Specials, tout y passe ou presque mais rien ne semble curieux dans leur chef. Pas même les deux voix diamétralement opposées d’une complémentarité stupéfiante. D’autant qu’ils y ajoutent l’intensité, l’urgence et l’aspect festif. Mention particulière par ailleurs aux nouveaux titres joués ce soir, pas loin de constituer la partie la plus transcendante du set.

Véritable OVNI sur les pistes cyclables indie Bruxelloises, Mountain Bike est apparu en 2014, un premier album de rock garage brut et spontané sous le bras (“Mountain Bike”) enregistré moins d’un an après leur première répète. Suivent un solide paquet de concerts parmi lesquels un slot en première partie de FFS à l’AB mais également à l’affiche des plus grands festivals du pays. Après un plus poli mais tout aussi réussi “Too Sorry For Any Sorrow” en 2017, le groupe disparait comme il était venu, ses quatre membres retournant à leurs projets respectifs.

Aujourd’hui, ils se reforment à l’occasion de l’anniversaire de Humpty Dumpty mais nul ne sait s’il s’agit d’un one shot ou du début de la suite de leurs aventures (le savent-ils eux-mêmes ?). Un nouveau titre (“Sandwich” et son clip, disons, surprenant) vient toutefois d’être dévoilé, ce qui pourrait nous en donner une vague indication.

Des interrogations dont ils n’auront cure en montant sur scène, démarrant pied au plancher par un “Torture” aussi crasseux que nerveux, générant les premiers mouvements de foule. Ceux-ci redoubleront lors de “Mean With You” et de son riff d’enfer pour ne se calmer qu’à de très rares moments. Sueur et bière seront donc légion, culminant par un clashage en règle d’un type en imper qui grimpera sur scène au milieu du set, submergé par une pyramide de gobelets vides.

Rien n’a en effet vraiment changé depuis tout ce temps : la bonne humeur communicative, le foutoir sur scène et les tenues vestimentaires douteuses. S’ils ont laissé tomber les maillots de basketteurs, le short en léopard du bassiste valait à lui seul le détour. Quant au chanteur, il est toujours aussi à l’aise sur une scène que derrière un bar.

Musicalement, ils n’ont rien perdu de leur dextérité ni de leur alchimie. La preuve avec le précité “Sandwich”, officiant dans un registre surf pop noisy proche des débuts et qui n’a rien à envier à “Got Power” par exemple. Le hit “I Lost My Hopes (In Paradise)” sera joué d’une manière retenue au contraire d’un “Is That All About Money” plus speedé que jamais en clôture du set principal. Un peu plus tôt, c’est une cover du “Lump” des Presidents Of The United States Of America qui mettra le feu au moshpit.

Le groupe reviendra terminer le boulot via notamment un “World Land” de feu, introduit par des riffs à la “Billie Jean” et un refrain digne d’“I Was Made For Lovin’ You”. “Good For Nothing” achèvera la soirée de la plus parfaite des manières (“You are the rescue of my day”). A une époque où la mobilité douce devient la norme, le monde a plus que jamais besoin de Mountain Bike.

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