They are Therapy? and they love us!

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Après avoir sauvagement retourné le Trix et le Reflektor début octobre, Therapy? n’a pas calmé le jeu à La Sucrerie. Andy Cairns et ses deux comparses ont conquis sans peine l’élégant complexe Wavrien qui n’avait sans doute jamais connu pareil ouragan jusqu’ici. À l’initiative de la dynamique boîte de booking Ether Agency, ils sont venus y défendre avec brio “Hard Cold Fire”, leur consistant seizième album.

Déjà présents à Anvers et à Liège, les trois Norvégiens de Bokassa ont lancé les festivités pied au plancher et sans tergiverser. V-guitar entre les mains, le prolixe leader ne ménage pas ses efforts (ni sa voix) pour faire grimper la température et affoler les premiers rangs.  Malgré un résultat mitigé, les natifs de Trondheim présenteront en primeur une poignée d’extraits d’“All Ouf Of Dreams”, une quatrième plaque prévue pour février. On y perçoit de sournoises influences électroniques au service d’un punk hardcore à tendance metal peut-être un rien trop exigeant à ce moment de la soirée.

Si on a l’habitude d’associer Therapy? à un groupe qui vieillit avec son public, force est de constater que la tendance est peut-être en train de s’inverser. Nombre d’ados avaient en effet effectué le déplacement à la Sucrerie. Bon, OK, la plupart d’entre eux accompagnaient leurs parents souvent nostalgiques des années 90 mais le fait mérite d’être signalé. Parmi ceux-ci, peu savent que les Nord-Irlandais alignent les albums avec une étonnante régularité et que le dernier en date, “Hard Cold Fire”, n’est pas le moins fougueux du lot.

C’est d’ailleurs au son de sa plage d’intro, l’explosif “They Shoot The Terrible Master”, qu’ils mettront le feu aux poudres. Un terme en parfaite adéquation avec un groupe à l’énergie intacte et à l’enthousiasme communicatif. Le musclé “Nausea”, dans la foulée, verra déjà un Andy Cairns particulièrement en forme travailler la foule comme il sait si bien le faire. Expressif et théâtral, son regard démoniaque contribue à rendre notamment “Isolation”, leur célèbre cover de Joy Division, plus flippante que jamais.

À sa droite, le bassiste Michael McKeegan semble lui aussi avoir mangé du lion même si dans son chef, on est plutôt habitué à le voir arpenter inlassablement la scène. Le fameux syndrome du bassiste (Shame, Palma Violets) dont il est peut-être l’initiateur… Le batteur Neil Cooper complète le trio, lui qui fête son anniversaire à chaque concert (ce sera encore le cas ce soir lors des rappels, une redondante running joke…). Même s’il tape comme un dingue sur ses fûts, certains éléments manquent de puissance, à commencer par la caisse claire claquante, caractéristique du son du groupe (“Totally Random Man” en souffrira particulièrement). Les embouteillages structurels au bar mis à part, il s’agit du principal point à améliorer s’ils décident d’organiser davantage d’événements de ce type à la Sucrerie…

On l’a dit, “Hard Cold Fire”, le premier album de Therapy? depuis la célébration de leur trentième anniversaire et une tournée notamment passée par l’AB en mai 2022, se défend plutôt bien. Et les versions live proposées ce soir vont confirmer leurs excellentes dispositions. “Joy”, par exemple, se profile comme un futur classique alors que la fougue de “Bewildered Herd”, a presqu’été fatale à la voix du leader. Quant aux soutenus “Poundland Of Hope And Glory” et surtout “Days Kollaps”, ils se fondent parfaitement dans une set-list parfaitement agencée.

Une set-list qui s’articule moins qu’à l’accoutumée autour de “Troublegum”, l’album de référence pour la majorité des spectateurs (et des fans de Therapy? en général). D’autant qu’avec “Unbeliever” et “Turn”, ils n’ont pas nécessairement sélectionné les extraits les plus évidents, se permettant même le luxe de laisser “Knives” de côté. On y reviendra lors des rappels.

En attendant, ils piocheront dans leur back catalogue riche et varié, s’arrêtant sur des pépites énergiques, comme ce “Neck Freak” bourré de tension ou cette version de “Diane” davantage dans la veine speedée de l’original signé Hüsker Dü que celle figurant sur “Infernal Love” en 1995. Un album sur lequel on retrouve également “Stories” qui, sans surprise, fera le boulot parmi un public de plus en plus chaud. Et ce n’est bien entendu pas l’hypnotique “Teethgrinder” en clôture du set principal qui calmera ses ardeurs…

Au contraire, les généreux rappels en rajouteront une couche. Le bref et intense “Bloody Blue”, tout premier morceau composé par Therapy? en 1989 et “Ugly”, un ultime nouveau titre plein d’urgence, constitueront ainsi la curiosité de ces prolongations à l’intensité décuplée. Les incomparables “Die Laughing” et “Screamager” en constituant le sommet alors que “Potato Junkie” permettra à Neil Copper de souffler ses bougies fictives au moyen d’un solo aussi démonstratif que dispensable. “Nowhere”, de son côté, achèvera le boulot dans une moiteur indescriptible générée par les nombreux pogos des premiers rangs. Mission accomplie, donc, malgré le sentiment bizarre que les vingt-cinq années séparant “Semi-Detached” de “Hard Cold Fire” n’ont virtuellement jamais existé.

SET-LIST
THEY SHOOT THE TERRIBLE MASTER
NAUSEA
ISOLATION
JOY
UNBELIEVER
SAFE
BEWILDERED HERD
NECK FREAK
TWO WOUNDED ANIMALS
TURN
TOTALLY RANDOM MAN
WOE
POUNDLAND OF HOPE AND GLORY
STORIES
DAYS KOLLAPS
MONGREL
DIANE
TEETHGRINDER

BLOODY BLUE
DIE LAUGHING
POTATO JUNKIE
UGLY
SCREAMAGER
NOWHERE

Organisation : Ether Agency

Photos © 2023 Olivier Bourgi

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