MURDER OF MY SWEET, The – A gentleman’s legacy

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Revoici venir The Murder Of My Sweet, dont le précédent album ʺBrave tin worldʺ (2020) avait laissé une agréable surprise, pour peu que l’on apprécie le métal symphonique bien fait. Le patron de l’affaire, Daniel Flores, a profité des périodes de confinement coronaviral pour se pencher sur le sixième album de The Murder Of My Sweet en renouant avec son passé. En effet, Daniel Flores a acquis ses galons de compositeur et producteur avec son précédent groupe Mind’s Eye, qui avait terminé sa carrière en 2008 sur une excellente impression avec son avant-dernier album ʺA gentleman’ s hurricaneʺ (2007).

Dans cet album concept, Daniel Flores avait créé le personnage d’Adam Evangelista, un ancien porte-flingue de la CIA ayant viré malfrat. L’histoire d’Adam était racontée dans cet album par le prisme de confessions faites à un prêtre, lequel prêtre était le propre éducateur d’Adam et il ne s’était pas privé de martyriser le malheureux garçon avec des châtiments corporels. C’est à cause de cette éducation traumatisante qu’Adam était devenu un tueur froid dépourvu de sensibilité. Mais Adam avait aussi une fille, mexico-américaine qui désespérait de retrouver son père, ce qui sera chose faite à la fin du disque.

Et c’est là où Daniel Flores reprend son histoire sur ʺA gentleman’s legacyʺ, avec le personnage de Pandora Evangelista, la fille d’Adam, qui prend le même chemin que son père en se vengeant de ceux qui donnaient des ordres à ce dernier. Sauf qu’ici, on n’a plus affaire à des pontes dissimulés de la CIA mais à des Illuminati. La mode étant au complotisme qui voit des groupements secrets un peu partout, des toilettes de Joe Biden jusqu’au centre d’une Terre creuse peuplée de reptiliens, il était logique que Daniel Flores cède à la tentation du sensationnel. Le disque raconte donc le parcours de Pandora Evangelista, qui finit par subir les mêmes avanies que son père, jusqu’au remords, auquel on n’échappe pas.

Daniel Flores avoue avoir passé trois mois à écrire l’album, paroles et musique, puis cinq mois à l’enregistrer. Flores savait qu’il jouait gros car il réveillait l’intérêt de ses fans de Mind’s Eye, avec qui il ne fallait pas déconner en termes de suite d’un album considéré comme culte. Il a donc mis toutes les chances de son côté en embauchant à la guitare son ami Daniel Palace, grand fan de Mind’s Eye et artiste signé par Frontiers Music, qui accueille aussi Daniel Flores et son Murder Of My Sweet dans son écurie. Bien sûr, pour interpréter le rôle de Pandora Evangelista, la ravissante et douée Angelica Rylin était toute trouvée. Et à la basse, c’est le désormais titulaire Patrick Janson qui officie.

Une fois qu’on a raconté tout ça, que trouve-t-on dans ce nouvel album ? On démarre avec une longuette introduction où on entend quelqu’un monter dans une voiture sous une pluie battante. Puis un dialogue s’ensuit et on attend plus de deux minutes avant d’entrer dans l’album proprement dit. Déjà, les patiences se sont un peu érodées mais ce n’est pas la suite du disque qui va insuffler plus d’enthousiasme. Il faut en effet voir défiler un certain nombre de morceaux sympathiques mais ronronnant gentiment dans une routine métal progressif avant de vraiment pénétrer dans l’histoire qui nous est racontée. Ce n’est que vers la moitié de ʺA gentleman’s legacyʺ qu’on commence vraiment à accrocher, avec ʺKill your darlingsʺ (un peu), ʺFather’s eyesʺ (assez) et surtout ʺRise aboveʺ qui fait tourner au mieux les turbines métal prog. À partir de là, oui, de grands refrains interviennent (ʺTrick of the devilʺ, ʺHeads or tailsʺ) jusqu’au grandiose ʺFinding closureʺ qui termine cette aventure en réalisant enfin les ambitions posées à l’origine de cet album. Mais on a dû ronger son frein pour arriver jusque-là.

J’attendais sans doute beaucoup de cet album après avoir été enchanté par ʺBrave tin worldʺ. Mon opinion personnelle est que ʺA gentleman’s legacyʺ a subi un petit retard à l’allumage avant de pouvoir briller de tous ses feux. Il n’est reste pas moins vrai que l’exécution instrumentale est de haute tenue et que le chant d’Angelica Rylin, comme toujours, est magnifique de justesse. On ne va quand même pas trop bouder son plaisir.

Le groupe :

Angelica Rylin (chant)
Daniel Flores (batterie)
Mike Palace (guitare)
Patrick Janson (basse)

L’album :

ʺSix Feet Underʺ
ʺA Ghost of a Chanceʺ
ʺDamnationʺ
ʺThe Wheels of Timeʺ
ʺWingedʺ
ʺKill Your Darlingsʺ
ʺFathers Eyesʺ
ʺRise Aboveʺ
ʺTrick of the Devilʺ
ʺHeads or Tailsʺ
ʺPlease, Don’t Wait Upʺ
ʺFinding Closureʺ

https://www.facebook.com/tmomsband

Pays: SE
Frontiers Music
Sortie: 2021/12/10

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