NAZARETH – Surviving the law

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Si on fait le point sur les derniers dinosaures encore actifs du hard rock anglais classique des années 70, que trouve-t-on ? Nous avons toujours Deep Purple, Uriah Heep, Status Quo, mais il ne faudrait pas oublier Nazareth, qui est lui aussi toujours actif et qui pourrait même se présenter comme l’un des plus convaincants de tous ces groupes de grands-pères, surtout avec ses deux derniers albums, tout simplement excellents.

L’histoire de Nazareth est longue. Le groupe écossais entame en ce moment sa 54e année d’existence, marquée par de grands albums (ʺRazamanazzʺ, 1973 ; ʺLoud and proudʺ, 1974), des hits marquants (ʺLove hurtsʺ, ʺHair of the dogʺ) et malheureusement aussi un décès (celui du batteur d’origine Darrell Sweet en 1999) et un départ forcé pour raisons de santé (l’historique chanteur Dan McCafferty en 2014). Que faire quand le batteur meurt ? On prend le fils du bassiste et on le place derrière les fûts pour continuer le combat. C’est ainsi que Lee Agnew, fils de Pete Agnew, devient le batteur de Nazareth en 2000. Que faire quand l’indispensable chanteur du groupe, figure tutélaire et marque de fabrique de Nazareth quitte le groupe ? On obtient de lui l’adoubement du remplaçant, avec l’arrivée de Carl Sentance (ex-Persian Risk, également dans le groupe de Don Airey) qui reprend le micro sur l’album ʺTattoed on my brainʺ en 2018.

Et cet album, qui voyait Nazareth récupéré sur le label italien Frontiers Music, s’est révélé tout simplement miraculeux, solide et fort comme un disque de jeunots. Le vénérable Pete Agnew (75 ans) retrouvait une seconde jeunesse grâce à l’apport nouveau de Carl Sentance, remonté comme une pendule à l’idée de servir un des groupes les plus mythiques de la vieille scène hard anglaise. Le plus beau, c’est que la foudre frappe encore une fois au même endroit avec ce nouveau ʺSurviving the lawʺ, qui réunit les mêmes cartes dans son jeu. On a effectivement toujours la même équipe, le même label et le même producteur (Yann Rouiller, qui a enregistré le tout au studio Sub Station en Ecosse), et on a surtout la même énergie et le même enthousiasme à faire péter du rock ‘n’ roll sans complexe, qui vous agrippe l’entre-jambes avec ses grosses mains velues et qui secoue le tout avec force et frénésie.

Nazareth démarre son album avec une solide préparation d’artillerie qui envoie le triphasé sur les trois premiers titres, histoire de bien mettre les choses au point et les points sur les i. Après le passage de ʺStrange daysʺ, ʺYou gotta pass it aroundʺ et l’excellent ʺRunawayʺ, le groupe met un peu plus de rythmes dansants sur plusieurs titres, avec ʺBetter leave it outʺ, ʺSweet kissʺ et ʺLet the whisky flowʺ qui donnent davantage envie de remuer le popotin. Cette orientation est assez audacieuse mais la recette fonctionne. Les plus frileux des fans de Nazareth pourront néanmoins se rassurer en se planquant sous l’aile protectrice du groupe, qui continue à fournir le lot bienvenu de morceaux lourds et entrainants, comme ʺMind bombʺ, ʺFalling in loveʺ (à la rythmique typiquement nazaréenne) ou ʺWaiting for the world to endʺ.

Les plus difficiles des auditeurs de Nazareth vont devoir se creuser la tête pour trouver un titre plus faible que l’autre dans cette nouvelle livraison, car tout cartonne avec pertinence et virilité. On se fait encore aplatir par le simple et efficace ʺSinnerʺ, le chaloupé et quasi-australien ʺCiggies and boozeʺ ou le massif ʺLove breaksʺ. Ici, pas question de textes mignonnets sur le changement climatique, les vertus de la mangue ou le végétarisme, on reste dans les bons vieux thèmes pour mecs boomers qui roulent encore au diesel et qui n’ont jamais entendu parler de la théorie du genre. Les types de Nazareth finiront par calmer un peu le jeu et chatouiller le minois des majorettes avec un petit blues final, néanmoins lascif et envoutant (ʺYou made meʺ). C’est la seule concession au calme et à la douceur concédée par ces diables de Nazareth qui n’ont pas encore envie de raccrocher les gants de boxe au vestiaire.

Et donc, que ce soit en fauteuil roulant, en déambulateur ou avec des cannes, les vieux amateurs de heavy rock qui ont connu la grande époque doivent encore se précipiter chez le disquaire le plus proche pour mettre la main sur cette galette, qui les renverra quelques décennies en arrière. Et pour les plus jeunes, prévenez avant de guérir : achetez-le aussi.

Le groupe :

Carl Sentance (chant)
Jimmy Murrison (guitare)
Pete Agnew (basse)
Lee Agnew (batterie)

L’album :

ʺStrange Daysʺ
ʺYou Gotta Pass It Aroundʺ
ʺRunawayʺ
ʺBetter Leave It Outʺ
ʺMind Bombʺ
ʺSweet kissʺ
ʺFalling In Loveʺ
ʺWaiting For the World to Endʺ
ʺLet the Whisky Flowʺ
ʺSinnerʺ
ʺCiggies and Boozeʺ
ʺPsycho Skiesʺ
ʺLove Breaksʺ
ʺYou Made Meʺ

http://www.nazarethdirect.co.uk/
https://www.facebook.com/nazarethofficial/

Pays: GB
Frontiers Music
Sortie: 2022/04/15

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