Lucky PETERSON nous apporte l’Amérique profonde à Verviers !

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Car c’est bien cela qu’a fait ce génie de la musique, en nous apportant l’âme des états d’Amérique qui ont constitué les fondements de la culture musicale noire américaine. Né à Buffalo en 1964, Lucky apprend à jouer de l’orgue dès l’âge de ses cinq ans. Par la suite, la guitare sera son second instrument de prédilection. Au cours de sa vie, il va côtoyer entre autres Buddy Guy et Muddy Waters. Considéré par beaucoup comme l’un des disciples du grand John Lee Hooker, Lucky Peterson est devenu par la force des choses une figure emblématique du blues. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que je prends la route du 66, et quelle n’est pas ma surprise quand en arrivant sur la place du Martyr, je croise un petit homme bedonnant arborant un sourire qui lui est tout personnel. Lucky est dans la place !

Devant une assemblée bien garnie, c’est d’abord au tour des musiciens accompagnant le maître, de chauffer la salle avec deux premières compositions où nos trois lascars vont enflammer l’assistance avec un blues démonstratif, surtout au niveau de la guitare. D’emblée, grâce à l’excellent travail du fidèle Ricky Rigsby à la basse et de deux jeunes blancs-becs à la guitare et à la batterie, le groove et le swingue s’installent sur scène et dans le public. Vient alors le boss, affublé d’un costume coloré et d’un petit chapeau. Dès les premières notes de guitare, on reconnaît tout de suite le savoir-faire d’un grand bluesman américain. Lucky comme à son habitude, colore la scène de ses irrésistibles solos, mais aussi illumine la salle grâce à son humour et à sa légendaire gentillesse. D’ailleurs, il félicitera à plusieurs reprises ses fidèles musiciens. Nous voilà donc parti pour un premier set où notre génial invité va distiller une musique où vont s’entrechoquer tous les grands courants de la musique noire américaine.

En effet, le blues va côtoyer le funk, la soul, le Rhythm and Blues et même le gospel. N’oublions pas de préciser que notre hôte d’un soir passera avec une aisance déconcertante de la guitare électrique à l’orgue Hammond. Ah ce bon vieil orgue Hammond d’où sortent des sonorités chargées d’histoire musicale, Lucky le maîtrise à la perfection pour faire chavirer notre coeur. Ce qui frappe également, c’est la synchronisation parfaite dans les changements de rythmes ou de compositions. Tout ici est réglé comme une montre suisse ! S’il est à l’orgue, Lucky lève alors une de ses mains et s’il est à la guitare, un petit signe de la tête suffit au reste du groupe pour embrayer sur une nouvelle rythmique. Deux autres faits marquants vont aussi faire monter de deux crans le niveau de cette belle soirée. Tout d’abord, un magistral solo de guitare que Lucky va prolonger grâce à un raccordement satellite jusque devant la salle du Spirit. Notre virtuose joue en pleine rue ! Ensuite, l’arrivée sur scène d’une magnifique déesse métisse qui n’est autre que son épouse Tamara Peterson. Celle-ci illuminera la suite du show de sa grâce, mais surtout de sa magnifique voix qui accentuera le groove présent dans l’atmosphère. Une première partie de concert littéralement magique !

Après une brève pose au cours de laquelle notre grand maître offrit un grand nombre de dédicaces et posa pour de nombreuses photos, la musique reprit ses droits pour nous livrer une seconde salve tout aussi performante qu’au début. Cette fois-ci, c’est de la table aux dédicaces que Lucky prit son second envol au départ d’un nouveau solo de guitare dont il a le secret. L’ensemble du second set sera du même tonneau avec toutes les facettes de la musique noire américaine. Chaque musicien ira de son solo, et ce, pour notre plus grand plaisir. Précisons enfin que notre bluesman va ce soir revisiter quelques grands standards de prestigieux musiciens comme Stevie Wonder, Jimi Hendrix et même Prince ! Au final, grande technique, humour et variations de styles joués pour nous offrir un petit goût du Mississippi, de la Louisiane ou d’autres états d’Amérique comme le Michigan ou l’Illinois d’où sont issus tous les grands courants musicaux qui ont fait l’Amérique. Très grand coup de chapeau à ce gigantesque artiste !

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