HAKEN ou le renouveau du métal progressif

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Voilà bien un groupe dont il faut parler à juste titre car outre les excellents albums produits il y a quelques temps, le petit dernier “The Mountain” sorti en 2013 fait figure de meilleur album progressif pour Monsieur Mike Portnoy en personne ! Un sacré compliment venant de ce grand batteur ayant travaillé au sein de Dream Theater, Transatlantic et OSI. N’oublions pas non plus le précédent opus “Visions” classé en quatrième place de notre classement pour un groupe qui suit les traces du grand Pain of Salvation ! Une aubaine donc pour votre serviteur de voir à Verviers ce tout grand espoir qui était déjà monté sur les planches du 66 en 2013. C’est donc avec énormément de plaisir que je prends la route du Spirit pour voir et écouter une des valeurs sures de demain avec à mon arrivée, la joie de voir une salle déjà bien remplie de fans qui ne demandent manifestement qu’à en découdre avec le groupe. 20h10 les membres d’Haken passent devant nous et descendent dans la loge-cave pour se préparer avec presque dans la foulée, un démarrage du show à 20h30 tapant. C’est tout d’abord les cinq musiciens qui font leur apparition avec d’entrée de jeu, une ligne d’attaque composée de deux guitaristes et du nouveau bassiste qui n’est pas sans me rappeler celle de Pain Of Salvation. Le métal progressif proposé dès le départ est efficace et puissant avec un Raymond Hearne omniprésent derrière son impressionnante batterie mais voici, le maitre de cérémonie le bien nommé Ross Jennings qui prend à bras le corps son rôle de frontman ! Le chanteur étonne à chaque fois par sa présence, son dynamisme à enrôler les foules et bien sûr ses capacités vocales indéniables. Dans la foulée, ce chevelu de Ross nous annonce que ses comparses vont nous interpréter l’intégralité du dernier opus “The Mountain” ce qui tétanise d’ors et déjà une partie de l’assemblée présente. Musicalement, Haken fait bien figure de renouveau en ce sens qu’il perpétue la tradition des Dream Theater et Pain of Salvation avec un métal progressif inventif, diversifié, brutal mais qui laisse la place à de nombreux passages progressifs où les claviers de Diego Tejeida font des merveilles. Renouveau aussi avec des harmonies vocales à trois ou quatre voix qui rappellent aussi les grands précurseurs sans pour autant ne pas avoir sa propre personnalité. Le groupe a bel et bien sa propre marque de fabrique, un style indéniable où outre les deux précédentes références logiques du monde du métal progressif, s’ajoute le niveau des harmonies vocales d’un Moon Safari et les qualités d’un chanteur et frontman proche de Vincent Cavanagh d’Anathema. Une sacrée carte de visite pour un groupe qui a su apidement se positionner sur le devant de la scène en ayant démarré sa carrière il y a seulement sept ans !

Musicalement le show est impeccable avec au niveau technique une balance et des prises de son calibrés au millimètre mais surtout, un jeu pointu et efficace de chacun des protagonistes aussi bien dans les moments plus atmosphériques que lors des coups de buttoir qui nous matraquent littéralement le cerveau. Les assauts répétés vont me rappeler les concerts titanesques d’Anthrax ou Channel Zero auxquels j’ai pu assister à une certaine époque. Quel plaisir de mucher en dandinant de la tête avec ce Ross qui n’arrête pas de nous relancer et qui nous pousse à participer à la fête. C’est une réelle performance vocale de haut vol auquel Monsieur Jennings nous convie avec comme je l’ai déjà dit, un niveau très proche du leader d’Anathema. Raymond Hearne quant à lui, a cette grande capacité qu’ont les grands batteurs d’aussi bien marteler les fûts que de lécher les cuivres pour nous proposer aussi bien du lourd que de la soie. Concernant Richard Henshall qui se fait ici aider par un second couteau à la 6 cordes, il maitrise aussi bien son synthés que sa guitare dont il sort aussi bien des riffs tranchants que des notes pointues et précises. Le claviériste Diego Tejeida est bel et bien celui qui apporte profondeur ou hauteur grâce ses nappes de synthés qui d’ailleurs, contribuent largement à installer les intros atmosphériques des compositions. Le nouveau bassiste Conner Green aura parfaitement joué son rôle avec un jeu précis et puissant qui a manifestement impressionné le public.

Pour ce qui est de la set-list et si le dernier opus a servi de plat de résistance, le dessert fût proposé sous la forme des compositions phares de l’excellent “Visions” avec “Nocturnal Conspiracy”, “Insomnia” ou ‘The Mind’s Eye” quant au sublime “Deathless”, ce fût un tout grand moment d’émotion où la musique et le chant ont touché de près le grand Anathema ! C’est finalement le bouillant et complexe “Visions” qui clôture le set. Ce dernier morceau aura pour effet de faire perdre pieds à certains de mes voisins qui se liquéfieront sur place. Rappel obligé avec deux dernières compositions où le groupe souffle le chaud et le froid avec d’une part, un morceau puissant qui frappe de plein fouet les derniers survivants et d’autre part, une chanson plus tempérée où l’on peut une dernière fois apprécier le travail vocal du groupe.

Voilà c’est fini et si je puis me permettre, on en a pris plein la tronche avec ce show très puissant et si riche en intensité et en émotion. Je persiste et signe à dire qu’Haken est un très grand espoir et je confirme qu’il est bien dans le sillage de tous les grands groupes que j’ai cité dans cet article. Le groupe de Ross Jennings a littéralement cassé la baraque et c’est la gueule enfarinée et les tympans momentanément troués que je rentre chez moi le cœur rempli de bonheur. Ce fût sans conteste un Must de la cuvée 2014 !

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