Gaz Coombes, un Matador épanoui

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Il y a dix ans presque jour pour jour, Gaz Coombes se produisait à l’Orangerie du Botanique avec Supergrass. Gageons que le bonhomme n’en a cure puisque c’est désormais en solo qu’il officie. Ce jeudi 5 novembre, il est revenu au même endroit célébrer son deuxième album, l’excellent “Matador”, en réservant une petite surprise à ses fans. En effet, il avait emmené avec lui Piney Gir, une chanteuse originaire du Kansas désormais basée à Londres mais toujours bien américanisée (cfr un titre sur Halloween, son jour préféré de l’année). Jusqu’ici, rien de bien révolutionnaire si ce n’est que c’est avec les musiciens de cette dernière qu’il va se produire ce soir.

En attendant, la souriante diva a régalé l’auditoire en avant-programme via ses compositions sucrées presqu’enfantines, à l’image de ses pommettes rouge bonbon et des chorégraphies qu’elle réalise avec ses deux camarades de jeu. Ces dernières, avec leurs harmonies vocales calibrées, vont nous renvoyer vers les girl groups des années 60. Délibérément pop et drôlement bien ficelées, on se laisse prendre au jeu et on se met parfois à penser à Papas Fritas tant la partie insouciante prend le dessus. Une entrée en matière sans prise de tête aucune.

Depuis sa visite à la Rotonde en février dernier, “Matador”, l’album de Gaz Coombes a mûri et récolté une nomination au Mercury Music Prize, égalant la performance réalisée il y a vingt ans par le premier album de Supergrass, “I Should Coco”. Une preuve supplémentaire que le chanteur a fait le bon choix en se lançant corps et âme dans une aventure en solitaire.

Sans surprise, il allait faire la part belle à cet album, entamant son set avec “Needle’s Eye”. Aux côtés des musiciens de Piney Gir, parmi lesquels le sosie de John Lennon à la batterie, un bassiste mexicain moustachu (dont les parents étaient dans la salle à nos côtés) et un guitariste androgyne. Les trois nanas (qui se sont changées entre-temps) sont désormais à l’arrière de la scène et vont assurer les chœurs tout en apportant de la fraîcheur et une part de délicatesse féminine dans ce monde de mâles complété par un claviériste bidouilleur qui se mettra en jambes sur “Oscillate”.

Aussi à l’aise derrière un piano qu’avec sa guitare comme vont le démontrer un excellent “Buffalo” et un troublant “One Of These Days”, le chanteur va ensuite complètement rentrer dans sa prestation qui va dès lors gagner en intensité. À ce propos, en février dernier, on se demandait ce que des titres comme “The English Ruse” et “To The Wire” pouvaient bien donner avec des choristes gospel. La réponse sera partiellement donnée ce soir avec l’espace que le chanteur laissera à Piney Gir et ses deux acolytes, métamorphosant du même coup les compositions en question.

Ceci dit, les parties plus sages, à l’instar de “White Noise” et “The Girl Who Fell To Earth” conviennent à merveille à la voix d’un chanteur manifestement épanoui et heureux d’être là. “Seven Walls” sera à classer dans le même registre, entamé d’une manière acoustique avant de virer dans un trip planant tout aussi envoûtant.

La fin du set sera quant à elle époustouflante et magnifiée par l’utilisation judicieuse des forces en présence. “Detroit” et surtout “20/20” dans une version parfaitement construite vont démontrer combien la nomination précitée n’est pas usurpée. Quant au rock ‘n’ roll “Hot Fruit”, il sera à mettre dans la même catégorie que l’impressionnant “Break The Silence”, dernier titre de la soirée. Une adaptation kilométrique aussi électrisante que disco pendant laquelle une chorégraphie sera mise au point par les trois nanas à l’arrière de la scène. Ou comment assister à deux prestations radicalement différentes à quelques mois d’intervalle.

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