Interview de Nic Maeder (Gotthard)

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Grâce à une collaboration avec le fan-club officiel du groupe suisse Gotthard (
site officiel du groupe
), Music In Belgium vous propose de découvrir une interview inédite de Nic Maeder, chanteur du célèbre groupe tessinois. Cette interview a été publiée initialement dans le magazine réservé aux membres du fan-club officiel (All Access, n° 63, mars 2016).

Tu es né en Suisse, puis tu es parti vivre en Australie: parle-nous un peu de ton enfance et de tes premiers pas dans l’industrie de la musique?

Nic: Je suis né à Lausanne et quand j’avais 2 ans, mes parents ont décidé de déménager en Australie, car ils avaient besoin de changement, de quitter la Suisse. À l’époque, dans les années 70, les gens ne savaient pas à quoi s’attendre en allant en Australie, c’était comme partir à l’aventure. J’ai grandi entre la Suisse et l’Australie, nous faisions des allers-retours entre les deux pays tous les 2-3 ans. J’ai été à l’école dans les deux pays, ce qui était enrichissant pour moi puisque j’ai grandi avec les deux cultures, qui sont tout à fait différentes et parfois même opposées, du coup, je maîtrise l’anglais et le français.

Ma première approche de la musique s’est faite tout naturellement puisque mon père jouait du piano: nous avions à la maison un grand piano qui faisait les allers-retours avec nous. J’ai donc commencé à en jouer très tôt. Je suis entré au Conservatoire à l’âge de 8 ans, mais je n’ai pas vraiment aimé cela: c’était beaucoup plus sympa pour moi de jouer du piano avec mon père!

Quelques années plus tard, à 13 ans, j’ai appris la guitare en autodidacte et j’ai commencé à écrire des chansons. J’étais encore à l’école et avec mon frère, qui était depuis un certain temps mon complice musical, nous avons fondé notre premier groupe. Après cela, autant lorsque nous vivions en Australie ou en Suisse, je jouais toujours dans un groupe. Un peu plus récemment, au milieu des années 2000, j’ai fondé un groupe avec mon frère, Maeder.


Revenons au tout début de ton histoire avec le groupe: comment es-tu devenu le nouveau chanteur de Gotthard?:

Nic: J’ai su que le groupe cherchait un nouveau chanteur grâce à un ami commun (Patrick Aeby, ancien batteur de Krokus), qui m’a organisé une rencontre avec eux. Au début, comme je vivais encore en Australie, j’ai simplement envoyé des enregistrements de ma voix sur certains morceaux de Gotthard («Anytime Anywhere», «Top of The World» et «Need To Believe»). Je suis ensuite venu dans le Tessin pour rencontrer les garçons et c’est à ce moment-là que la vraie audition a eu lieu. En fait je suis passé par le même processus que tous ceux qui ont auditionné pour faire partie du groupe. J’ai connu Gotthard à leurs débuts, je pense que le second album, «Dial Hard», venait de sortir. Mais à cette période, je suis à nouveau parti pour l’Australie pendant 17 ans et je n’ai donc pas suivi l’évolution du groupe. En 1994, j’ai joué avec mon groupe, Clean Dirt, dans un festival près de Zurich où ils étaient la tête d’affiche.

«Remember It’s Me» est ta première collaboration avec Gotthard. Raconte-nous tes souvenirs et ton ressenti pendant la période d’écriture et d’enregistrement de cette chanson.

Nic: Lorsque nous avons commencé à travailler sur «Remember It’s Me», je n’étais pas encore membre de Gotthard. Travailler sur ce titre faisait encore partie de l’audition. La première fois que je suis venu ici, j’ai rencontré le groupe et nous avons joué ensemble dans la salle de répétition. Puis nous avons passé un jour au studio pour enregistrer ma voix sur certains titres de Gotthard, pour voir si cela pouvait fonctionner, et ensuite je suis retourné en Australie. Quelques semaines plus tard, ils m’ont demandé de revenir à Lugano et de passer 10 jours en leur compagnie à écrire de nouveaux titres et ainsi voir si nous arrivions à collaborer: cela faisait encore partie de l’audition.


En général, je suis toujours en train d’écrire des chansons et lorsque je suis retourné dans mon studio en Australie, j’ai commencé à réfléchir sur ce que je souhaitais écrire pour Gotthard. J’ai écrit une grande partie du titre «Remember It’s Me». Je savais que j’étais sur le point d’écrire des chansons avec les garçons. L’idée de la mélodie et des paroles est venue très rapidement. J’ai apporté ce titre avec moi lorsque je suis retourné en Suisse et c’est le premier morceau sur lequel nous avons travaillé ensemble: vous pouvez entendre le résultat de ces journées de collaboration sur l’album. En fait, la partie vocale de «Remember It’s Me» que l’on peut entendre sur l’album est celle que nous avons enregistrée avec Leo à ce moment-là sous forme de “démo”: nous avons tenté de la réenregistrer pour l’album, mais comme nous n’avons pas réussi à retrouver le côté naturel de la première fois, nous avons finalement décidé que la première prise était la bonne et le groupe a donc décidé de garder le premier enregistrement.

À la fin de cette session d’écriture/enregistrement, je suis retourné en Australie, mais je n’étais pas encore le chanteur de Gotthard. Puis le groupe a pris sa décision et je suis retourné dans le Tessin. Le processus complet a duré environ 8 mois.


Après avoir rejoint Gotthard, tu as déménagé dans le Tessin. Cela a-t-il été difficile de revenir t’installer en Suisse après avoir vécu en Australie, et d’être du jour au lendemain connu et reconnu par tous?

Nic: Cela n’a pas été très difficile de déménager en Suisse puisque j’y avais déjà vécu par le passé, cela c’est fait naturellement. Les dernières années avant de devenir le chanteur de Gotthard, nous avions l’habitude de revenir chaque été avec mon groupe, pour jouer quelques concerts. Je voulais revenir en Suisse depuis un certain temps. Pour être honnête, au début, personne ne me connaissait, ma présence devait rester secrète. L’idée était de sortir la vidéo de «Remember It’s Me» sans que personne ne sache qui allait être le nouveau chanteur. Tout cela pour avoir le plus grand impact possible. Bien sûr, j’étais dans le Tessin avec les gars, à travailler sur les chansons pour l’album et sur la vidéo, ainsi qu’à tout préparer pour sa sortie. En même temps nous devions expliquer à certaines personnes qui j’étais. Nous disions que j’étais un producteur qui travaillait avec le groupe, Jérôme, qui est en fait mon deuxième prénom, ce n’était donc pas vraiment un mensonge (rires!). Puis «Remember It’s Me» est sorti et bien sûr tous les journaux, magazines, TV, ont su qui j’étais. C’était vraiment une période très intense.


Parle-nous de tes premiers concerts de la tournée Firebirth en Amérique du Sud. Quels ont été tes sentiments en ces jours où, je suppose, tu étais sous pression?

Nic: Dans un premier temps, le plus étrange pour moi a été de devenir célèbre si rapidement, sans avoir moi-même prouvé quoi que ce soit. D’une certaine façon, je ne pensais pas mériter toute cette attention, car je n’avais pas encore fait mes preuves. Bien sûr nous avions écrit quelques titres et sorti une vidéo, mais à partir du moment où j’ai eu ce sentiment, il a commencé à me tarder de jouer en live. J’étais, bien sûr, assez nerveux, mais je pense que tout le groupe l’était aussi. C’était une bonne chose de commencer si loin de la Suisse, pour nous préserver, moi et tous les autres membres du groupe de la pression. Nous sommes ensuite revenu en Europe pour jouer dans quelques gros festivals, comme le Sweden Rock Festival ou le Gods of Metal: bon, je me sens plus relax avec une folle audience, c’est ce que je préfère toujours et encore, le plus grand, le meilleur (rires!!). Je suis plus détendu devant un grand nombre de spectateurs. Pour quelques raisons étranges, je suis plus nerveux si je dois jouer en petit comité.

En avril 2012, sur le tournage du clip de «Starlight» à Berlin, tu as rencontré pour la première fois un grand nombre de membres du Fanclub. Comment était cette expérience?

Nic: Oh yeah! C’était un peu effrayant au début. J’avais déjà rencontré beaucoup de fans, mais jamais autant en même temps. Mais ils étaient tous si chaleureux et gentils avec moi! C’était vraiment cool de voir autant de gens heureux de nous rencontrer, contents de ce que nous faisions et c’était intéressant d’écouter leurs opinions et leurs idées. Cette journée était vraiment superbe et j’étais heureux! Le soutien des fans a été vraiment important pour moi, cela m’a beaucoup aidé à surmonter une période difficile. Aujourd’hui, en regardant environ 5 ans en arrière, je me demande parfois comment j’ai survécu. (rires!!).


Puis en y réfléchissant, je sais comment: les fans m’ont vraiment encouragé, je pouvais vraiment ressentir leur amour. C’est en fait la seule raison pour laquelle j’ai pu continuer. Évidemment, il y a eu quelques moments difficiles où je me disais “Ô mon Dieu, qu’est-ce que j’ai fait, j’aurais dû continuer à vivre ma vie, tranquillement, en Australie!”, surtout lorsque la pression était au plus haut. Mais, pour en revenir aux fans, tout le monde m’a tellement encouragé et était si gentil avec moi, que j’ai réalisé à quel point tout cela était important pour eux. J’ai entendu beaucoup d’histoires de fans, qui me racontaient l’importance de la musique de Gotthard dans leur vie, à quel point elle les a aidés à surmonter des périodes difficiles. Certaines étaient carrément incroyables. Je me suis très rapidement rendu compte de l’impact que la musique de Gotthard a eu sur de nombreuses personnes au fil des années.

En quoi l’écriture et l’enregistrement de l’album Bang! ont-elles été différentes par rapport à l’album Firebirth?

Nic: L’écriture a été relativement similaire: je pense que la grande différence, c’était que nous nous connaissions mieux. Nous avons vraiment écrit les morceaux de «Bang!» sur mesure par rapport à ma voix. Pour «Firebirth», nous avions dû travailler très vite et le temps pressait. Pour l’album «Bang!», nous avons pris le temps de faire en sorte que les morceaux soient adaptés à ma voix.


Parlons du nouvel album: où en est l’écriture? Peux-tu nous donner des détails? Avez-vous déjà une idée de sa date de sortie?

Nic: Nous sommes encore en plein travail d’écriture. C’est surtout Leo, Freddy et moi et nous travaillons dans le studio de Leo. Nous avons déjà dix ou onze morceaux, mais nous voulons en avoir une vingtaine pour pouvoir sélectionner les meilleurs et les peaufiner en studio. En fait, nous travaillons de la même manière que pour les deux derniers albums: tout se passe bien. Nous pensons entrer en phase de production en juillet, mixer les morceaux juste après l’été et la sortie de l’album serait pour début 2017. À ce stade, il est assez difficile de dire si le nouvel album va être plus heavy ou plus soft que Bang!… Comme je l’ai dit, nous n’en sommes qu’à la moitié de l’écriture et pour l’instant, nous avons du heavy, du mid-tempo et quelques ballades… Le son du nouvel album dépendra des titres que nous retenons et de plein d’autres facteurs. Mais à en juger par ce que nous avons déjà et par la direction que nous avons prise, je peux vous dire que ce sera un super album de rock!

Quel est le titre de Gotthard dont tu es le plus fier et quel est le titre qui occupe une place particulière dans ton cœur et pourquoi?

Nic: Je pense que «Remember It’s Me» occupera toujours une place spéciale parce qu’il signifie beaucoup pour moi. Il y a une grande partie de moi-même dans ce titre et il me rappellera toujours ce moment de ma vie où j’ai rejoint le groupe et toute la folie qui est allée de pair! Une des choses dont je suis fier n’a en fait rien à voir avec la musique. C’est le vin Zanini. J’y repensais encore l’autre jour: nous étions en train de faire le shooting photo pour l’album «Firebirth»et nous avons, par hasard, visité l’endroit où sont entreposés les fûts. On nous a demandé de signer un des fûts et nous avons immortalisé le moment par une photo. En réalité, c’est le premier autographe que j’ai donné en tant que membre de Gotthard et la photo du fût portant nos signatures est représentée sur l’étiquette de la bouteille de vin. Ce fut un moment vraiment spécial pour moi, d’autant qu’il n’y a eu que 300 bouteilles et qu’il n’y en aura pas d’autres. Je collectionne ces bouteilles! (rit!!)


Peux-tu nous décrire la vie en tournée? À quoi ressemble une journée sur les routes?
Nic: En fait, c’est une routine. Nous arrivons dans la salle de concert dans la matinée. Après un bon petit déjeuner et une bonne douche, on attend, puis on attend encore, on fait le soundcheck, on se repose un peu. Puis, on a les meet & greets et les interviews. Puis on donne le concert et après, on rentre dans le bus pour prendre un verre ou deux. Le bus se met en route vers la destination suivante, nous essayons de dormir et nous nous réveillons en face de la salle suivante… Mais je ne peux pas vous en dire plus… ce qui se passe sur la route, reste sur la route!! haha 🙂 Plus sérieusement, nous avons vraiment beaucoup de chance d’être entourés d’une super équipe avec laquelle nous formons une grande famille! Le seul véritable problème en tournée est que je ne parviens pas à dormir dans le bus. Alors il m’arrive de prendre une chambre d’hôtel et de me déplacer par mes propres moyens jusqu’à l’endroit où nous jouons, ce qui n’est pas idéal. Je préférerais rester avec le reste de l’équipe, mais je dois faire en sorte de reposer ma voix.

Quel a été le moment le plus intense depuis que tu as rejoint le groupe?

Nic: Hmm, bonne question… Je vis une expérience tellement formidable depuis que je fais partie de Gotthard qu’il est vraiment difficile de sélectionner un moment préféré. Comme je l’ai déjà dit, il y a eu tellement de moments incroyables et importants pour moi que je ne parviens pas à en sélectionner un en particulier. J’apprécie intensément chaque seconde de cette aventure. Il faudra me reposer la question plus tard (rit!!).

Est-ce que ta vie a beaucoup changé depuis que tu fais partie du groupe?

Nic: Bien sûr, comme vous pouvez l’imaginer, surtout en termes de renommée. Pourtant, je n’ai pas l’impression que ma vie a tellement changé. Si cela m’était arrivé quand j’étais beaucoup plus jeune, cela m’aurait peut-être changé. Une des plus belles choses pour moi, c’est de pouvoir désormais me consacrer entièrement à la musique et à rien d’autre, de me consacrer entièrement à l’écriture et la composition, de faire des albums et de partir en tournée! Vous savez, c’est une sensation incroyable d’entendre les gens chanter vos chansons lors d’un concert. C’est vraiment une impression fantastique. J’ai beaucoup de chance! Je ne me demande pas ce que je vais faire de ma vie ou quelle direction je dois prendre. Tout est clair pour moi (rit!!). Beaucoup se demandent s’ils devraient changer quelque chose dans leur vie ou si leur vie prend la bonne direction. Je sais quel sens donner à ma vie et c’est sans doute le plus grand changement de toute mon existence.


Parlons de tes hobbys: comment se passent les leçons de pilotage?

Nic: Je n’ai pas encore terminé, je suis toujours des cours. Le volet pratique est super agréable et je peux effectuer des vols en solo: j’en ai déjà fait trois ou quatre jusqu’ici. En ce qui concerne la théorie, je suis environ à mi-parcours: il faut beaucoup étudier, lire et apprendre et tout cela prend du temps. Je vis pas loin de l’aéroport et je peux facilement m’y rendre pour aller voler quelques heures quand j’ai le temps: c’est le pied absolu. Mais la théorie est assez compliquée et l’apprentissage prend beaucoup de temps. J’ai beaucoup de respect pour les pilotes, car ils doivent être capables de se rappeler de beaucoup de choses dans le bon ordre dans plusieurs domaines. Il y a neuf examens et j’en ai déjà réussi quatre. Je suis donc presque à la moitié. Pour l’instant, je suis en train d’étudier les communications radio. L’école d’aviation AVILU est tout simplement épatante.

Pour la prochaine tournée mondiale, tu pourrais donc faire comme Bruce Dickinson et piloter l’avion qui amène le groupe dans la ville suivante de la tournée?

Nic: Je ne sais pas, les gars pourraient avoir peur de me voir aux commandes!! (rit!!!)

Et le sport? Pratiques-tu ou suis-tu certains sports?

Nic: J’adore le ski! Je vais skier avec Freddy chaque fois que l’occasion se présente. Nous avons eu un drôle d’hiver avec très peu de neige. Et maintenant qu’il y en a, nous sommes en train de travailler et allons bientôt embarquer pour Miami (rit!). Je n’ai jamais été un grand amateur de sport à la TV. Je regarde les grandes compétitions, mais je ne suis pas un accro du sport. J’ai joué au hockey sur glace dans ma jeunesse et j’aimais ça. Je pense qu’un autre membre du groupe a pratiqué et adore aussi le hockey sur glace (sourit)…


Quels sont tes plats préférés? Quelles sortes de vin et de bière préfères-tu?
Nic: Un de mes plats préférés est la fondue au fromage. Pour le vin, c’est clairement le Merlot du Tessin. Je suis un grand amateur de vin rouge et les autres membres du groupe m’ont fait découvrir les vins du Tessin. Ils adorent bien manger et sont amateurs de vin. J’ai eu la chance qu’ils me fassent découvrir les meilleurs endroits de la région. Je ne bois plus guère de bière: j’en buvais beaucoup étant jeune, sans doute beaucoup trop (rit!!). Non sérieusement, je ne suis plus très fan de bière. Il m’arrive encore parfois de boire une bière bien fraîche quand il fait chaud en été, mais ça s’arrête là.

Tu voyages beaucoup avec les tournées et tu as sans doute eu l’occasion de visiter un grand nombre de pays: quels sont les endroits que tu préfères pour y passer des vacances ou pour y vivre?

Nic: L’endroit que je préfère est celui où je vis actuellement. Je ne pourrais pas envisager de vivre ailleurs. Quand on voyage, on n’a pas vraiment le temps de visiter les villes où nous jouons: comme je l’ai déjà expliqué, dès que le concert est terminé, nous embarquons dans le bus et nous partons pour la ville suivante. Quand nous avons de la chance, nous disposons de quelques heures pour faire un petit tour en ville et c’est ce que nous essayons généralement de faire. C’est si difficile à dire parce qu’il y a tellement d’endroits magnifiques: j’ai beaucoup aimé Prague, quelle belle ville!!! Le Japon était vraiment cool! La dernière fois que nous sommes allés là-bas, le promoteur local nous a amenés dans un petit restaurant dans une ruelle pour manger des sushis et du bœuf Kobe. C’était merveilleux! Il était tard après le concert et ils ont gardé l’établissement ouvert juste pour nous trois, Freddy, Leo et moi. Nous étions assis autour du chef et l’avons regardé préparer notre repas. Le Japon m’a laissé un souvenir incroyable. L’Amérique du Sud a été un autre grand moment: tous les endroits où nous sommes allés étaient formidables: nous avons mangé des choses délicieuses et rencontré des gens charmants.


Revenons-en à la musique: combien de temps avant le concert commences-tu à te préparer et en quoi consiste ton échauffement?
Nic: Mon échauffement avant le concert a évolué au fil des années pour s’adapter à la situation. Je commence à m’échauffer une heure et demie avant le début du concert. C’est un échauffement lent, mais je ne me contente pas de préparer ma voix, je fais aussi un échauffement physique. J’aime prendre mon temps et je le fais très lentement. Souvent, nous avons un meet & greet avec des fans et c’est après que je commence ma préparation. Je commence par quelques exercices vocaux, suivis de quelques étirements. Ensuite je continue à échauffer lentement ma voix. Après cela, je m’arrête dix à quinze minutes avant de me changer. Après avoir enfilé ma tenue de scène, je reprends mes exercices vocaux et physiques et ainsi de suite. Ensuite, on se retrouve tous ensemble pour parler du concert, après quoi je continue mon échauffement. Ce n’est pas une heure et demie d’échauffement complet. Les autres membres du groupe font la même chose avec leur instrument respectif et on se met progressivement dans l’ambiance. Notre tour manager me trouve généralement une pièce où je peux me préparer parce que je fais beaucoup de bruit et cela ennuie toute le monde (rit!).

Quelle est la chanson la plus difficile à interpréter du back catalogue de Gotthard?

Nic: Je pense que tous les morceaux étaient un défi parce qu’ils n’ont pas été écrits pour moi et pour ma voix. Il m’a fallu m’adapter et trouver une manière de les interpréter.


Dans quelques jours, le groupe s’envolera pour Miami où Gotthard participe à la Rock Cruise. À quoi t’attends-tu?

Nic: Je pense que ça va être une belle expérience. Nous donnons deux concerts, un d’une soixantaine de minutes dans un théâtre à l’intérieur et un autre d’environ 75 minutes sur la scène aménagée à l’extérieur. Nous allons modifier un peu la setlist et jouer des morceaux différents: ça va être super. Quand nous avons fait une croisière musicale il y a quelques années, ce fut une expérience incroyable: les fans et les artistes étaient tous ensemble sur un bateau et il y avait des concerts partout jour et nuit. Je me souviens qu’un jour, en quittant la table du repas, un gars à l’accent américain m’a apostrophé en me demandant: «C’est bien toi Nic Maeder de Gotthard? Je suis un grand fan de toi et du groupe». Je ne pouvais pas le croire… j’avais devant moi Kurdt Vandehoof, le guitariste du groupe Metal Church! J’étais un grand fan de ce groupe dans ma jeunesse: j’ai adoré leurs deux premiers albums que j’ai dû écouter des milliers de fois. Vous pouvez imaginer dans quel état d’esprit j’étais! Ils seront à nouveau de la partie lors de cette croisière et j’ai hâte de les revoir. Et croyez-moi, je ne compte pas rester enfermé dans ma cabine, car je veux voir le plus de concerts que je pourrai. Il y a tellement de bons groupes à l’affiche. La dernière croisière était plus un festival de Death Metal, celle-ci nous ressemble plus et il y a beaucoup plus de groupes que j’aime.


«Jump The Gun» a été écrit après la dernière croisière 70.000 tons of Metal Cruise. Comment ce morceau est-il né et qui est cette Katie?

Nic: (Il rit tout en répondant!!!) Oui, j’ai rencontré une fille à un des bars de la croisière 70.000 tons of Metal Cruise. Elle s’appelait Kate, elle était magnifique, cheveux roux clair, tatouée et adorait faire la fête. Il a suffi de 2 boissons pour qu’elle soit entièrement saoule. Cette soirée avec elle au bar m’a inspiré une chanson. Elle m’a donné l’idée de créer le personnage de “Katie” qui est aussi sur la pochette de l’album «Bang!»… Ah «Jump The Gun» Katie.

De tous les clips vidéo que vous avez enregistrés avec Gotthard, quel est celui que tu préfères et pourquoi?

Nic: Je pense que le tournage le plus fun a été celui de Bang! avec les joueurs de foot filmés au stade Cornaredo de Lugano. C’était juste avant la Coupe du monde de football et on a pris beaucoup de plaisir à recréer l’atmosphère du noir et blanc avec les joueurs de foot à l’ancienne. Je me suis aussi beaucoup amusé sur le tournage de Yippie Aye Yay: c’est moi qui ai écrit le scénario et qui ai mis en scène ce clip. Et puis, il y a eu l’incroyable expérience du tournage de C’est la Vie à Cuba. C’était la première fois que je me rendais dans ce pays et c’était intéressant, parce que nous n’avons pas seulement tourné une vidéo, nous avons aussi découvert un nouveau pays et une nouvelle culture. Nous voulions montrer le vrai Cuba, loin des sites touristiques habituels. Il y a une histoire, des acteurs. Nous avons fait un casting… C’est comme un petit film. Pour moi, cela a été une expérience incroyable.


Où te vois-tu dans 10 ans d’ici? Et Gotthard?

Nic: Le groupe existe depuis 25 ans et je ne pense pas qu’il soit prêt de s’arrêter. Il y a donc de fortes chances que dans 10 ans d’ici, je sois en train de faire exactement la même chose que maintenant!

Pour en revenir à la question sur mes souvenirs avec Gotthard, au rayon des mauvais souvenirs, je garde celui de ma maladie pendant la tournée Firebirth qui nous a contraints d’annuler un concert en Belgique. J’étais tellement triste d’annuler, mais je n’étais vraiment pas en état de chanter.

Au rayon des bons souvenirs, il m’est difficile d’en sélectionner un en particulier. J’ai beau réfléchir, je ne peux que me répéter: ma vie avec Gotthard est une aventure tellement passionnante que je savoure chaque instant. J’essaierai de vous donner une réponse plus précise la prochaine fois.

Merci beaucoup pour ce très agréable entretien, Nic!

Nic: Merci à vous et merci à tous les fans de Gotthard pour leur indéfectible soutien!!! À très bientôt!!!

Source: All Access, n° 63, mars 2016.

Site officiel du groupe

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