The power of Jamie T

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Il semble que la fibre créatrice de Jamie T ait retrouvé sa vitesse de croisière. Il vient en effet de sortir deux albums en autant d’années, entrecoupés d’un EP alors qu’on le croyait tout à fait disparu de la circulation. Il était à l’Orangerie du Botanique ce samedi 5 novembre pour résumer tout cela. “Hello Brussels, we’re Inheaven“. Une phrase d’intro à double sens qui allait parfaitement résumer ce qui nous attendait la demi-heure suivante. Le groupe choisi par Jamie T himself pour assurer la première partie de sa tournée européenne allait mettre tout le monde d’accord avec un son grungy juste ce qu’il faut et des guitares comme on en entend trop rarement ces derniers temps.

Inspiré par la fougue des débuts de Manic Street Preachers ainsi que, dans une moindre mesure, ceux de Feeder, le quatuor londonien a joué un set sans temps mort et déjà parfaitement au point. Des titres comme “Baby’s Alright” et “Meat Somebody” (sic) (disponibles sur leur premier 7inch) risquent bien de squatter les playlists indie ces prochains mois.

Rien à redire non plus question image, entre un leader au look de latin lover et une bassiste blonde élancée (qui, lorsqu’elle prend les vocaux à son compte, renvoie l’ensemble dans l’univers de Hole). Il s’agissait de leur première visite à Bruxelles qui devrait connaître un prolongement en février prochain avant un album prévu pour l’été.

L’annonce d’un nouvel album de Jamie T en a surpris plus d’un, surtout qu’après la résurrection du bonhomme consécutive à cinq ans d’absence via l’excellent “Carry On The Grudge” et la tournée qui l’a suivi (dont un passage remarqué au Bota), il avait gratifié ses fans d’un EP, “Magnolia Melancholia” en 2015. On ne s’attendait donc pas à recevoir sur un plateau “Trick”, une quatrième plaque toute aussi essentielle que la précédente qui le voit puiser ses influences tant chez les Arctic Monkeys (“Power Over Men”, le titre d’intro du concert) que The Streets (“Crossfire Love”) et The Clash (“Robin Hood”, non joué ce soir).

Casquette vissée sur le crâne, Jamie ne va pas tarder à faire exploser un public chaud comme la braise. Un nerveux “Tescoland” et un “Operations” sur lequel son guitariste et le bidouilleur derrière sa console vont devenir complètement fous suffiront à générer les premiers pogos, faire valser les premiers verres de bière et entendre les premiers Jamie fu**ing T de la soirée. La coloration très british et imbibée de l’audience n’étant pas étrangère à la situation.

On croyait le set lancé mais deux nouveaux titres moins relevés, “Dragon Bones” et “Solomon Eagle” vont refroidir quelque peu les ardeurs. À ce propos, le second nommé est également le titre de la peinture qui orne la pochette de “Trick”, réalisée par Paul Falconer Poole en 1843. Le type au centre de la toile n’est donc pas Jamie, comme une récente chronique le laissait entendre, blaguera-t-il. C’est le moment qu’il choisira pour se débarrasser de son perfecto et entamer un “Salvador” de derrière les fagots. À partir de ce moment, plus rien ne l’arrêtera.

Comme il nous l’avait annoncé lors de l’interview qu’il nous a accordée récemment, le set allait prendre différentes directions, vu son back catalogue. Et cela fonctionne car les plus matures “The Prophet” et “Don’t You Find” ne dépareillent pas aux côtés des plus bricolés mais toujours aussi efficaces “If You Got The Money”(au singalong impressionnant) et “368” dans un costume de rappeur à la Beastie Boys. Même “Sign Of The Times” dans une troublante version en solitaire à la guitare électrique nous laissera sans voix.

Ce n’était toutefois que pour mieux préparer la suite qui allait rendre le public encore un peu plus dingue. “Sheila” et ses paroles hurlées par les spectateurs en transe nous feront comprendre que l’ami Jamie peut prétendre au titre de porte-parole d’une génération. Ceux-ci allaient même organiser un wall of death au son du rugueux “Tinfoil Boy” auquel succèdera un puissant “Rabbit Hole”. Le set principal se terminera avec “Sticks ‘n’ Stones” et une tentative d’invasion de scène, avortée par des roadies qui veillaient au grain.

Le temps de reprendre son souffle et le groupe (complété par un bassiste et une batteuse à la coiffure en ananas) était déjà de retour pour un rappel d’un seul titre. Mais quel titre. “Zombie” dans une version speedée va en effet permettre au public de se jeter une dernière fois dans les pogos, mais pas avant que Jamie l’ait décidé. Une communion et une énergie positive qui conduiront sans aucun doute cette soirée parmi les meilleures de l’année.

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