La Jungle on the dancefloor

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La Jungle, c’est le type de groupe qui doit rendre verts de jalousie les agences de com’ les plus aguerries. Malgré la pandémie et la crise sanitaire, il ne se passe pas un mois sans que l’on ne parle de ses membres et de leurs idées foisonnantes…

Depuis le début de l’été, le guitariste habité Mathieu Flasse et le batteur aux membres tentaculaires Rémy Venant ne sont en effet pas restés les bras croisés. Ils ont notamment fait l’objet du premier épisode de Dites 33, une web-émission enregistrée au Rockerill pendant laquelle des musiciens répondent à quelques questions (souvent posées par un artiste) avant de se lancer dans un set live à huis-clos.

Ils ont également fondé leur propre label, Hyperjungle, dont la sortie initiale était un split avec le duo suisse Hyperculte. Et d’ici une grosse quinzaine de jours, ils présenteront leur nouvelle bière brassée par la Source Beer Co en jouant un concert exclusif à proximité des cuves. Ajoutons que plus tôt dans l’année, ils ont publié “Coucou Beuh!!!”, un double album live enregistré l’an dernier à Lyon et au Dour Festival avant de remporter un Octave de la Musique pour leur excellent Past // Middle Age // Future.

Entre-temps, se basant sur le fait que certains définissent leur style entre techno, transe et dance, ils ont eu l’idée de demander à quelques personnalités du milieu (au sens large du terme) de retravailler les plages de leur troisième album. L’engouement fut tel qu’ils sortent ces jours-ci un triple vinyle sobrement baptisé “Past // Middle Age // Future // Remixes”. Six faces totalisant pas moins de vingt-quatre remixes et autant de visions différentes.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on retrouve du beau monde derrière les tables de mix et les samplers : Pierre du Fuse, Techno Thriller, DC Salas, Calling Marian mais aussi Why The Eye?, Choolers Division, Rraouhhh! et même Rodolphe Coster pour une vision free jazz expérimentale de “You Say Amen I Say Sword”. Si sur la longueur, la livraison se révèle parfois un peu indigeste, certains morceaux se retrouvent transformés, voire bonifiés par des oreilles et des esprits variablement ou en tout cas différemment tordus.

Parmi les réussis ou les plus surprenants, pointons entre autres “In The Trance” (Almeeva) aux entêtantes nappes synthétiques, la vision dub d’“Iltapealaidedos” signée Clarence N’Bari III Jr. et la techno speedée conférée à “The Knight The Doom” par Françoise Pagan et Order & Tremble. Mais la patte faussement disco de DC Salas (“Iltapealaidedos x The Invisible Child”), l’aspect cinématographique d’Osica (“Hey Ha Hey Ha”) et l’audacieuse noisy pop de Rraouhhh! (“You Say Amen I Say Sword”) valent le coup d’oreille également.

Ceci dit, la palme de l’originalité revient à Tabasse Rumba & The Choolers Division MCs qui transcendent “And The Serf Caresses The Head Of His Lord” d’un flow hip-hop déjanté dont ils ont le secret. Un peu plus loin, The Angstromers & Citizen Ledge apportent un affolant trip à la Prodigy à “The Knight The Doom”. Quant à Pierre, il parvient à transformer “Lost In Transition”, à l’origine un interlude d’un peu plus de 90 secondes en une pièce techno ambient d’une dizaine de minutes avec une facilité déconcertante. Un titre également plébiscité par Sawt qui le recalibre pour un film d’épouvante en clôture d’un voyage dont les étapes auront arpenté les moindres recoins du dancefloor.

“Past // Middle Age // Future // Remixes” est sorti le 28 août chez Hyperjungle en triple vinyle édition limitée. Vous pouvez commander le vôtre en cliquant ici.

À propos, leur quatrième album est déjà prêt et le cinquième en bonne voie. Quand on vous disait qu’ils ne restent pas les bras croisés…

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