Showcase en Geese d’apéro

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Nouveaux venus sur la bouillonnante scène indie New-Yorkaise, les cinq gaillards de Geese ont présenté leur premier album Chez [PIAS]. Un double plaisir non dissimulé : enfin retrouver l’antre du célèbre label et sa salle intimiste d’une part, assister à la prestation d’un groupe qui a complètement redessiné son univers musical de l’autre.

En effet, la plupart des adeptes de « Projector », publié chez Partisan à l’automne dernier et mixé par le célèbre Dan Carey, ont été décontenancés par sa direction sur scène. À l’inverse, ceux qui ne les connaissaient pas et qui sont repartis avec le vinyle sous le bras risquent d’être surpris eux aussi. Les natifs de Brooklyn ont en tout cas plus d’une corde à leur arc et les supports récemment assurés tant pour Jack White que Spoon aux States n’y sont sans doute pas étrangers.

Ils ont en tout cas l’art de brouiller les pistes car le titre au son duquel ils sont montés sur scène (« Tubthumping », le hit de Chumbawamba au milieu des nineties) n’avait lui non plus rien à voir avec le reste. Une énigme accentuée par le titre d’intro, « 2122 », très rock ‘n’ roll lorgnant vers le blues musclé dont les Rolling Stones étaient friands au début des seventies. Un des nombreux inédits présentés ce soir, ceci expliquant sans doute en partie cela.

Si l’écoute de « Projector » conférait au groupe un son très british dans la mouvance post-punk glaciale parsemé d’influences New-Yorkaises, le rendu live les cantonne dans leur pays d’origine. On pense aux Strokes (la voix et le look du chanteur à la présence certaine renvoient à Julian Casablancas) qui auraient jeté leur dévolu sur les Doors plutôt que Television. Parmi ses camarades, pointons un batteur aux cheveux bleutés et un claviériste adepte de keytar.

Les extraits de l’album, complètement réarrangés au point de devenir presque méconnaissables, vont dans un premier temps déstabiliser un public averti. On pense au break planant scindant littéralement « Exploding House » en deux ou à ce « Disco » façon White Stripes nettement plus rugueux, le rendant du coup moins groovant. La même remarque pourrait s’appliquer à « Low Era », sa caractéristique voix de fausset et sa guitare saccadée marquant moins les esprits que sur disque. Finalement, c’est « Fantasies / Survival » qui sera le plus convaincant et candidat pour enflammer le dancefloor.

Comme évoqué plus haut, ils ont surtout profité de l’occasion pour rôder quelques nouvelles compositions davantage à ranger dans la catégorie classic rock que nouvelle hype from Brooklyn. À commencer par un « Gravity Blues » XXL suivi d’un « Domino » baba cool qui aurait pu figurer sur « Exile On Main Street ». Quant au déstructuré « Undoer » en final du set principal, il confirmera combien ce groupe semble en pleine transition.

Les rappels poursuivront dans la même veine crasseuse juste ce qu’il faut via notamment un « Tomorrow’s Crusades » faussement daté. Généreux et imprévisibles, Dominic DiGesu et ses camarades allient avec beaucoup d’à-propos fougue de la jeunesse et influences de leurs parents. Rendez-vous au Pukkelpop cet été pour un update d’une surprenante évolution.

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