Typh BARROW présente Aloha au Bota

29 Participations

Vendredi 17 janvier 2020. Premier concert de l’année. Une longue file s’étire nonchalamment devant la porte de l’Orangerie du Botanique. Le public est venu nombreux pour assister au concert spécial de l’auteure-compositrice-interprète-pianiste Typh Barrow à l’occasion de la sortie de son second album «Aloha».

Cela faisait déjà un bon bout de temps qu’un de mes potes avec qui je partage une passion pour les chanteuses métal me parlait d’une jeune artiste belge à la voix incroyable. Il avait le nez fin le bougre puisqu’après une série de singles et un premier album («Raw» sorti en 2018) qui ont plutôt bien marché (elle a reçu le prix d’artiste de l’année 2019 aux Octaves de la musique et l’album a été certifié disque d’or en 2019), la belle et talentueuse Typh Barrow s’est imposée comme une des valeurs sûres de la scène musicale belge. Grande était donc notre curiosité de voir l’artiste sur scène. La sortie de son nouvel opus était donc l’occasion rêvée.

Quand les lumières de la salle s’éteignent et que les spots illuminent la scène, Typh Barrow arrive avec ses musiciens: le guitariste Guillaume Vierset, le bassiste Felix Zurstrassen et le batteur Fabio Zamagni. Le spectacle peut donc commencer. Première immersion dans le nouvel album avec «Colour» (2020), suivi de «Damn! You’re bad» (2020) et de «The Other Woman» (2020). Pour ces trois premiers morceaux, je suis relativement proche de la scène avec mon appareil photo et je peux voir combien l’artiste est imprégnée de sa musique, tout en étant en permanence très attentive à son public.

Autour de moi, le public ondule au rythme de la musique. Toute l’attention est focalisée sur la scène et ce qui s’y passe. Le morceau suivant est un des tubes de l’artiste, «The Whispers», qui est acclamé par des cris de joie du public. La salle s’anime encore un peu plus et bouge au rythme de la musique.

Pour le titre suivant, Typh Barrow explique qu’elle a eu la chance de pouvoir faire un duo avec le chanteur qu’elle considère comme la plus belle voix de Belgique, à savoir Jasper Steverlinck, chanteur du groupe Arid, qui prête aussi sa voix à l’album «On This Perfect Day» du projet métal Guilt Machine du génial Arjen Lucassen. Ce duo est une belle réussite, comme l’indique son titre «The Gift». Le chanteur n’étant pas présent ce soir, Typh en donne une très belle interprétation en solo.

Le concert est aussi ponctué d’une série d’anecdotes, comme celle à propos de «Very First Morning»: pendant la séance d’enregistrement en studio, pas moyen pour Typh d’arriver à poser sa voix comme il faut, malgré plusieurs tentatives successives. C’est finalement hors contexte, dans le salon de son producteur, alors qu’elle fait un nouvel essai sans pression, qu’elle va chanter la meilleure version de ce titre, version qui est d’ailleurs celle reprise sur le CD.

Le concert se poursuit avec «Daddy’s Not Coming Back» (extrait de «Raw» de 2018), avant de revenir à l’actualité de l’artiste avec «They’re Calling Your Name». Moment de grâce ensuite avec le sublime «Hurt», suivi du déjà cultissime «Taboo».

Autre très beau moment avec un morceau que Typh a écrit pour sa soeur «Hold You Sister», qu’elle interprète au beau milieu du public. De retour sur scène, elle revient à un de ses tout premiers morceaux avec «No Diggity», avant d’entamer la dernière ligne droite entièrement consacrée à «Aloha», en commençant par le déjà tubissime «Replace», tellement entraînant qu’il parviendrait à faire danser une statue. Elle enchaîne avec un autre single qui marche lui aussi très fort : «Doesn’t Really Matter». Et la fin en apothéose avec une jolie surprise puisqu’un invité de marque fait son entrée sur scène: l’artiste canaque Gulaan avec qui elle interprète le superbe duo «Aloha» qui a donné son titre à l’album. Ce titre est exceptionnel à plusieurs égards : par sa durée de plus de 7 minutes tout d’abord, par ses mélodies canaques qui donnent au morceau un cachet très world music, et par l’écriture si subtile qui permet au style soul-pop de fusionner si joliment avec la mélopée néocalédonienne.

Au lieu de venir nous proposer un ou deux titres en rappel, Typh cède la place à Gulaan qui nous offrira encore deux morceaux traditionnels très appréciés par le public du Bota.

Pour ainsi dire tous les morceaux avaient déjà été testés sur scène lors des nombreux concerts donnés ces deux dernières années par Typh et ses musiciens. Sur scène, on est frappé par l’alchimie entre l’artiste et ses musiciens, mais aussi et surtout l’osmose avec le public. La jeune chanteuse n’hésite d’ailleurs pas à descendre chanter un morceau au milieu du public. Que ce soit dans les moments plus statiques où la belle est au piano ou aux claviers, ou dans les moments où elle se cantonne au rôle de chanteuse-danseuse-chauffeuse de salle, l’artiste maîtrise parfaitement son environnement scénique. Elle a déjà beaucoup de métier, ce qui ne l’empêche pas de laisser aussi la place à l’émotion. Avec sa voix suave et envoûtante et sa musique pop-soul aux accents jazz et blues, il n’est pas étonnant que d’aucuns la comparent à Adèle ou même Amy Whinehouse. Comment ne pas tomber sous le charme? Nous nous sommes d’ailleurs empressés d’acheter notre exemplaire du nouvel album déjà numéro 1 des ventes en Belgique.

Nous retiendrons en tout cas une prestation débordante de talent, de joie de vivre et de gentillesse avec son public. On n’aurait pas pu rêver mieux pour bien commencer notre année concertique!

 

Galerie: Typh Barrow
Accréditation : Pascale Bertolini (Botanique)
Article: Anne-Françoise Hustin et Hugues Timmermans
Photos © 2020 Hugues Timmermans

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