FUGHU – Lost connection

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Fughu porte bien son nom. A l’instar du petit poisson qui vous envoie directement rejoindre vos ancêtres s’il n’a pas été bien découpé pour en retirer les parties empoisonnées, le groupe argentin pratique un métal progressif qu’il faut savoir décortiquer avec soin pour en retirer tous les bienfaits. Si on se prend le dernier album du groupe sans préparation spéciale, on pourrait n’y voir que de la répétition de Porcupine Tree ou Dream Theater mais c’est précisément là que se situe le piège. Fughu est en fait un groupe de métal progressif tout à fait original.

Cette constatation ne date pas d’hier, elle a été faite par mon camarade Michel Serry qui avait chroniqué les albums jumeaux ʺHuman (the facts)ʺ et ʺHuman (The tales)ʺ en 2013. Avec son nouvel album ʺLost connectionʺ, qui a quand même nécessité sept années de mise au point, Fughu revient en grande forme et confirme l’excellence de son inspiration et l’originalité de son style.

Si les choses ont été longues pour ce nouvel album, c’est que Fughu a d’abord dû remplacer une de ses pièces maîtresses, son chanteur Santiago Burgi qui avait donné aux précédents albums une patte bien caractéristique. Il n’est jamais facile de remplacer un chanteur car c’est lui qui contribue grandement à la personnalité d’un groupe. Trouver la perle rare peut nécessiter un certain temps. Un chanteur, ça ne se remplace pas comme une ampoule électrique ou des pneus de voiture. Mais la quête a fini par payer si on prête attention aux vocalises du nouveau hurleur de Fughu, un certain Renzo Favaro. Ce garçon est entré pleinement dans la Weltanschauung musicale de Fughu et il imprime aux nouveaux morceaux une classe à la fois baroque et opératique.

Ceux qui me lisent habituellement savent que lorsque j’entends le mot progressif, je sors mon char Tigre du garage et je canonne tout ce qui bouge. Pour éviter le carnage, il faut juste savoir me parler, me prendre par les sentiments et dans ce domaine, Fughu s’en sort indemne et échappe au châtiment obusier. La raison? Le talent et l’imagination. Et puis aussi la personnalité d’un groupe qui assume parfaitement ses influences mais ajoute sa propre touche, exprime son propre monde musical.

Car Fughu est un magnifique créateur d’ambiances. Il établit dans ses morceaux une atmosphère particulière, ne dérape jamais dans le mauvais goût ou l’outrance, il sait toujours rester maître de ses créations et affiche un pessimisme intelligent sur le devenir de l’humanité. Des morceaux comme ʺPeggyʺ (qui parle du réveil d’un mort), ʺPixel heroʺ et ses climats dramatiques, ʺCall now !ʺ parlant de la bêtise humaine, ʺMartianʺ et ses aspects arty, ʺWhat ifʺ et ses questionnements théâtraux à la Muse et le grand final ʺVexed flowersʺ sont les joyaux qui illustrent la brillance de cet album impressionnant, un rien cruel et finalement habité par un romantisme sombre.

L’Argentine a son Orphaned Land, il ‘appelle Fughu et mérite urgemment d’être découvert.

Le groupe :

Alejandro Lopez (batterie)
Ariel Bellizio (guitares)
Marcelo Malmierca (claviers)
Juan Manuel Lopez (basse)
Renzo Favaro (chant)

L’album :

ʺPeggyʺ (5’30)
ʺPixel Heroʺ (5’49)
ʺCall Nowʺ (5’02)
ʺStayʺ (5’25)
ʺThe Goatʺ (5’30)
ʺTold Youʺ (7’51)
ʺRight from the Boneʺ (3’22)
ʺMartianʺ (4’50)
ʺWhat Ifʺ (7’42)
ʺVexed Flowerʺ (4’35)

https://www.facebook.com/fughu/

Pays: AR
Autoproduction
Sortie: 2020/02/20

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